Tout ceci d'après À, E,, Bruns wicii
LES DKRNIERES ANNEES (l684-l688) 6o3
l'autre. A la fin de Tannée 1687, ^* santé de Télecteur de Cologne, Maximilien-Henri, le dernier allié véritable de la France en Allemagne, taisait prévoir sa mort prochaine. Le cardinal-évêque de Strasbourg, Guillaume de Fûrstenberg, entreprit de se faire élire coadjuteur et successeur désigné de l'archevêque qu'il avait si longtemps dirigé. Il va sans dire que la diplomatie française l'encouragea et le soutint. Les partisans de la France étaient en majorité dans le chapitre; celui-ci se passa de l'assentiment du pape, qui eût été régulièrement nécessaire, et, le 7 janvier 1688, l'évêque de Strasbourg fut élu. Mais la nouvelle souleva dans tout l'empire une émotion très vive ; l'empereur protesta en faveur du concurrent de Fûrstenberg, qui était précisément un frère de la dauphine, Qément de Bavière ; il prétendit que l'élection devait être cassée par le pape ; et lorsque Tévêque de Strasbourg, selon l'usage, la notifia aux autres électeurs, ceux-ci voulurent attendre, pour y répondre, la décision du Saint-Siège ' . Frédéric-Guillaume désirait plus que tout autre l'annulation d'un choix qu'il considérait comme une honte pour l'Allemagne : malgré les instances de Rébenac, il s'excusa, de semaine en semaine, sur la goutte qui l'empêchait d'écrire; puis, lorsqu'il finit par répondre à Fûrstenberg, au début d'avril, il le fit, comme ses collègues, en tei'mes qui ne préjugeaient pas la valeur de l'élection. Mais, dès l'abord, il put comprendre que l'affaire ne se réglerait pas aisément et que la succession de Cologne, plus encore que la succession palatine» risquerait de provoquer la guerre générale. I^uis XIV, en effet, soutenait les droits du cardinal avec plus de netteté et de hauteur qu'il n'avait jamais soutenu ceux de Madame; et, dès janvier, il ne cachait pas que les intérêts de Fûrstenberg « ne pourraient être séparés des siens *. » Dans le conflit inévitable, qu'allait faire éclater la mort prochaine de Maximilien-Henri, aucune conciliation n'était possible.
Une autre affaire, celle du Schleswig, devenait menaçante aussi. En 1684, le roi de Danemark, Christian V, s'était emparé de toute la partie du Schleswig qui appartenait à son cousin, le duc Christian-Albert de Gottorp, et, depuis, on n'avait pu mettre d'accord les prétentions contraires. Le roi de Danemark était soutenu par la France, le duc de Gottorp par la Suède. En octobre 1687, on tenta d'éviter une guerre en réunissant à Altona
1 . Sur l'élection de Fûrstenberg, consulter Gérin, Le pape Innocent II et l'élecUon de Cologne en 16SS, dans Rev. des Questions Hist., 1883, XXXIII.