TOUJOURS LE BONHEUR
— Tu sais, Georges, quelles étaient à seize ans mes dispositions ? commença Jean Cœurderoy.
— Les mêmes qu'à douze, Jean. Tu étais le meilleur élève de Tinftitution Boniface ; tu devins le meilleur du collège Louis-le-Grand, où tu remportas le prix d'honneur au concours général de 1845...
— Un fort-en-thèmes, quoi !
— Un fort-en-versions aussi, Jean; n'oublie rien des avantages que tu avais alors sur moi.
— Ah ! les versions ! les versions ! elles m'ont perdu, mon pauvre Georges!
— Assez mal, puisque je t'ai retrouvé aujourd'hui.
— Moi, je ne me retrouverai jamais, Georges !
Cœurderoy avait répondu ces derniers mots d'un ton lugubre qui contraftait avec la. jovialité qu'il avait montrée jusque-là. Par discrétion, Georges Le Mayeur n'insifta pas : il attendit qu'il plût à son compagnon de reprendre son récit, auquel il s'intéressait tant d'avance.
— J'étais donc un phénomène, reprit Jean en riant de son accès de mélancolie. Un phénomène pour tout le monde, excepté pour ma famille qui, les fumées de la vanité dissipées, commença à se demander à quoi je pouvais être bon, puisque je ne savais même pas tenir proprement les livres de la maison... Tu as connu mon père, le petit épicier de la rue de Tournon ? C'était un brave homme, un honnête homme, quoique épicier... Il n'y voyait pas plus loin que
son nez, malgré ses lunettes Ma mère, une
gaillarde que tu dois te rappeler aussi ! lui faisait une guerre continuelle à propos de cette myopie physique & morale, & elle lui citait fréquemment la fable de la taupe, qu'elle lui appliquait fort plaisamment...
— Je l'ai entendue plusieurs fois, quand j'allais te prendre pour vagabonder au Luxembourg... J'entends encore d'ici la voix grondeuse
de la mère Cœurderoy disant à son mari : Une jeune taupe, après avoir consulté plusieurs oculiftes sur la faiblesse de ses yeux, se trouva enfin pourvue d'une paire de lunettes d'un fort numéro; mais, comme elle essayait en vain de s'en servir, une taupe d'expérience, blanchie dans le commerce, lui dit : « Les lunettes peuvent être de quelque secours aux hommes, mais elles sont inutiles à une taupe. » Et vous n'êtes qu'une taupe, monsieur Cœurderoy ! ajoutait ta mère avec une sorte de pitié méprisante.
— Oui, elle lui reprochait de ne pas faire de leur boutique une caverne & de leur commerce un vol, à l'exemple de beaucoup d'autres confrères... Ma mère était dans le vrai. Un épicier n'eft pas un Samaritain; on doit. plus songer à soi qu'au prochain, & ne pas craindre de le dépouiller pour s'enrichir. Ma mère était honnête aussi, mais à la façon des commerçants qui ne feraient pas tort d'un sou à autrui, préférant le fi-uftrer d'un franc... Toute seule & maîtresse d'agir à sa fantaisie, c'eft-à-dire suivant les us & coutumes du commerce, elle eût fait marcher la maison &, au bout d'une quinz^aine d'années, eût vécu de ses rentes, son rêve ! Mon père, lui, se ruina en très-peu de temps... La boutique fermée, le seul gagne-pain de la famille supprimé, il fallut se retourner dans la vie. Ma mère était une vaillante femme: elle mourut à la
peine. Mon père, qui Taimait, ne tarda pas à la suivre au cimetière... Je reftai seul au monde, sans parents & sans amis, car, malgré les promesses solennelles que nous nous étions faites de ne jamais nous séparer, toi & moi, nous avions cessé peu à peu de nous voir, & si je t'avais vu derrière le convoi de ma mère, j'eus le chagrin de ne pas te voir derrière le convoi de mon père... La vie a de ces brutalités-là !... C'était au moment où il m'eût été le plus doux de t'avoir à mon côté, pour marcher ensemble du même pas, pour entreprendre ensemble la conquête delà Toison d'or, à ce moment-là précisément tu me manquais...
— Je n'étais pas en France, alors, mon cher Jean.
'"- Sans doute ; il fallait bien qu'il y eût quelque chose comme cela... Mais mon isolement
n'en était que plus réel & plus douloureux
Enfin!...
— Tu n'entras pas à l'Ecole normale, à laquelle te deftinaient tes études & tes goûts ?
— Je passai souvent devant elle, en allant donner mes répétitions de grec & de latin dans les inftitutions du quartier : voilà tout...
— Un prix d'honneur ! en être réduit là !
— Il faut bien vivre, mon cher Georges, surtout lorsqu'on eft deux...
— Tu étais deux ?
— Oui : ma femme & moi. Louise était une simple flcurifte que j'avais rencontrée & suivie, espérant en être quitte avec elle pour quelques semaines, tout au plus quelques mois de parfait amour, selon la tradition du quartier Latin... Ah! ouiche ! je m'étais bien adressé!
Jamais figuier de Barbarie n'eut autant d'épines que cette fillette de dix-huit ans, savoureuse au possible & qu'à cause de cela je tenais à croquer... Belle éc farouche: quelle anrithèse désagréable ! Et comme c'était invraisemblable, hein?,.. C'était vrai, pourtant, horriblement vrai... Où la vertu va-t-elle se nicher, je vous le demande ! dans une mansarde d'ouvrière gagnant treize sous par jour!... Tu connais le fameux mot de VAntony de Dumas: « Elle me résiliait, je l'ai assassinée!... jj Le moyen était trop violent pour moi, qui ne suis pas si romantique: Louise me résiftait, je l'épousai !...
— Je ne vois là rien de bien malheureux pour toi... Une belle fille, sage par-dessus le marché, amoureuse de toi probablement : tous les maris voudraient bien pouvoir en dire autant !
— Ne te hâte pas de me féliciter, ou je te laisserai tes compliments pour compte. Ma femme était belle, sans doute*; j'ajouterai même très -belle ; elle était honnête, certainement, trèshonnête : mais voilà tout !
— Quoi! Elle ne t'aimait pas?...
— Elle aimait le mariage, qui lui donnait la liberté, & non le mari, qui ne lui donnait rieni Louise, quoique Jeune & vertueuse (physique- ment), avait des aftuces & des machiavélisraes de vieille courtisane. Elle tenait à être émancipée, non pas à la façon de ces pauvres filles qui donnerit leur cœur tout entier en pâture au vautour de Tamour, sans réfléchir aux suites de cette émancipation que condamnent ceux-là mêmfs qui sont ^ les premiers à en profiter; Louise voulait Têtre à la façon de ces honnêtes gueuses qui ont besoin d'un paravent légal qui abrite leurs relations illégales, d'un pavillon officiel qui couvre leur traite des blancs..- J'avais épousé une vierge à qui il tardait d'être fille, un lys dont la racine trempait dans du fumier !
— Pauvre cher ! murmura Georges, qui son* geait à Impérîa.
^— Il ne me coûte rien de t'en parler, aujourd'hui que je ne l'aime plus, reprit Cœurderoy ; il me semble même que je te parle d'une autre femme que de I^ mienne. T. Un type curieux^ tout de même ! Comment cette fille du peuple^ hée de braves gens qui ne lui avaient donné que de bons conseils &, ce qui vaut mieUXj de bons exemples, avait-elle des inftinfts aussi pervers ? Comment cette enfant avait-elle le cœur aussi pourri ?... Comment avait-elle deviné si vite la
science du mal ? Comment cette précoce aptitude pour le vice? Myftères de l'organisation humaine !... Je sais bien que la femme eft une créature dont Tunique rôle consifte à s'habiller & à se déshabiller, à changer de place & de forme la fameuse feuille de vigne qu'elle a reçue de sa première aïeule, à s'inquiéter uniquement si cette feuille de vigne lui va bien ou lui va mal ; mais les femmes de riches seulement. Quand on eft mariée à un ouvrier ou à un homme qui, comme moi, ne gagne pas plus qu'un ouvrier, on doit être modefte en ses ajuftements & sobre en sa toilette... Ou jour au lendemain, Louise était devenue coquette, mais d'une coquettme raffinée, diabolique!... Je lui donnais cinq francs pour acheter à dîner : elle les dépensait en savons à la laitue, en pommades à la bergamote, toutes choses qui ne se mangent guère. Je lui remettais trente francs pour payer le loyer de notre petite chambre garnie : elle s'achetait une paire de bottines à talons & à glands, ou une paire de souliers mordorés, fins comme des ailes d'abeille, qui avantageaient son pied, qu'elle avait très-petit & cambré... C'était l'Ange de la dissipation! la Muse de la prodigalité!... Je souffrais, parce que je l'aimais comme une bête que j'étais alors, & que je voyais avec, effroi arriver l'heure où je ne pourrais plus subvenir aux folies de ma femme. . .
— Pauvre cher ! murmura de nouveau Georges.
— Car je ne t'ai rien dit encore du métier dangereux auquel je m!étais condamné pour elle! reprit Cœurderoy en devenant sombre. Un métier de galérien ! ajouta-t-il avec un sourire amer -, oui, de galérien, c'eft le mot exaél ?
Cœurderoy avait frissonné en prononçant ces derniers mots.
— Marie ! appela-t-il d'une voix suppliante, les bras tendus vers sa fille.
L'enfant accourut à tire-d'aile, comme une colombe, & présenta son front aux lèvres de son père, ainsi qu'elle avait fait la première fois.
— Tu es ma joie & mon courage, cher ange !
murmura Jean en lui baisant les yeux & les cheveux. Retourne jouer, ma chérie! lui dit-il ensuite, en la renvoyant doucement.
— Maintenant, dit-il à Georges avec sérénité, je puis t'avouer tout. Tu sais, cher ami, combien il y a d'imbéciles & d'incapables dans le monde, sans compter les vaniteux ? Ce n'eft pas une raison, parce qu'on eft riche, pour qu'on soit intelligent... Beaucoup de jeunes gens de famille, à qui toutes les carrières sont ouvertes, à qui toutes les professions libérales tendent les bras, n'y peuvent entrer cependant que munis d'un diplôme de bachelier es lettres, leur pre-
mière décoration, &, cette décoration, beaucoup ne peuvent l'obtenir, quoiqu'ils ne la méritent pas... Comment faire pour passer les examens obligatoires & être reçu ? On a beau ouvrir à tous les coins du quartier Latin des officines préparatoires où l'on empiffre les cervelles de littérature & de science, afin de les engraisser à point pour le jour de l'examen en Sorbonne : il y a des cervelles réfi^adaires à cette nourriture, qui leur semble indigefte & qu'elles rejettent sans s'en approprier un atome. Pourtant, il faut être reçu ! il faut obtenir son diplôme ! Alors on va trouver dans sa mansarde un pauvre diable qui ne demanderait pas mieux de refter honnête & pauvre s'il n'était pas obsédé par les exigences sans cesse renaissantes d'une femme adorée ; on lui met dans la main un billet de mille francs, quelquefois de cinq cents francs seulement (les cancres sont cancres en tout!), & on l'entraîne Vers la Sorbonne, où il cesse de s'appeler Cœurderoy pour s'appeler tantôt Pierre & tantôt Paul^ quand il ne s'appelle pas Adolphe ou Sigismond ! Le fils de l'épicier remplace le fils du sénateur qiiand il ne remplace pas le fils du marchand de fers ! Il fait des faux pour fournir à ces jeunes paons de quoi faire leur roue dans le monde ! Il signe sa feuille de route pour le bagne en signant leur brevet de capacité pour la société !
— Pauvre cher bon ami ! dit Georges en serrant les mains de Gœurderoy.
— Si encore elle m'avait aimé, cela n'aurait rien été ! reprit Jean. Si encore elle m'eût étéfidèle ! Mais non ! Elle ne m'aimait pas : elle aimait mieux en aimer d'autres... J'en ai tué un de ceux-là... oh! loyalement... en duel... à l'épée... Je n'avais pourtant jamais manié une arme, & mon adversaire était un des meilleurs élèves de Gâtechair... Pauvre garçon ! il tremblait devant moi... il se sentait coupable... Quand mon épée entra dans sa poitrine, il me jeta un de ces regards qu'on n'oublie jamais, & qui voulait dire : « Je vous pardonne, mais en me tuant, vous tuez ma mère, dont je suis l'unique fils & l'unique bonheur!... » Pauvre garçon ! oui, c'eft vrai... il avait une mère... elle en eft morte... par ma faute... Ce n'eft pas lui que j'aurais dû châtier aussi cruellement, aussi irréparablement ; ce n'eft pas lui qui était coupable : c'é^t elle, la coquine ! la belle coquine adorée ! Ah ! mon cher Georges, l'homme qui choisit une femme coquette ressemble à celui qui achète pour son usage particulier une voi* ture à plusieurs places... Quand je m'aperçus que mon américaine n'était plus qu'un omnibus, je cessai de m'y atteler.*. & je m'enfuis un jour, libre & guéri, du domicile conjugal, emportant dans mes bras ma chère petite Marie, que per-
sonne ne songea à me réclamer... Ceft gênant, en effet, une enfant de deux ans, pour une femme qui a les appétits de luxe & de dissipation qu'avait Louise... Marie a été élevée par moi, & bien élevée, je t'en réponds, mieux élevée qu'au couvent des Oiseaux, sans médire de cette noble cage... Je lui ai appris la bonté, pour laquelle elle avait déjà de grandes dispositions : c'eft tout ce qu'elle sait, & je trouve que c'eft la meilleure de toutes les sciences... Louise, cette fille savante en amour, était d'une ignorance crasse là-dessus... Sa fille, heureusement, ne lui ressemblera en rien que par le visage.
— Ta femme devait être^ bien belle, mon cher Jean ! murmura Georges, en contemplant d'un air rêveur la petite blondine qui jouait à quelques pas de lui.
— Oui, l'enveloppe était divine, mais le dedans était infernal ! répondit Cœurderoy en riant. Père Schumacher ! ajouta-t* en allant ouvrir la porte de la salle, une autre bouteille, s'il vous plaît !
— Je vous l'apportais, monsieur Jean, dit le cabaretier en apparaissant tout à coup.
Cœurderoy remplit son verre & le vida silencieusement. Puis : '
— Quelques mots encore, cher Georges, & ma confidence sera close, dit-il en faisant cla-
quer sa langue contre son palais avec une satisfaftion évidente. Je t'ai parlé de la Borgnotte, qu'on appelle aussi Trépignette, ou de Trépignette qu'on appelle plus volontiers la Borgnotte : il faut que je complète son portrait par quelques touches. C'eft la dernière grisette ! Elle a eu beau ûi'assurer cent fois qu'elle était la fille d'un nommé Fourdinois, & de la nommée Euphrasiej matelassiers du faubourg Antoine, je persifle à croire que Paul de Kock eft son père & qu'elle sort de Moustache ou de la Laitière de MontfermeiL . . Jamais je n'ai pu lui faire porter un chapeau ni lui faire prononcer Montmorency : elle s'obftine à se coiffer ' de bonnets, qui lui vont fort bien du refte, & à dire Mémorency^ ce qui m'eft parfaitement égal d'ailleurs... Elle & moi nous nous sommes rencontrés il y a quatre ans, par hasard, comme on se rencontre toujours : elle me plaisait &. je lui allais, à ce qu'il paraît, elle malgré sa bêtise, moi malgré mes brutalités; nous sommes reftés ensemble par habitude, comme on refte toujours ensemble... J'aurais bien voulu m'en débarrasser en faveur d'un autre, car, depuis le démena- ' gement de Louise, mon cœur ne voulait plus de locataire; mais il n'y a pas eu moyen. Vingt fois j'ai souhaité qu'elle me trompât, afin de juftifier le congé que je comptais lui donner & de lever les scrupules que j'aurais pu avoir en
la renvoyant à ses parents ; vingt fois j'ai essayé de la surprendre en flagrant délit de trahison, je lui en ai même facilité les [occasions : impossible ! La malheureuse m'adore & ne veut pas en adorer d'autres... Il n'y avait plus, de par le monde, qu'une seule grisette vertueuse : c'eft à moi qu'elle eft échue ! Avoue que je n'ai pas de chance, mon Georges ?...
— Cher Jean ! murmura Le Mayeur, attendri par cette confession douloureuse que son compagnon essayait de rendre joviale. Et, que fais-tu à présent ? ajouta-t-il. Que fais-tu ? Je suppose que tu as abandonné le métier si pé* rilleux de passeur?
— Tu supposes bien, cher Georges. Je lic l'avais pris qu'à cause de Louise ; je l'ai lâché à cause de Marie. Ce que je consentais à faire pour cette gueuse, je ne pouvais plus vouloir le faire pour un ange... L'une me perdait, l'autre m'a sauvé. Marie!...
L'enfant, accourut : son père la prit dans ses bras & la couvrit de caresses passionnées.
• — Quel eft ton père, ma chérie ? lui demanda-t-il, les yeux humides.
— C'eft toi, petit père ! répondit l'enfant.
— L'aimes-tu, ce vieux malheureux ?
L'enfant, pour toute réponse, embrassa Cœur-
deroy avec une tendresse, une effusion sur la
sincérité de laquelle il n'y avait pas à se tronv per.
— Et quelle eft ta mère, ma chérie ? reprit Jean ?
— G'eft maman Borgnotte! répondit l'enfant.
— Uaimes-tu bien, cette pauvre chère Borgnotte ?
— Je Paime comme deux ! répondit Marie.
— Ceft bien, chérie, très-bien! Retourne voir les cos et les cocottes du père Schumacher, maintenant...
X'enfant s'envola.
— Tu me demandais ce que je faisais, n'eft-ce pas ? reprit Cœurdèroy en s'adressant à Le Mayeur, ému de ce qu'il voyait & entendait.
Eh bien ! cher Georges, je suis aujourd'hui un simple Claîrville ! Je vaudevillise pour les Variétés & pour le Palais-Royal, sous le pseudonyme de Théodore...
— Théodore ! Tu es le spirituel & fécond Théodore ? s'écria Georges étonné. Le Théodore dont j'ai vu avant-hier soir l'ébouriffante Guerre de Troyes ?
— Je suis le fécond & spirituel Théodore, oui, répondit tranquillement Cœurdèroy. Si tu as vu avant-hier ce qu'il te plaît d'appeler mon ébouriffante Guerre de Troyes^ tu es plus avancé que moi...
— Comment ! tu ne vas pas voir tes pièces ?
— Jamais ! pas si bête ! Je ne vais jamais voir que mon agent dramatique & madame Porcher, quand j'ai besoin d'une avance.,.
— Mais tu es un phénomène !
— Un phénomène en chambre, alors, car je ne me prodigue pas ailleurs... Je préfère vivre chez moi, avec quelques vieux livres & quelques vieilles faïences, & aussi quelques jeunes visages comme la frimousse de Marie & celle de la Borgnotte... Quand je m'ennuie trop, je vais me diftraire au Paillasson doréy chez la mère Gédéon, où viennent s'abattre une foule d'oies du frère Philippe, biches, cocottes & gandines, dans les entr'ades misérables de leur . exiftence ruolzée, & où je te mènerai dîner ce . soir, quand tu m'auras raconté à ton tour les aventures qui te sont arrivées depuis que tu m'as quitté, vieux compagnon de mon enfance...
— C'eft Julie ! tu t'es exécuté vaillamment : je vais imiter ta franchise.