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• L*n auibigu contradictoire D'dbaiisemBnl et de grandeur. •
L'AVÈNEMEST DU GRAND FRÉDÉRIC Sfil
précis; dans ses méditations solitaires, si profondes, il avait régné son règne.
Le père avait employé sa vie à préparer les moyens du fils ; les préparatifs étaient terminés ; il n'y manquait plus rien : qu'attendait-il donc?
Le pore se cramponnait à la vie. Il aimait la royautiî, comme un artisan son métier. Justement parce qu'il Haïrait, répandue autour de lui. l'idée qu'il ne durerait guère, parce qu'il était haï et devinait l'empressement de ses peuples à saluer une Ère nouvelle, il était jaloux de son fils jusqu'à la souffrance. Un soir du mois de janvier i740, quel(|ucs mois avant sa mort, il avait convoqué à la tabagie les généraux et les colonels de la garnison de Ber lin. Il était de bonne humeur et prenait part à la conversation qui était fort animée. Tout à coup, entra le prince royal, qui arrivait de Ruppin, où il avait été voir son régiment. L'assistance, d'un mouvement unanime, se leva, mais c'était une règle de la tabagie que personne ne se levât même pour le roi. !■ Asseyez-vous, au nom du diable! » commanda le roi, qui sortit en criant des injures à ces adorateurs du soleil levant. Arrivé dans sa chambre, il envoya l'ordre à la compagnie de sortir du chAteau et de n'y plus reparaître. Il y avait là des hommes considérables, comme le duc de Ilolstein et le général Schwérin, qui firent porter au roi les protestations de leur attachement à sa personne et l'assurance qu'on avait été fort éloigné de vouloir manquer à sa majesté par ce mouvement involontaire qui avait suivi l'entrée du prince royal. A cet humble message, le roi répondit par l'ordre de se retirer sans tarder;
sinon il (rouvorait bien les nioyens de fairo place netU Quelques jour après, en pardonnant au duc de Holsloia^ il lui dil qu'il ne devait pas s'imaginer, parce qu'il lîlait prince, que sa Wte ne volerait pas comme celle d'un particulier, s'il continuait k adorer le soictl levant. Toute celle semaine, il parla de faire voler des tôles, i< comme des carottes ». Quant au prince royal, il lui tint rigueur; par moments, il l'appelait Sire, el Votre Majesté, en ajoutant : i< Mais encore un peu de patience. » Et, sans doute, dans ces moracnls-là, sa figurcn'élait pas douce à* regarder.