‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 23 sur 79 · Lettre du 12 novembre 1658, F. Hirsch, op. cit · texte numérisé non relu

Lettre du 12 novembre 1658, F. Hirsch, op. cit

2. Le mot est répété par un témoin qui ne montre aucune malveillance k l'égard de l'électrice, mais qui est, il est vrai, luthérien lui-même : c'est un'secrétaire de la landgrave de Hesse-Cassel, Georj^es Lincker, qui passa à Berlin la plus grande partie des années 1666 à 1669. Voir Ribbeck, Àus Berichten des Sekretœrs Lincker, dans Forsch. z. br, u. pr. Gesch.^ 1899, Xil.

3. « Er begehre keine Hollaenderin^sondern cine Teutsche, denn er musse eine haben, die ihm Geborsam leisle. » C'est au^si Lincker [Ibid.) qui rapporte sans commentaire ce mot prononcé en sa présence.

4. L'opinion générale en Allemagne était que Louise-Henriette avait beaucoup d'influence sur Frédéric-Guillaume. Nous trouvons souvent l'expression de l'opinion commune dans les lettres du résident de France à Hambourg, Bidal, qui avait une intelligence médiocre et recueillait précieusement tout ce qui se disait autour de lui. Il répète à plusieurs reprises, en 1662. que l'électrice « a du pouvoir sur son mari ». Après que de Lesscins a quitté Berlin, Bidal écrit à Lionne : « L'on me ûst dire que sy M. de Lessain eust apporté avec luy un portraict du Roy avecq diamants pour le Conseil de nuyct quy est l'Electrice qu'il eust eu toutte satisfaction. » A . E., Hambourg. III.

5. « J ai écrit à la reint- de Pologne que je m'étonne qu'ils aient fait une paix de trois mois sans*leurs alliés... Je lui dis sur cela un peu librement mon sentiment ; je verrai ce qu'elle me répondra. » Oriich, op. cit., III. 425.

3o INTRODUCTION

égale faveur tous ceux qui le serviraient bien et d'éviter les favoris : a ce sont gens, ajoutait-il, qui finissent par monter sur la tête de leur maître et qui le font mépriser » ^ . Le titre de <c président supérieur du conseil secret » (Oberpraesident), que Frédéric-Guillaume créa pour le baron de Schwerin quelques mois après la disgrâce de Waldeck, n'équivalait donc pas, dans sa pensée, à celui d'un ministre dirigeant. Mais Schwerin, k défaut du titre, en eut-il l'autorité ?

Nous pouvons en juger par sa correspondance et par les nombreuses lettres que lui écrivit Frédéric-Guillaume, en 1661 et 1662, pendant un long séjour du ministre à Kœnigsberg. Lies impressions qui s'en dégagent sont très nettes *. Elles prouvent d'abord toute la confiance qu'inspirait à l'électeur le dévouement de son ministre ; sitôt que Frédéric-Guillaume est embarrassé, il consulte Schwerin et ne cherche pas à dissimuler que ses conseils lui sont nécessaires ; les formules qu'il emploie sont caractéristiques : «j'attends avec impatience que vous m'écriviez votre pensée. . . )),ou « je m'en remets à vous de juger », ou cette expression plus vive encore : « je souhaiterais volontiers que vous eussiez maintenant deux corps, afin que l'un puisse être auprès de moi et l'autre en Prusse '. » A la confiance s'ajoute l'airection. Frédéric-Guillaume remplace, en tète de ses lettres, toutes les formules oflicielles par ces simples mots : « mon cher Schwerin » : sans cesse, il remercie le ministi*e de ses bons conseils et de ses services : « je vous en serai reconnaissant toujours, écrit-il par exemple, et si je puis vous témoigner mon affection, à vous ou aux vôtres, ce sera toujours un plaisir pour moi *. » Enfin, il n'est guère de décision importante qui se prenne sans que Schwerin ait donné son avis ; c'est lui qui, très souvent, rédige, sur Tordre de son maître, les instructions aux

1. ff Steigen enllicb auch dem Herm selbsten ûber das Haubt ». Ranke, op. cit., 50&.

2. Consulter sur Schwerio : Von Hoelly, Die slaalsmœnnische Thœtigkeit OUo*8 von Schwerin, i81i-16 ; et surtout Hirsch, Otto von Schwerin, dans Hisi. Zeitxchr., 1893, LXXI. On trouvera les lettres que l'électeur lui adressa, de 1661 à 1663, dans Urk. u. Act,, IX. Beaucoup de lettres de Schwerin sont citées dans Orllch, passim.

3. « Ich wolte wuoschen, das Ihr zwene leiber itzo bettet, damilt der eine bey mlr und der ander in Preussen sein mochte. » Lettre du 6 Janvier 1662. Urk. u. Àct., IX, 835.

4. i( Ich werde es umb Euch alzeitt gnedi^st erkennen. Undt Kan ich Kucb oder den eurigcn einige atlection erwoissen, wirt es nvir alstets lieb sein, n Lettre du 6 novembre 1662. Urk. u. ÀcL., IX, 841.

Page 1