U, u. À., XVIII, 590 sqq. et 2!7 sqq
3. U. u, A.^ XVIII, 643 sqq. La minute du premier mémoire est de Meinders ; la minute et l'original du second sont de la main do Fuchs; l'original du troisième est écrit tout entier par Meinders, signé par l'électeur, et la date y a été ajoutée par Schwerin.
4. C'était à peu près la Poméranie jusqu'à la Peene, avec les îles Usedom et Wollin.
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elles n'étaient point ce que d'Espense eût désiré ; Louis XIV y exigeait toujours que Frédéric-Guillaume rendît ses conquêtes et le menaçait de réunir contre lui toutes les forces royales, que la paix avec Tempire allait bientôt rendre disponibles. Du moins donnait-il une forme plus précise à T offre de son amitié et de toute façon, comme le remarquait d'Espense, « ce premier pas du Roi était quelque chose ». Sans trop d'illusions, mais avec uu peu d'espoir sans doute, d'Espense partit donc pour Nimègue le q8 octobre.
Or, le jour même où Pomponne avait signé Tinstruction, à trois cents lieues de là, en Poméranie, Stralsund capitulait, et Frédéric-Guillaume profitait des circonstances pour négocier à sa manière. Après la chute de Stralsund, les Suédois n'occupaient plus que Greifswald, qui ne pouvait résister longtemps. Frédéric- Guillaume touchait donc au but ; mais plus il en approchait, plus son angoisse devait être vive à la pensée que tant d'efforts, de fatigues et de dangers resteraient peut-être inutiles. Ce qui l'inquiétait, ce n'était point tant l'invasion de la Prusse, dont le menaçaient les Suédois, que l'attitude du roi de France et, plus encore, celle de ses propres alliés. Il s'attendait chaque jour à l'occupation de son duché de Clève ; et les lettres de Vienne ne lui laissaient aucun doute que l'empereur et que l'empire ne vissent uniquement dans la Poméranie conquise un objet d'échange, qui leur permettrait d'obtenir pour eux-mêmes des conditions meilleures *. Frédéric-Guillaume ne pouvait se faire illusion : les projets de ses alliés ne valaient guère mieux pour lui que ceux de ses ennemis, et le seul moyen qu'il eût de conserver ses conquêtes était de séparer la France de la Suède. Doit-on s'étonner qu'il ait tout fait pour y parvenir ? Et d'ailleurs, en l'essayant, même en vain, ne pouvait-il espérer qu'il gagnerait quelques semaines, qu'il empêcherait l'offensive des Français sur le Rhin et qu'il aurait ainsi le temps, non seulement de prendre Greifswald, mais peut-être même d'aller inûiger aux Suédois, dans le duché de Prusse, une dernière et plus accablante défaite.
A côté de Kœnigsmark, au nom de Louis XIV, un jeune officier français avait suivi la campagne ; c'était François de Pas, vicomte
1 . Voir, par exemple, ce que lui écrivait Crocliow, son ambassadeur à Vienne, le 9 octobre : a Sonstea stetien E. Ch. D. waiirhaflig ia der Gefahr, dass Deio Alliirte don Xulzen und die Fructit aller E. Cli. D. Victori(rn an sich ziehen und sich derselbeu zu Facilitirung ihrer mit Franclireich vorhabenden Tractaten gebrauchen. » U. u. À„ XVIII, 518.
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d*honneur à la maintenir. Louvois était tout puissant et avait intérêt à prolonger la guerre, puisqu'il lui devait son influence ' . Aussi, quand Meindersles vit Tun et l'autre et qu'ils apprirent que rélecleur persistait à vouloir garder la Poméranie, tous deux haussèrent-ils les épaules. Pomponne, cependant, parla des territoires situés sur la rive droite de TOder que l'électeur avait dû laisser aux Suédois par la convention de Stettin et que la paix de Westphalie ne leur avait pas formellement attribués : Meinders eut l'impression qu'il cherchait un expédient pour empêcher la négociation de se rompre. Puis, le i6 février, Louis XIV reçut à Saint- Germain l'envoyé de Frédéric- Guillaume ; il Taccueillit avec bienveillance et Meinders s'enhardit à le prier, au nom de son maître, de travaillera la paix, non en ennemi, mais en médiateur. Le roi protesta : « Comment puis-je être médiateur étant partie ?» Mais le ton restait conciliant et Meinders ne perdit pas tout espoir. Malheureusement, les jours suivants, de nouvelles conversations avec Pomponne n'eurent pas plus de résultat que la première. Le résident de Suède, Grafenthal, n'épargnait rien pour que la négociation échouât et, bien qu'il ne parût point, tout dépendait de son attitude, puisque Louis XIV était lié par ses promesses et que l'instruction de Meinders n'admettait point de tempérament. Après l'audience du i6, Grafenthal, s'il faut en croire Pomponne, avait déclaré que les Suédois « ne quitteraient jamais, jamais, jamais Stettin •. » Meinders, qui recevait à chaque courrier des nouvelles de Prusse, où la marche rapide de Frédéric- Guillaume déconcertait l'invasion suédoise ', essaya de s'en servir pour obtenir quelque concession ; mais Pomponne lui déclara que le roi de Suède était rentré en campagne dans l'intérêt de la France et que sa défaite ne devait lui causer aucun préjudice. « Sa conclusion, écrit Meinders *, est que Sa Majesté ne voit point ce que je puis faire de plus ici avec un pouvoir aussi limité et qu'il a regret que j'aie fait un voyage inutile. » Le surlendemain, le a3, Meinders obtint cependant une nouvelle audience et il en profita pour insinuer au roi lui-même les offres secrètes dont l'avait chargé Frédéric-Guillaume. Il remarqua que Louis XIV les écoutait avec plaisir ; mais
i . Tout ceci d'après Meinders. Son opinion sur les sentiments de Pomponne était, en tout cas, partagée par d'Ëspense.