‹ Le Grand Frédéric avant l'avènementChapitre 49 sur 64 · LES PREMIERS ACTES · texte numérisé non relu

LES PREMIERS ACTES

La reine Ëlisabolh fut à peu près la soute victime de l'av&neii]eDl. Des serviteurs du roi défunt, dont la disgrâce était attendue par tous et par eux-mêmes, s'étonnèrent de demeurer en place. Des amis du roi, et des plus intimes, les compagnons de la vie de Rheinsberg furent surpris de ne pas tout de suite monter aux grands honneurs. C'est, dit un d'eux, la journée des Dupes. Avec une merveilleuse sûreté de conduite, Frédéric mit chacun en son juste lieu. A son ancien maiire. Duhan de Jandun, qui avait soulîert de la colère du roi ; k Kait. cet officier, complice autrefois de son projet de fuite, et qui s'était sauvé en Angleterre, il témoigna de la bonté, dans la mesure qui convenait. Il appela ceux de ses amis qui se trouvaient loin de lui, par des billets charmants : ic Mon sort est chauffé, mon cher, ne mo faîtes pas languir, » Mais, on récompense de leur amitié, il ne leur offrait que la sienne, Bielfeld a bien fait de ramassci sa petite monnaie dans la chambre de Rheinsberg; s'il eût atlenilu la pluie de ducats prédite par Knobelsdorf, il se fût trouvé pris au dépourvu. Les ducats de Frédéric H, pas plus ijue ceux de Frédéric-Guillaume, ne tomberont du ciel; le cours ne sera point interrompu dos années de pécuniaire sécheresse. Mais Biolfeld attondail au moins des honneurs ; quand le roi lui eut dit tju'il le destinait aux alfaires étrangères, il r<>va d'une

ambassade; mais sa majesté ajouta que ces affaires demandaient une routine et un apprentissage, et qu'à cet effet il l'avait choisi pour accompagner M. de Truchsess, dans la mission diplomatique que celui-ci allait remplir à Hanovre. C'est commencer bien petitement, dit le pauvre Bielfeld, mais il ne méritait pas, et il n'eut pas davantage. Il était jaloux de Téclatante faveur de Keyserlingk, qui avait les airs d'un grand favori. Sur les portes de son appartement, le roi avait écrit de sa main le petit nom d'amitié qu'il lui avait donné : Césarion. On voyait partout Césarion, dans le château, dans les jardins, voltigeant avec un petit flageolet d'ambre à la boutonnière, chantant, riant, badinant, récitant des vers, qui coulaient en torrents de « son Hippocrène débordée ». Son appartement ne désemplissait pas ; il recevait par jour cinquante lettres de félicitations ou d'affaires, auxquelles répondaient ses secrétaires. Si bien qu'il trouva tout naturel de parler un jour d'affaires avec le roi et de risquer des avis : « Ecoule, Keyserlingk, lui dit le roi, tu es un brave garçon, j'aime à t'entendre chanter et rire, mais tes conseils sont d un fou. » Césarion dut se contenter d'une promotion dans l'armée ; encore ne l'aurai l-il pas obtenue, si le roi n'avait pas jugé qu'il la méritât. Frédéric n'avait pas le droit de disposer en faveur de ses amis de l'argent ni des honneurs appartenant au roi de Prusse.

Avec la même régularité que jadis, la machine fonctionnait. MM. les ministres auraient bien voulu se réunir en conseil, et y délibérer sous la présidence de sa miajesté, mais Frédéric aimait moins encore que son père les discours et les débats. Il déclara qu'il s'en voulait tenir aux

LK «BAS» ra£*ÉSIC ATAKT LA VÊ<(EUE-\T

. Les minisbcs loi fireot leurs rapporta et knn prafositioas; 3 y répoDdit. comme avait fail MM p^R* rt ses oHtcs forent mm^iUis, à la suite de ccax de Fr^'ii^rir fî«ill»nT. ser 1« p^» registre, où on lit, à la date <hi 1" joifl 17M : ■> Ici Sa Royale Majoi Frédéric roi de Prs«s#, a commeocé de signer. >> Et ordres furent dooiiés do même style que ceux du pèi MM. les ministres trourèrenl sur le ^^ros registre, le mi mtaie de l'aTènement, en regard d'une de leurs pro] silînns. cette réponse : - Lorsque tes ministres raisonncni des n^ociatious, ils sont d'babites gens; mais lorsqu'ils parlent Je la guerre, c'est comme quauJ uu Iroquots parle de l'astronomie >.

Ainsi, point de viclimes. point de favoris, point noureaulés dans le r^me. Qu'y a-t-U donc de cbsnj Rien et tout.

Se succèdent : l'abolition de la torture; la suppressi des dispenses ecclésiastiques pour mariages entre parei éloignés; la déclaration que, dans les États du roi Prusse, chacun est libre de faire son salul comme il 1' tend; la tenue solennelle d'une loge maçonnique oii majesté elle-même occujh* la eliaire; le rappel de \V< exilé, et doni le retour semble à Frédéric une conqut^te dans le pays de la vérité; la restauration de l'Académie des sciences; l'appel à S'Gravesaude, k Eulnr, à Mau tuis, que Frédéric supplie u d'enter sur ce sauvi d'académie la greffe des sciences afin qu'elle fleurisse les offres b des peintres, à des musiciens, à des comédien» et àdcs chanteurs, •< afin de recueillir à Berlin toi ce que lo sii-clo a de fameux >■ ; l'interdiction des raauvt

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L'AVfcNEMENT DU GRAND FRÉDÉRIC 291

traitements infligés aux soldats, des brimades de casernes, des violences dans le recrutement, et cet ordre aux généraux de renoncer à la dureté, à l'avarice, à l'orgueil, attendu qu'un brave soldat doit être humain ; la suppression de la contrainte à bâtir, qui ruina tant de bourgeois à Berlin; le massacre en masse des cerfs des chasses royales, et la conversion de terrains de chasse en prairies et terres de labour ; la préférence donnée pour l'adjudication d'un fermage à celui des concurrents qui se contentera des redevances en argent, sans exiger des paysans de ceux-ci aucuns services de corps, etc., etc. Et tout cela, c'est l'esprit du temps, l'esprit du siècle « éclairé »; c'est la lumière entrant tout à coup dans la sombre officine de la force prussienne et y éclatant, très vive et comme impatiente.

Le caractère même de l'institution royale semble changé. Le feu roi avait gouverné le royaume comme on exploite un domaine; il était un propriétaire en perpétuelle contestation avec les fermiers, ses sujets, rusant avec eux, comme il croyait que toujours ils rusaient avec lui. Le pays était d'un côté, le roi de l'autre, l'un et l'autre chicanant et luttant à qui ferait ses afl'aires au mieux. Le surlendemain de l'avènement, Frédéric donna aux ministres assemblés une petite leçon de philosophie politique : « Vous avez mis- jusqu'ici de la difl'érence entre les intérêts du maître et ceux de son pays; vous avez cru faire votre devoir en ne vous appliquant qu'à bien veiller aux premiers, sans songer aux autres. Je ne vous en blâme pas, sachant que le roi défunt avait ses raisons de ne pas le désapprouver, mais j'ai les miennes

m LE GBASD PKÉDÉIUC AVANT LAVÈNEMENT

pour penser aulrpmcnt là-dessus. Je crois que l'inlôrêt de m«B Klats est aussi le raicn, el que je n'en peux avoir qui soit contraire au leur. Ccsl pourquoi ne faite?* plus cctl« si^paralion, et soye?. avertis une fois pour toutes que je ne crois de mon iolérèl que ce qui peut contribuer au «oulagpmenl et a» bonheur de mes peuples. »

VoiU pnys el roi confondus en cet àlrc de raison, i'Klat. Cnnsi^queni avec son principe, Frédéric condamne les fantaisies que soo père s'était permises, en vertu de ses principes h lui. Un <^lre personnel et passionnel, romme Frédéric-liuillaume, pouvait avoir d'énormes caprices, la passion de lu chasse, la passion des fouB de cour, !n ruineuse munie des recrues géantes; un être de raison se les devait interdire. C'est pourquoi les cerfs ont été massacrés; l'ordre qu'avait donné Frédéric-fiuillaume 6 l'Académie de prélever sur ses maigres revenus deux eenU Ihalers pour les fous de sa majesté, est révoqu<(; il n'y aura plus à la cour d'autres fous que ceux qui donneront au roî, comme Keyserlingk, des conseils qu'il 110 li'iir lii'tiKuiiic pas. V.l le rr-j-lmcnt des géants fut li- .•oiicii', lO ri'^imenl que Frédéiic-f^uillaumc aima plus .jnaiiiiiu roi di' l'"r;ince n'aima jamais une maîtresse, el ,liii lui ioi\ta (iro-ii]iu' aussi cher qu'une maîtresse au roi

toi .^liv lio rnisiui, j;ouvenic par la raison froide, est n^ l'ioti'. >:in'i pilié ponr In poésie du passé. Frédéric » )>;i* nii^nio eu l'idée de se faire couronner à Kœnigsvt;, ln.'u iMiteiidu: il ne donne pas dans « la supersti- M .U' riuiili' sain le: il se rond îi la ville royale, en plus mi;iv etiuipii^o oncoiv que n'avait fait son père, trois

voitures en tout; dans sa voiture, AlgaroUi et Keyserlingk lui tenaient compagnie; il philosophait avec le premier, plaisantait avec le second, et il brûlait la route, refusant les entrées solennelles, les fêtes, les discours, et toute la pompe des inutilités magnifiques. Le royaume avait de vénérables privilèges qui remontaient au temps de Tordre teutonique. C'était, à chaque avènement, matière à discussion sans fin, à notes et contre-notes, répliques, dupliques et tripliques. Mais tout se passa très simplement; le maître réclama Thommage en sa qualité de maître et il le reçut comme il le demandait. Sur les médailles frappées à l'occasion de Thommage, le titre de roi de Prusse, rex Borussiœ^ était changé en celui de roi des Prussiens, rex Borussorum, Frédéric ne voulait pas même reconnaître qu'il régnât par la grâce de Dieu; il s'intitula roi par naissance, Rex naliirâ.

Les Prussiens étaient substitués à la Prusse, Yimperiiim exercé par un homme sur des hommes à la propriété d'une terre, le droit réel et positif au droit idéal; la monarchie moderne succédait à la monarchie féodale.

Toute simple aussi fut la cérémonie de l'hommage des états de Brandebourg; on n'y vit paraître ni le chapeau d'électeur, ni le bâton d'archichambellan de l'empire. Vieux objets à mettre dans un musée de curiosités, ce chapeau et ce bâton! Le roi des Prussiens ne regardait pas dans la vieille histoire de l'empire : il regardait dans le réel ; il voyait vrai. Electeur du saint empire, quelle misère ! Archichambellan, quelle drôlerie ! Son père, dans sa dernière conversation politique, lui recom-

mandait 1« resfwc-t. dn ■ eb«f ie l'iraptR ■. O ^«e Frédéric II pramil du cbrf de l>mptre. les naîsires rapprirent par la soit« d« la oole nur^tBak Dâ Us 4l >i^nt trailif* d'IfKjuots : * L'nDpnrtir est le tWox fanlAine d'une idole qai araît dn ponvotr aolrerot': et qui ^tail pui9Mnle, mais qoi n'est plos rien i présent; c'était un homme robuste, mais les Français el les Turcs lui »at donn^ la v.... et il est 6nem<

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O rejeton d'une lieitle race arriTsit au pouToîr avec la pleine liberté d*esprit d'un homme nonreau. et une meneilleuse Traklieur de force?. Il régnait avec allégresse. Ses lettres, ses billets et ses notes Irabissenl sa joie intime. La grandeur et la diversité de ses occupalion9 l'amu^nt : « Adieu, écrit-il à Jordan. Je vais écrire au roi de France, composer un soto, faire des vers à Voilaire^citaoger les règlementsderarméeel faire encore cent choses de cette espèce. " Avec Vollatre, il conlinae (II' jouer |p philosophe, ri^grcttanl sa liberté de suivre sa faiiljiiï^if, '\<: (loii'-er. de rOvcr et J'écriro. Il plaisanto nii'iiit; sur son avènement : .■ J'étais en train de composer iHH' rpitro sur les abus de la mode et do la coulumo, lorsipir la pimliime de la projfénilure m obligea do monter iiir 11' Irônc >■; mais eii même temps il énumtîraît ses lalii'iiis ;MiM|iirls ne snffil pas lejonr : » Je travaille des deii\ niiiin-», d'nii rùti- à rarni(''e, de l'aiilre au peuple el )iii\ lii'iiiix iii(s... Ji' suis à la veille d'un enterrement (l'i'liii d<i M.in pi'-n-l, iFimi' iiu^'iiieulafion de troupes, de \wn\ iiji .!.■ \<i\iin.'s. " Kl it fiiisiiil le tableau très vif

Il a la fièvre en effet presque constamment, et il la promène avec lui :

La fièvre et moi, nous voyageons ensemble...

A peine arrivé de Kœnigsberg, il se met en route vers le Rhin, avec l'intention de pousser plus loin, jusqu'à Paris peut-être ; mais il s'en tient à la gaminerie de la visite incognito à Strasbourg. A Wesel, il reçoit.Voltaire, Alors, il est content : « J'ai vu deux choses qui m'ont toujours tenu au cœur, savoir : Voltaire elles troupes françaises ». Il est content, parce que la visite à Strasbourg Ta désenchanté de la France; les officiers et Monsieur le maréchal gouverneur lui ont paru très ridicules, et il se donna le plaisir d'envoyer à Voltaire une méchante satire contre nous, contre

Le peuple fou, brusque et galant,

Chansonnier insupportable,

Superbe en sa fortune, en son malheur rampant.

D'un bavardage impitoyable

Pour cacher le creux d'un esprit ignorant.

11 est content encore, parce que ce Voltaire admirable, ce Cicéron, ce Pline, cet Agrippa, cette gloire du siècle et de la France, lui a envoyé le compte des frais de sa visite, un compte d'apothicaire, 1,300 écus, ce qui meta 530 écus chacune des journées par lui passées à Wesel : « Jamais boulfon de grand seigneur, écrit Frédéric, n'eut de pareils gages. » C'est pour les âmes dures des pessimistes un si doux plaisir que l'amer plaisir de mépriser autrui ! Enfin, à Wesel encore, il a préparé un esclandre à M. de Liège. M. l'évoque de Liège était en contestation avec le

roi do l'russ*. au sujet de droits qu'il prétendait pxorcor dans la !>r>ignGui'io de [lerslnll. c|iie Krédt^ric-GuiMaunic avait h<?rittV. Depuiti des amitiés, TuffairH traînait; lo^ [tièccs fi'entaitsuîpnt dans Ion dot>^iprs à Li^ge, î( lii-iis<>l)e>i. H ViPiiin'; à Berlin, elle» remplisiMdent vingt volume». Le jirocùfi ('tait si cuu]pli(|u^ <)u'il aurait dur<> des siècleti, si un jour, M. Itambonnet, conseiller secret dt* S. M. le roi de Prusse, ne sV'laît pn^sent»? cheji M. de Li^ge et op l'avait prii' deluï donner une r<^po»sc satisfaisante dans les quurantc-buit heures. Quaranle-huit heures! sVcria M. rie Litgo. Mais je n'aurai pas le temps de consulter me<> ronseillers. Je suis prince de l'empire. Jamais on n'a vu Imiter un prince de l'empire de colle façon !. , . Q uaraiileliuit heures après, douze compagnies de grenadiers et nu escadron de dragons pënt^traient dans l'Etat de Liège, y levaient des contribnlions sur les biens de Monseigneui" et s'inslalJaieQt comme chez eux. Celle façon de se farrc justice h soi-m^me scandalisa l'empire, l'empereur et l'Europe, mais it plaisait it FVédéric de montrer qu'il ne [KTincllail p;is (|u"()u m('[insiU su puissance, ot aussi d'otoiini'r le momie, et de lire " son nom dans les ga/.oltes >■, (■'était le commencement de la gloire.

IVtur s'élever à la vrai gloire, il comptait sur une des tieux occasions depuis longtemps attendues, la mort de ri'dectenr palatin on la mort de l'empereur. L'une lui serait aussi bonne que l'autre ; il (?tail ri^solu à saisir la première qui se présenterait. Depuis la seconde semaine après son avènement, il négociait avec l'I-àirope entière. Presque en même temps partirent de llerlin. munis d'ins- Iruelions secrètes, trois ambassadeurs, tous les trois co-

lonels, le colonel de Miinchow pour Vienne, le colonel de Camas pour Paris, le colonel comte de Truchsess pour Hanovre, où était le roi d'Angleterre. C'est sans doute pour l'acquit de sa conscience (|u'il faisait valoir k Vienne le mérite et la nécessité d'une alliance comme la sienne. 11 n'espérait pas que l'orgueilleuse maison voulût s'abaisser à reconnaître qu'elle avait besoin de lui; l'eût-elle fait, il aurait mis à ses services un prix inacceptable. Depuis longtemps, il considérait l'Autriche comme sa carrière.

Assuré ([u'il élait d'une gueiTe inévitable et prochaine enire la France et l'Angleterre, il était certain de s'entendre avec l'une ou avec l'autre. Il avait plus de penchant pour la France, qui pouvait lui Hrc plus utile, mais aucun préjugé en sa faveur. Il s'offrit donc aux deux rivales en mémo temps. « J'envoie Truchsess à Hanovre, ditil à Camas dans l'instruction secrète. 11 doit tenir en échec la politique du Cardinal et vous parlerez de Truchsess comme d'un homme que j'estime beaucoup, et qui a le secret, afin que, pour ne pas me laisser échapper des mains, on me fasse de meilleures offres qu'au roi mon père. » — « Vous ferez beaucoup valoir l'envoi de Clamas en France, dit-il h Truchsess dans Tinstruction secrète. Vous direz avec un air de jalousie que c'est un de mes intimes, qu'il possède ma confiance et qu'il ne va pas en France pour enfiler des perles. » Et pendant la négociation, il avertit Camas des bonnes dispositions des Anglais, Truchsess de la bonne volonté de la France. II mettait aux enchères sa force et son génie, avec une effronterie joyeuse. A ce moment-là il écrivait à Algarotti que.

lU'itm-siiiiê cummc auteur ^ieV Anei-MacAim<e/, après aïoir ^ti> d^nis^ué i Strasbourg comme cumie Uufour, il voyait bien qu'il était né pour Mrc dt'couvert. et U c«ncliuùt : - Il u'y a plus tic rest^ource pour moi que. ilans on fitiiJf inirpuisahlc «l'etTrunlcric. »

(>))m<)aDl lei vieille» puistiances écoutaient très pruti(<iiimenl li>^ avances de celle jeune puissance ol de t-o j««ie baname. Soit! Jit-il. ■< Le temps et les conjonctures fom feront p4>ut>4tr«^ changer d'a%'ii«. » Il avait annonce!. kTmnl «m «vineraeDl. (ju'il commencerait par un graiiJ c^Hip. Il le rtîptMail. k présent qu'il i^lail roi. » Parle/, ^ntait41 à Ijuua*. Je ma façon lie penser vive el impé- (uen^o : vuuf pituvez dire qu'il csl à craindre que l'au^ueuUUiHt Je me» troupes ne produise un feu qui mette llBOMMlie Jait» toute l'Europo: que le caract;>re des Jewmgeos est J'tHre eutropreiiaatetqtie les idées d'htlmHae tronltleut et ont troublé dans le monde le repos J'imt* înlinil^ Je ppuplvs. " Il au^entaït en effet ses fori-i'-. nu'.Iitait Jo-^ pl;ni^ iK' oampafrnc en vue de telle ou 1,-lh- o.>iiji.iu-tni.\ cali-nlait. [>i',-voyiHt et pr<^<lis!iil.

l.'aiiloiiitit' \oiiii. il \^'iiliit l'i'M'ir Hhciufberg: el so n'iMi;iioi' " une diTuiiTi' foi* dans sa cIiLto solitude. Un oliri'. nn cunnier arriva au châleau, u' et iViui'' gramle nouvi'llr. Le roi îicrô- do lii'vre: apr^s avoir hêsilé un iiiniin'nl. nn -li' sf< ofliriors ontra dans la chambre on il rtail cniroln' cl lui leiiilit la ilé|HH-Iie. Sans dire un mot ni niaiiit'csti'i' li-rnolion la plus pelite. le roi de Prusse apprit la mort do l'eniiioronr Dliarlos VI. Pourquoi se serait-il énui? l.omnie il ou avait l'Iiabilude dau?i les grandes cir-

UKriiii do la tin d'o' l^^rtoiir .l'uiio dopo olaitoiiproio;. un;

constances, il écrit à Voltaire un peu solennellement que celte mort, c'est « le rocher détaché qui roule sur la ligure des quatre métaux que vit Nabuchodonosor et qui les détruisit tous.., » mais à son ami Algarotti, il disait : « Une bagatelle comme la mort de l'empereur ne demande pas de grands mouvements. Tout était prévu, tout était arrangé... » Et cinq semaines après, comme il l'avait prévu et arrangé, hardi comme un héros, tranquille comme un philosophe, le roi de Prusse incendiait l'Europe*.

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