‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 21 sur 79 · INTRODUCTION IJ · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IJ

incomplets et bien incertains encore. Seuls, les états de la Marche ont accordé, dès i653 et sans limitation de temps, une contribution animelle de 240.000 thalers ; ceux de Clève ne se résigneront qu'en 1661 et n'en accorderont que 1 10.000 ; ceux de Prusse résisteront plus encore : en i663 seulement, ils voteront 93.333 thalers (280.000 Gulden), mais pour une durée de trois ans. Aussi, après la paix d'Oliva, Frédéric-Guillaume, qui voudrait conserver au moins un solide noyau de troupes, en est-il réduit à les licencier presque toutes. On peut préciser ce qu'il en garde et l'exactitude des chiffres est expressive : en Prusse, i .024 cavaliers, 56o dragons, 2.340 fantassins en dehors des deux garnisons de Memel et de Pillau, qui ne font que quelques centaines d'hommes ; d'ailleurs, les troupes prussiennes ne servent pas hors de Prusse ; — sur le Rhin et en Westphalie, en dehors des garnisons, 3oo dragons à Ravensberg ; — dans la Marche, la Poméranie et les territoires voisins, en dehors des garnisons encore, i5o gardes à cheval (Trabanten), 1.200 gardes à pied (Leibgarden), deux régiments de six compagnies, l'un de 900 hommes, l'autre de i.ooo ; — au total, outre les troupes prussiennes, 5.376 hommes disséminés dans les garnisons depuis Lippstadt jusqu'à Memel et 3.55o hommes qui pourraient entrer en campagne \

Sans doute, c'est beaucoup pour l'électeur d'avoir quelques troupes permanentes, si réduites soient-elles; peu à peu, il parviendra à en augmenter le nombre. Mais à mesure qu'elles seront plus nombreuses, le problème de leur entretien deviendra plus difficile à résoudre. Il faudra augmenter encore les contributions, malgré les protestations et les charges déjà trop lourdes des sujets ; créer, en vue de l'armée, tout une organisation financière nouvelle '; recourir souvent aux emprunts. Tout cela même ne suffira pas encore : il faudra que l'électeur demande à ses alliés le supplément de ressources qui lui manquera ; sa politique devra compter avec la nécessité des subsides.

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