I. Mémoire de Lionne pour le roi, du 2 août
(Minute de Lionne.)
Après avoir parlé au roi de la perte d*un courrier, de l'assemblée de Cologue, Lionne rend conapte d'une conversation qu'il vient d'avoir avec Lerodl, au sujet des afîaires de Polog^ie :
« En second lieu, pour ce qui regardoit l'abdication et l'élection, après avoir bien concerté la chose avec le p*^« Guill"'® je luy ay distingué deux cas : le premier auquel le duc son m« pourroit porter rEiecf de Brands à entrer dans les interestz de S. M** sur les alT'^^^ de flandre comme led* Elecf Ta fait espérer par une lettre escrite à l'un de ses ministres dont j'ay la copie en main, et en ce cas je luy ay dict que S. M'^ porteroit l'abdication du Roy et Télection du duc en la manière et au temps que celuy-cy le pourroit désirer luy-mesme pour profiter de la bonne volonté de S. M**. Elle verra par des circonstances dont je rendray compte plus bas qu'en cela je ne me suis pas trop advancé car il faudra mesme bien faire d'autres choses pour rompre un coup mortel que Castel- Rodrigo veut porter à S. M^^ par le moyen dud* Elecf de Brands. Le second cas est si led* duc ne peut pas porter TElect' à s'engager dans les interestz du Roy ou qu'au contraire il en prenne d'opposez, et en celuy-cy je luy ay dict que la prudence et la bonne politique ne permettoit pas que le Roy içuérit rEmp*^ et l'Elect'' de la vive appréhension qu'ils ont que S. Ar* ne songQ tousjours à porter Mk"" le Prince à la couronne de pol"^ parce que cette crainte peut tenir en eschec toutes leurs résolutions pour la flandre et les empescher de se défaire de leurs forces pour en assister les Esp'» .
APPENDICES 6l3
Q. Mémoire de Lionne pour le roi, du lo octobre 1668,
(Minute de Lionne.)
« 11 n y a plus moyen de tenir contre les grands soupçons du baron de lerode sur le retour en poloigne de M. de Béziers que son m* avoit fait tesmoigner par M. de Gaumont ne désirer pas. Nous avons cependant songé led. s*" Evesque et moy à un expédient qui nous paroit le seul qui peut contribuer à guérir un peu leurs esprits de ces ombrages ou au moins qu ils ne produisent pas dès à présent de mauvais effects, qui est que comme le comte de Coursiilon prie luy-mesme qu'on ne Tenvoye plus à Berlin où il ne feroit dit-il qu'une mauvaise figure après sa conversion, V. M^' envoyé sans perte de temps le s' de Gaumont en cette court là et qu'on luy confie tout le secret, luy faisant mesme espérer qu'après l'Election sur quelque suject qu'elle tombe ou de Neubourg ou de Mg"" le prince elle l'employera en poloigne ; nous croyons que pourveu qu'on en use avec luy de cette sorte on luy fera dire cepend^ au baron de lerode tout ce qu'on voudra. Si V. M^ approuve cette pensée elle m'envoyera s'il luy plait led. Gaumont sans perte de temps avec son ordre de faire tout ce que je luy diray. V. M** remarquera s'il luy plait qu'il faut nécess®»* que pend' la diette de l'élection il y ait de la part de V. M^® auprez de rElecti* de Brands une personne qui sçache tout le secret et qui puisse exécuter ce que M. de Béziers luy mandera chaque jour sur les incidcns qui surviendront et cela estant qu'il vaut autant que Gaumont ayt cet employ-là qu'un autre puisque desjà il n'a que trop de cognoissance de ce secret et qu il n'est mai satisfait que de ce qu'on ne le luy veut pas confier. »
{A. E.^ France. Mém. et Doc, 4i6, pièce i54).