‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 39 sur 79 · Voir Ka^lier, op. cit., Il, 232, nolo · texte numérisé non relu

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l'alliance hollandaise 287

adversaires et d'irriter Télecteur lui-même, qui ne manquerait pas de se croire méprisé ; Amerongen était alors si peu certain de réussir qu'il s'eflrayait déjà à la pensée que Lockardt allait venir et qu'il faudrait lutter de nouveau * !

Mais Frédéric-Guillaume ne voulait [)lus reculer. S'il évitait de dissiper d'un mot les appréhensions d' Amerongen, c'est qu'en se montrant plus diflicile il espérait obtenir des conditions plus favorables. Le i3 avril, il se résignait à ne reprendre Orsoy qu'après la guerre : il acceptait de ne toucher que la moitié des frais d'entretien, à condition qu'un(» assez forte somme — ()00.(K)o florins — lui fi\t payée dès la signature. Le 14. à l'insu de ses ministres, il écrivait à Georges-Guillaume pour lui arracher une résolution plus vigoureuse et renvoyait à Celle Canstein *. Le ao avril, dès 5 h. du matin, il coUationnait avec Pœllnitz et Meinders un nouveau projet d'alliance envoyé par les Etats '. Le 2 mai, Goess, l'ambassadeur autrichien, qui depuis près de huit mois avait quitté l'électeur, revenait à Berlin et trouvait la Cour « en pleine crise » *. Enfin, le 6, Amerongen recevait de Hollande le dernier i)rojet, modifié par l'électeur et approuvé par les Etats, et le jour môme Frédéric Guillaume le faisait signer par Schwerin, Somnitz et Meinders. L'alliance hollandaise» était conclue '.

Cette alliance, c'est Frédéric-Guillaume qui l'a voulue et qui l'a faite. Le comte de Saint-Géran, qui vint en Brandebourg avec quelques opinions toutes faites et qui n'eut ni le temps, ni le désir d'en changer, ne vit dans l'alliance hollandaise que le triomphe d'influences personnelles sur un prince qui les subissait aisément. « Polnitz, écrivit-il, a eu toute Tauthorité et a commencé par rendi^e ceux qui avaient plus de crédit odieux et suspects à leur maître*. » ÏA^ fait est vrai, mais ne prouve pas ce qu'en a conclu Saint-Géran. Il est certain que, pendant les deux mois qui précédèrent l'alliance,

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