SECONDE LEÇON
L'Intelligence de la Femme.
D. Aupoint de vue de l'intelligence, l'homme n'est'^ il point supérieur à la femme?
R. Aucunement.
D. Cependant, ne voyons-nous pas, dans la plupart des carrières, les femmes rester en arrière des hommes?
R. Cela tient à ce que jusqu'ici un très petit nombre de femmes se sont essayées dans la science, l'art, la littérature ou les carrières libérales. Très peu de femmesont le temps de s'y hvrer sérieusement. L'expérience réalisée jusqu'ici est trop récente et trop restreinte pour être concluante.
, // vous serait impossible de signaler, dans 1 toire de l'humanité, une seule femme qui, par la puissance créatrice du génie, soit comparable â Platon, à Descartes, à Newton f
R. Dites-moi donc combien, panni les hommes, se rencontrent de Platon, de Descartes, de Newton I Les génies constituent dans le monde une quantité si infinitésimale qu'on peut la négliger. De plus, les génies s'élèvent au-dessus de la moyenne des hommes non moins qu'au-dessus de la moyenne des femmes.
D. Soit, laissons là les génies. Il est établi que le cerveau de l'homme est plus pesant que le cerveau de la femme. N'en peut-on pas conclure que l'homme est Jilus intelligent que la femme?
R. Je vous réponds qu'il est non moins bien étabh que le cerveau de l'éléphant est plus pesant que le cerveau de l'homme. En conclurez-vous que l'éléphant est plus intelligent que l'homme....
D. Que signifie alors la différence de poids entre le £erveau de l'homme et celui de lajemme?
R, Cette différence signifie peu de chose.
D. Comment cela?
R. Admettons que la capacité du crâne soit plus ^grande chez l'homme que chez la femme ; que l'encéphale de l'homme pèse en moyenne i.35o grammes et celui de la femme une moyenne de i.aSo grammes. Il «st reconnu que les variations que présente l'encéphale, ' «ont plus considérables entre les individus qu'entre les sexes. Beaucoup de femmes ont une masse encéphalique [ .supérieure à celle de beaucoup d'hommes. Et, en fait, 1 très grand nombre de femmes sont plus inleUigentes u'une foule d'hommes. La proportionnalité du poids i cerveau par rapport au poids et aux dimensions du
corps, est seule intéressante. La femme est à l'homme ce ■' qae les hommes de faible stature sont aux hommes de forte taille. A inteLligence égale, il serait inexplicable que les deux sexes fussent égaux par le poids cérébral. D. Les variations que présente l'encéphale entre les hommes, sont-elles par/ois considérables?
R. Je ne citerai que deux exemples.
L'encéphale de Byron pesait i ,807 grammes ; celui de Dante pesait i.Bao grammes; soit une différence de 487 grammes. L'encéphale de Cromwell pesait 2.210 grammes; celui de Gambetta 1.241 grammes; soit une différence de 969 grammes. Concliirez-vous de ces différences que le Dante et Gambetta étaient des imbéciles? Évi-' demment non.
Vous reconnaissez que Gambetta était un homme supérieur, bien que son encéphale ne pesât que 1.241 grammes. Eh bien ! de quel droit déclarez-vous que toutes les femmes dont l'encéphale pèse en moyenne i.aSo grammes, soient inférieures à l'homme?
D. Comment cependant expliquez-vous l'infériorité intellectuelle très réelle qui se manifeste che^ nos femmes, spécialement parmi les bourgeoises et les femmes de ce que Von appelle la v haute société »?
R. Dans les classes supérieures, spécialement dans la classe des professions dites libérales, existent entre les sexes des différences intellectuelles et psychologiques notables. Parce que, là, on rencontre des hommes instruits, ayant passé vingt ans de leur vie au collège, puis à l'université ; des intelligences que l'éducation a dressées, disciplinées et ouvertes; tandis que les intelligences féminines restent incultes ou sont mal cultivées, mal dirigées ; les femmes demeurent ignorantes ou sont instruites de futilités ou de bagatelles. Dans ces classes
de la société, les différences intellectuelles sont non pas le fait de la nature, mais le résultat de l'éducation,
D. N'en est-il pas de même dans les autres classes de la société?
R. Non. Dans la masse du peuple, parmi les paysans et les ouvriers, on ne trouve aucune différence appréciable entre l'intelligence, de l'homme et celle de la femme.
D. Vous affirme:{ donc que la femme n'est pas inférieure à r homme'!
R. Parfaitement. Nous affirmons que la moyenne de l'intelligence chez la femme, n'est pas inférieure à la moyenne de l'intelligence, chez l'homme.
D. C'est là une hypothèse?
R. Pardon, des faits plus puissants que toutes les théories et que toutes les hypothèses, corroborent notre affirmation.
D. Cite:^ quelques-uns de ces faits!
R. En France, on a institué, en 1873, le certificat d'études primaires. A la fin des études, lilles et garçons concourent pour l'obtention du certificat ; les programmes et les examens sont identiques. Chaque année, depuis 1875, les filles ont eu la supériorité.
D. Soit, voilà un fait. En est-il d'autres?
R. Oui. Aux États-Unis, dans les examens d'admission aux services fédéraux, les candidats féminins l'emportent. Sur 100 candidats masculins, 60 passent l'esamen; 40 échouent. Sur 100 candidats féminins, 81 passent; ig échouent.
D. Ce sont là deux faits. En connaisse:{-vous d'autres?
R. Les jeunes filles qui suivent les cours des universités, obtiennent dans tous les pays de très brillants, succès. Et nous voyons des milliers et des milliers de
femmes diriger, mieux que les hommes, d'importantes maisons de commerce.
D. Qu'est-ce que tout cela prouve?
R. Tout cela prouve que, au point de vue de l'intelligence, la femme n'est nullement inférieure à l'homme.