‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 48 sur 79 · LB8 DEUX TRAITES DE SAINT-GBRMAIN (1679) ^IJ · texte numérisé non relu

LB8 DEUX TRAITES DE SAINT-GBRMAIN (1679) ^IJ

très \ aux lenteui*s de Pomponne S dont il se plaint deux ou trois fois dans ses lettres. Et il est certain que Colbert s^entendait mal avec Louvois, Louvois plus mal encore avec Pomponne, et que celui-ci, trop souvent, s'attardait loin de Saint-Germain. Mais d'autres raisons, que Meinders ne pouvait connaître, s'ajoutaient à celles-là pour suspendre la décision et nous permettent d'expliquer sans peine le peu d'empressement que mit Louis XIV à accueillir les offres de l'électeur.

Il faut considérer d'abord qu'en août la paix n'était ni générale ni définitive. Le Danemark négociait encore avec la Suède, à la fois dii*ectement — à Lund ' — et, par l'intermédiaire du roi de France, à Saint-Germain ou à Fontainebleau. Tant que le traité de Fontainebleau ne fut pas signé ^ et accepté par le roi de Suède, Louis XIV ne pouvait songer qu'à achever Tœuvi'e qu'il avait commencée à Nimègue Tannée précédente. Puis, même alors, le projet d'alliance brandebourgeoise se trouva subordonné à d'autres projets. Le roi de France, à l'automne de 1679, ne songeait nullement à renouveler la guerre ; il désirait maintenir la paix et se préoccupait de s'assurer un système d'alliances qui fussent capables de la garantir. Sans doute, l'entente avec le Brandebourg, comprise d'autre façon que ne le faisait Frédéric- Guillaume, pouvait être précieuse. Mais elle ne valait pas une autre alliance, qui eût été peut-être incompatible avec elle, et qui, pendant quelque temps, ne parut nullement chimérique : une triple alliance avec la Suède et le Danemark réconciliés. L'idée en apparaît, dès la fin d'août, dans la correspondance entre Pomponne etFeuquière % qui se trouvait alors à Lund, où il négociait la paix danoise et surveillait les progrès d'un rapprochement, inattendu entre les deux couronnes Scandinaves. Ce rapprochement loin de mécontenter Pomponne, le réjouissait. Le aS août, il se demandait avec inquiétude quelles étaient les intentions secrètes du roi de Suède et si Louis XIV pourrait conserver « ses anciennes alliances » ou serait forcé de leur en substituer de nouvelles. Mais déjà il croyait possible de rajeunir et de transformer l'alliance suédoise en y joignant celle du Danemark. Pomponne, au nom du

1. Meinders remarque, le 24 octobre, « dass die ministri nicbt aile einig seynd, sonderlich Pompone und L<ouvoy. »

2. a Des Herrn Pompone fçewœhniiche lenteur...» (15 septembre), etc..

3. Isaac de Feuqui^re, l'ambassadeur du roi à Stockbolm, y représentait la France .

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