‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 46 sur 79 · Le 24 février · texte numérisé non relu

Le 24 février

LES DEUX TRAITES DE SAlNT-GEtlMAIN (1679) 4^3

soit avec Tambassadeur de France, soit avec Jenkins, Tambassadear d'Angleterre, qui faisait fonctions de médiateur ; mais ni Tun ni Tautre ne lui donnèrent la moindre espérance. Colbert avait reçu quelques joui*s avant les instructions de Louis XIV * ; celui-ci voulait bien que le Brandebourg gardât, sur la rive droite de rOder, les quelques lieues de pays usurpées en i653 par la Suède ; mais si Frédéric-Guillaume ne renonçait pas à tout le reste, même à Stettin, il ne pouvait être question de paix : dès le 19, à l'expiration de l'armistice, les troupes françaises reprendraient l'otrensive. Trois lettres de d'Espense, Tune du 6, les deux autres du 9, n étaient guère plus encourageantes V Pomponne, qui avait imaginé l'expédient de rendre à l'électeur les quelques lieues carrées dont la paix de Munster ne parlait point % s'en tenait là : il répétait à d'Espense que jamais le roi n'accorderait plus. D'Espense se demandait si Louis XIV lui-même ne serait point plus généreux ; mais comment parler au roi sans se brouiller avec le ministre, ce qui eût risqué de tout perdre * ? D'ailleurs d'Espense ne cachait point à Meinders que l'évacuation de Wesel et de Lîppstadt, loin de favoriser la négociation, l'avait singulièrement compromise. « On prendra, lui écrivait-il, les places que Son Altesse Électorale donnera, croyant que c'est un commencement qui l'engage à tout restituer et rien plus * ». Néanmoins, il ne conseillait point à Meinders de renoncer au voyage, et pour ne point perdre de temps, il lui envoyait à la fois des passeports à La Haye, à Nimègue et à Bruxelles *.

Le i6mai, Meinders comptait partir le lendemain pour la France ; il est probable qu'il tarda un ou deux jours encore, car il n'arriva à Paris que le 28. Le lendemain matin, un billet de Tourmont l'avertit que Pomponne l'attendrait l'après-midi à Saint-Germain et Meindei*s ne manqua point de s'y rendre. Il put vérifier aussitôt que d'Espense avait dit vrai ; évidemment, depuis la convention du 3 mai, qui semblait marquer la fin de la résistance brandebourgeoise, on s'attendait, à la Cour, à ce que Meinders n'eût d'autre

1 . Instruction du 21 avril, en partie citée par Prutz, Au8 des Grossen Kurfiirsten leizien Jahren^ 346, qui la date par erreur du 22.

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