‹ Le Grand Frédéric avant l'avènementChapitre 40 sur 64 · CE QLE LE FILS AURAIT FAIT A LA PLACE DU PÈRE · texte numérisé non relu

CE QLE LE FILS AURAIT FAIT A LA PLACE DU PÈRE

Pendant que le roi de Prusse se soulageait en colères, injures et rodomontades do la souffrance que lui causait J

L'ÉTUDE DU TEHRAIN POLITIQUE 23t

sa propre politique, son Ris faisail semblant de vivre daas le pur éther. La politique, disait-il, c'est l'affaire du roi et de ses ministi'es, doq la mienne. Il avait, lui, son lot, dont il était satisfait : c'iïtait le repos dans son Tuscuàim, le respect et l'affection de ses amis, et les joies des Muses et la douce liberté. C'est à peine s'il daignait jeter les yeux sur les gazettes, pour y apprendre « l'histoire de la folie des grands, les giierres des uns, les démêlés des autres et des puérils amusements de tous ensemble ». Mais, au vrai, en môme temps qu'il lisait les gazettes, il recevait de Grumbkow, à l'insu du roi, toutes les nouvelles et des relations confidentielles. 11 savait tout, jugeait de tout, el il souffrait des erreurs et des fautes, en silence, comme un fils qui voit son père compromettre la fortune de la maison.

Nous avons dit qu'un moment il crut que ta maison allait clianger de maître. C'était pendant la grande maladie du roi, en novembre 1734. Il pensait que « cela pourrait aller jusqu'à la fin de décembre ou la moitié de janvier ", mais pas plus loin. Tout aussitôt, en mi^me temps qu'il confiai! à un ami le plan de gouvernement' et la façon de vivre qu'il avait arrêtés jusque dans les détails les plus petits, il étendait la main, une main pressée, sur les affaires extérieures. .On était en plein dans la crise. Nul ne savait encore ce qui pouvait sortir de la guerre de la succession de Pologne. Que personne ne bouge plus! C'est le premier commandement de Frédéric. Il ordonne à Grumbkow, ou, du moins, puisqu'il ne tient

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