‹ Le grand coutumier de FranceChapitre 118 sur 294 · DES VEUES ET ESGOUS DES MAISONS. 3S · texte numérisé non relu

DES VEUES ET ESGOUS DES MAISONS. 3S

s'il ne moult de terre si doiht il fonder sur fondement, ou mur de pierre de taille.

Itetn et se aucun veult faire cheminée, astre, chauffettes ou cliaufTeton (i) à l'encontre du mur moitoien, il y doibt faire contremur de tuilleaux ou de piastre, de demy pied d'espesseur, et en certaine quantité de hault, et selon la mesure en tel cas acoustumé entre les maçons, affm que par le halle ou chaleur du feu le mur ne soit empiré.

Iton qui faict cstahle contre mur moitoien, il doibt faire contre-mur de demy pied d'espesseur, ou au moins de l'espesseur acoustumée entre les maçons, et doibt estre depuis terre jusques au rez de la mangeoire pour le fiens qui pourriroit ledict mur.

Item ({m faict glacouers(2), c'est assavoir aisance, contre ung mur moitoien, ou autruy mur sans moien,il doibt faire contremur d'un pied d'espès , ou de l'espesseur acoustumée entre les maçons, pour ce que aultrement la merde et le pissat pourriroit ledict mur.

Item se ung homme a place, jardin, ouaultrelieu vuide joingnant sans moien au mur d'autruy ou au mur moitoien, et il y veult faire la terre labourer, cultiver et remuer, il fault qu'il y face contremur de certaine espcsscur, affin que le fondement dudict mur ne se esvase par dellaulte de fermeté de terre joignant.

Item, et généralement quiconques veult mettre terre entassée contre ung mur moien, ou d'aultre personne sans moien, il doibt faire contremur de l'espesseur acoustumée pour la terre qui corrompt le mur.

Item en mur moitoien l'ung des personniers (3) sans

'{,\S.: chaiiffecon. — B. 1598 : chauffercUcs ou chauffecuii.

('i) B. : glassouiers.

'3) B, : l'une des personnes.

l'accord et consentement de l'aultre ne peult faire fenestres ou troux(l) pour veue et lumière, en quelconque haultesse ou manière que ce soit, à voirre dormant ou aultrement.

Item nota que si aucun a tiltre de avoir sur son voisin certaines veues, et ne dict point de quelle grandeur, ne de quelle longueur, et le mur devient ruineux, par quoy il le conviengne abatre, il est bon de demander une provision à justice, c'est assavoir que avant que le mur soit abatu, certains jurés ou commis voient la longueur, la largeur et assiète des fenestres, affin que lorsque l'on les fera sur le nouveau mur, il n'y ait point de débat.

Item que en ung mur moitoien entre deux voisins Tung ne peult avoir advantaige ne servitude quelsconques au préjudice de l'autre, sans juste et exprès tiltre, soit en cheminée ou en chauffedos, ou en fenestres, ou glaçouers, et privées, ou aultrement que ce soit, ne ne peult rompre ledict mur hault ne bas pour faire fenestres, ne bouter les bouts de ses solives dedans, se il n'y mettoit à ses despens chaîne de pierre de taille, corbeaux et sailHes de fust, qui porteroient et soustiendroient les bouts d'icelles solives, mais convient que ledict mur soit et demoure tout entier tant comme il est moitoien.

Et supposé que l'ung des voisins ait souffert l'aultre par aucun temps, quel que soit, qu'il ait audict mur moitoien faict aucune chose, etmesmement qu'il l'ait percé, et qu'il ait faict en icelluy chauifedos ou cheminée, fenestre, ou quelque chose qui puisse tourner à charge ou servitute, il les peult faire oster et rctraire, et réparer le mur, et mettre en Testât, toutes les fois qu'il luy plaist, et est tenu l'aultre voisin d' oster, retraire et réparer à ses pro-

(1) B. • tour.

Page 1