‹ Le grand catéchisme de la femmeChapitre 4 sur 30 · PREMIERE LEÇON · texte numérisé non relu

PREMIERE LEÇON

De la Femme.

DEMANDE. Qu'est-ce que la femme 2

RÉPONSE. Pour les féministes, la femme est, au même titre que Thomme, un être humain, conscient et libre.

D. N'y a-t-il pas cependant des différences entre Vhomme et lafemmet

R. Parfaitement, il existe entre eux une différence fondamentale, c'est que l'homme engendre et que la femme enfante.

D. Si Vhomme et la femme sont des êtres différents^ peut-on leur accorder des droits égaux 2

R. Sans nul doute, car les différences sexuelles n'établissent en aucune façon l'infériorité de la femme et ne peuvent en tout cas justifier l'autocratie masculine.

D. Pourrie^-pous le prouver?

R. Rien n'est plus simple, attendu que les observations anatomiques et physiologiques tournent à la confusion de l'orgueil masculin.

D. Comment cela?

R. En effet, les fonctions de reproduction et de nutrition sont plus développées chez la femme que chez l'homme.

En ce qui concerne l'acte primordial de la génération, la femme est l'égale de l'homme. Le germe femelle n'a rien à envier en dignité et en importance au germe mâle : c'est une vérité définitivement mise en lumière par la science moderne.Aussitôt après la fécondation, l'embryon se développe dans l'organisme maternel aux dépens duquel il vit, comme un parasite, durant toute la gestation et même pendant dix à vingt mois après la naissance. Dans son ensemble, la fonction de reproduction est donc plus développée chez la femme que chez l'homme.

Il en est de même quant aux organes de la nutrition. Cela se conçoit aisément, si l'on songe que la femme est destinée à nourrir l'enfant ; elle doit respirer, manger et digérer pour elle et pour lui, et, plus tard, elle doit l'allaiter. La supériorité des fonctions de nutrition chez la femme est un corollaire de sa supériorité génitrice (i).

D. Alors, d'après vous, c'est l'homme qui serait le sexe faible?

R. Non pas. C'est, au contraire, à très juste titre, que dans l'espèce humaine le sexe féminin est appelé le sexe faible.

D. Pourquoi le sexe féminin est-il le sexe faible*

R. Parce que les organes de la force et du mouvement [ sont moins développés quantitativement chez la femme l que chez l'homme.

In /irtHme. Fini, liSg,

D. Eh bien ! si l'homme est le plus fort, n'a-t-il peofM

droit au commandement f

R, Erreur I Pour justifier sa prééminence sociale, l'homme devrait démontrer sa supériorité sous le rapport des organes et des fonctions de l'intelligence; car c'est par ces organes que l'espèce humaine s'élève au-dessus de toutes les autres espèces animales. Or, la femme n'est pas inférieure à l'homme au point de vue de l'intelligence.

D. Que faites-vous des lois physiologiques auxquelles la femme est soumise?

R. Ces lois, je les respecte. Je dis seulement que la femme n'est pas une malade, car aucun état physiologique n'est un état morbide.

D. Ne convient-il pas de tenir compte des différences naturelles existant entre l'homme et la femme?

R. Oui, il faut en tenir compte. Si la femme est la plus faible, il faut la protéger et non la sacrifier ou l'exploiter. L'homme devrait chercher à atténuer, à corriger les inégalités de la nature et non les aggraver à son profit.

D. Les différences sexuelles ri établissent-elles pas qu'il faut assigner aux hommes et aux femmes des Jonctions différentes f

R. Nullement. Dans la nature , nous voyons les femelles des chiens veiller comme eux à la garde des troupeaux, aller à la chasse comme eux, faire tout en commun et non pas se tenir au logis, comme si la nécessité de faire des petits ou de les nourrir les rendait impropres à toute autre fonction.

D. En doit-il être de même dans le règne humain ?

R. Sans aucun doute. Nous disons que la femme n'est

pas destinée exclusivement à faire et à élever des enfants, i

pas plus que l'homme n'est exclusivement créé pour s'enorgueillir de ses biceps et pour travailler de ses bras.

D. Vous entende:^ supprimer les différences sexuelles?

R. Aucunement, Nous affirmons que si l'homme et la femme présentent des dissemblances résultant de la différence d'organisme des sexes, ils ont une qualité commune prédominante, c'est qu'ils sont des êtres humains, égaux au point de vue physique, intellectuel, moral et sociaL

D. Égaux au point de vue physique, dites-vousf

R. Parfaitement. L'égalité physique des sexes résulte de l'unité du genre humain. Il n'y a qu'un seul genre

D. Égaux aupoint de vue intellectuel et moral?

R. Oui ; parce que la femme possède comme l'homme un cœur, un cerveau, une intelligence. Elle est douée des facultés générales de l'esprit; elle possède ia raison, la mémoire, l'entendement, le sentiment, la conscience, la volonté, la faculté de se perfectionner.

D, Egaux aupoint de vue social?

R. Oui; parce que la femme fait partie intégrante de l'humanité. Le droit naturel lui reconnaît la quaUté d'homme (homo) et les attributs inhérents à la personnalité humaine.

D. Alors, vous voule^ faire de la femme un hommef

R. Nullement. Ce serait chose abominable, impossible, contraire à la nature et au bon sens. Nous disonssimplement que les droits humains doivent appartenir à la femme aussi bien qu'à l'homme.

D. N'établisse\--vous pas ainsi entre les sexes une identité qui blesse la nature?

R. Sans doute, au point de vue sexuel, l'homme et la femme remplissent une fonction et un rôle différents. Mais, dans la société, tous les citoyens, les tailleurs, les-

cordonniers, les bouchers, les avocats, les médecin» n'accomplissent pas la même fonction. Tous ces citoyenssont cependant égaux. De même, nous n'hésitons pas à affirmer l'égalité complète entre l'homme et la femme.

D. Comment des êtres dissemblables peuvent-ils être" égaux?

R. L'homme et la femme, affirmons-nous, sont égaui en tant qu'êtres humains. Nous ajoutons que les deuxsexes sont «équivalents»; nous ne disons pas ((identiques». Pour les féministes, l'homme vaut la femme, comme la femme vaut l'homme. L'un et l'autre sont desêtres complémentaires, indispensables l'un à l'autre.

D. Alors, en quoi consiste l'égalité des sexes?

R. L'égalité des sexes consiste non dans l'identité desfonctions naturelles et sociales de l'homme et de lafemme, mais dans l'équivalence de ces fonctions.

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