LES DEUX TRAITÉS DE SAINT-GERMAIN
du 3 juillet ', soit dans lemémoire justificatif que Meinders rédigea le a juillet. Deux sortes de considérations y sont indiquées : les unes ne permettaient pas de douter que la paix fût nécessaire, les autres faisaient espérer qu elle pourrait être avantageuse. Nous connaissons déjà les premières, c'est-à-dire les périls évidents et la ruine probable auxquels Frédéric-Guillaume se fût exposé, s'il eût continué la guerre. Quant aux autres, ils se résument aisément par cette phrase de la seconde lettre au roi de Danemark : « D'ailleurs, Tune des raisons décisives qui nous forcent à nous hâter de conclure la paix est Fespoir qu'elle rompra l'alliance étroite entre la France et la Suède et nous permettra de nous allier nous-mêmes plus intimement avec la France, tant pour notre sécurité que pour prendre notre revanche sur ceux qui nous ont si honteusement abandonnés ' ». En tout cas, il était visible que le Brandebourg, après la guerre, ne pouvait trouver protection et avantage que dans un accord intime avec Louis XIV, et il n'est point étonnant que l'électeur, dès le 2 juillet, sans même attendre la nouvelle de la paix, désormais certaine, eût donné Tordre à Meinders de ne point quitter Paris et de concerter aussitôt avec Pomponne les conditions d'une alliance étroite.
Meinders continua donc à négocier, mais ne le fit d'abord qu'en termes généraux, car il n'avait point reçu d'instructions précises. Il attendait aussi le retour du comte d'Espense. Celui-ci, parti de France sujet du roi, allait y revenir sujet de l'électeur, sauf l'assentiment de Louis XIV, qui ne pouvait faire doute : Frédéric-Guillaume venait de lui rendre les fonctions de colonel de sa garde, en y ajoutant la dignité de grand-écuyer *. D'Espense
1. U.u. A., XVIIJ, 379 et 385. Voir aussi une troisième lettre, du 2 septembre, iMd.,389.
2. « Sonsteo m(Bcbte wohl eine der Hauptursachen sein, warumb man ietzo zum Friedensschiuss eilete, umb die enge Verbûndnus, so zwischen Franckreich und Schweden ist, zu trennen, und dass wir beiderseits uns mit Franckreich na^her setzeten, sowohl unsercr Sicherheit halber, aïs auch Ton denen revange zu haben, welche uns so schaendiich abandonnirct und im Sticbe gelassen. »
3. Lorsque le compte d'Espense s'était entremis entre Frédéric-Guillaume et Louis XIV, il devait projeter déjà son retour à la Cour électorale. En tout cas, Meinders, lors de son second voyage à Paris, croyait évidemment la chose décidée en principe. Dans une note qu'il envoie à l'électeur le 5 juin, il pose la question suivante : « Wofern es zum frieden kombt und der schluss erfolgen soltc, Ob ich nicht alsdan M' d'E. mittbringen und ihm versprechen soll dass 8. C. D. Ibn zu dero Trabantc Obristen und Oberstallmeistcr machen wollen. » Il est vrai que l'électeur fait répondre par Fuchs qu'il sera temps de se résoudre après la paix. — C'est seulement le 20 juillet que Frédéric-Guillaume écrit à Meinders : « Wir