‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 54 sur 79 · Spanheim, 21 septembre · texte numérisé non relu

Spanheim, 21 septembre

l'alliance française et la trêve db vingt ans (1679-1684) 49^

de la maison de Brunswick avec la Suède et Tempereur; d'un débarquement probable de troupes suédoises en Poméranie ; et il insistait sur la nécessité d'agir \ Rébenac le jugeait, en novembre, <c résolu à tout » et craignait presque de lui laisser voir les intentions pacifîques du roi : Frédéric-Guillaume lui répétait que Louis XIV aurait tort de prolonger le délai qu'il venait d'accorder à Tempire et que mieux vaudrait recommencer les réunions et les conquêtes, puis offrir de nouveau la paix *, Mais Télecteur ne tarda pas à comprendre que son allié ne le suivrait point. Au milieu de novembre, Louis XIV recula jusqu'au i*' février le délai fixé d'abord au i^^ décembre, et lorsque ses plénipotentiaires à Francfort quittèrent la ville, les négociations ne furent pas rompues, mais simplement transportées à Ratisbonne ; le 3 décembre, il accorda de même à l'Espagne un nouveau délai jusqu'au i5 janvier. L'incertitude menaçait donc de ne point finir et, avec elle, une situation que Frédéric-Guillaume trouvait chaque jour plus difficile et qu'il n'eût peut-être pas acceptée s'il eût pu prévoir qu'elle se prolongerait ainsi.

Et que lui rapportait du moins cette alliance qui n'était certes pas selon son cœur ? Rien encore. Elle n'avait point obligé l'empereur à lui donner satisfaction pour lœgerndorf, ni l'Espagne à s'acquitter de sa dette, ni les Étals-Généraux à lui i)aycr les anciens subsides et à le dédommager de la caplure du vaisseau brandebourgeois pris en Guinée. Elle ne donnait môme pas la paix à l'empire. Quant à la conquête de la Poméranie suédoise, opiniâtrement espérée, elle paraissait n'être qu'un mirage, qui toujours fuyait. Dès que Spanheim parlait des transports de troupes que projetaient les Suédois, on lui répondait que le roi de Suède n'était pas en état de rien entreprendre et « qu'en tout cas il y auroit toujours lieu et du temps à se précautionner *.» S'il faisait argument des mauvaises intentions du duc de Hanovre, Croissy exprimait l'espoir que la maison de Bnmswick n'oserait point en venir aux actes et ajoutait qu'il « ne faloit pas se charger du blâme d'aggressioii * . « Spanheim ne doutait plus que la Cour de France ne fût résolue » de laisser durant l'hyver

1 . Voir, en particulier, les lettres des 3/13 novembre, 20/30 novembre, 25 novembre/5 décembre.

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