‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 66 sur 79 · Rébenac, 18 et 26 juillet · texte numérisé non relu

Rébenac, 18 et 26 juillet

â. Correspondance avec Cheverny, ambassadeur k Copenhague, en 1686 et 1687, po^Jtim.^.E., -Danemark, 30-32. Or, cette môme correspondance, et celle des deux Gourvillc, envoyés auprès du duc de Hanovre en 1687 (/!.£., Brunswick, 2i) montrent que Louis XIV tenait beaucoup à conserver ralliance du roi de Dane* mark et par conséquent à le satisfaire.

3. « Il s'en faut bien que je croyeque la maison de Brunswig [puisse] suppléer au deffaut de M. rÉlcctcur de Bnindebourg si cet électeur manque à V. M. Cette maison seroit peut eslre bonne pour faire la guerre dans l'Empire, mais elle ne le sera jamais tant pour y maintenir la paix, parce que toutes les voix de la maison de Brunswig, quand elle oseroit s'expliquer et agir plus qu'elle n'a voulu le faire jusqu'à présent n'empescheroit pas les ministres d'Austriche de conclure et de faire passer tout ce qu'il leur plaira dans le Collège des Princes et au contraire le seul suffrage de M. l'El^ de Brandebourg ou de celuy de Bavière uny à celuy des Électeurs ecclésiastiques rend le collège électoral favorable par la pluralité des voix cl tout le reste de la diette inutile et impuissant pour les résolutions qui pourroient s'y prendre contre la France. » Verjus, 17 septembre 1686. À.E.y Allemagne, 314. - Or, tant que son alliance avec le Brandebourg subsistait en apparence, Louis XIV pouvait utiliser, k la diète, la bonne volonté de Godefroy d'Iéna.

LES DERNIÈRES ANNEES (l684-l688) 583

à contre-cœur la décision du 26 octobre, qui mettait de nouveau k Tordre du jour de la diète la double question de la sécurité publique et du règlement des limites *. Au commencement de npvembre, Frédéric-Guillaume songe si peu à se rapprocher de Louis XIV qu'il communique à tout son conseil, dans le seul but d'y décourager les derniers partisans de la France, Talliance suédoise du 20 février, jusqu'alors restée secrète * ; et c'est vers la même époque qu'il envoie trois cents soldats brandebourgeois à Cologne, pour assurer, écrit-il à Spanheim, la pacification de la ville — en réalité, pour empêcher que les Français ne s'en emparent ^

La paix, toujours menacée, durait pourtant, lorsqu'à la fin de l'année 1686 la diplomatie française fit naître tout-à-coup un incident nouveau, que personne n'avait pu prévoir, et que Frédéric- Guillaume crut destiné à provoquer la rupture, tout en évitant à Louis XIV le blâme de l'agression. Il y avait à la Cour de France et dans le Conseil des ministres, deux partis : l'un, avec Louvois, poussait à la guerre ; l'autre, avec Croissy, s'obstinait à prolonger la paix. C'était pour préparer la guerre, qu'il considérait comme inévitable, que Louvois avait obtenu la construction de la tête de pont de Huningue, de Fort- Louis et de Mont-Royal; il répétait sans doute que mieux valait prévenir l'attaque que l'attendre ; et l'un de ceux qui paraissaient le mieux placés pour bien voir, l'ambassadeur du roi près de la diète. Verjus, lui donnait pleinement raison. Au début de juillet 1686, Verjus ne doutait pas que l'alliance ne fût conclue à Augsbourg et il la craignait plus générale et plus efiective qu'elle ne tut : « Pour peu, écrivait-il, que quelqu'un de nos amis ou des bien intentionnez, qui se réduisent à deux Électeurs ecclésiastiques, commence de plier et de mollir, tout l'Empire se trouvera uny. » Il voyait « la fureur et l'aveuglement à un tel point » qu'il pressait le roi de prendi'e ses mesures au plus vite. Il conseillait d'achever en hâte le pont de Huningue — « je voudrais, disait-il, qu'il fust fait et couvert » — et de ne

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