AVIS
La correspondance des ministres de France à Berlin avec le cabinet de Versailles conservée aux archives de notre ministère des affaires étrangères, est tiès curieuse jiour la période du règne de Frédéric-Guillaume I*'. Toutes les affaires de l'Europe y paraissent, n'y en ayant aucune qui ne touche directement ou indirectement la Prusse. Elle explique comment s'est formée, par la complexité des intérêts et, pour ainsi dire, par Tubiquité des inquiétudes, l'esprit politique prussien. Elle éclaire vivement la personnalité du roi, et renseigne abondamment sur le prince royal. JVn donne ici quelques extraits propres à montrer la manière dont le roi et ses ministres traitaient les affaires, et à donner une idée des appréciations portées sur le prince royal.
PREMIÈRE RÉCEPTION DE LA CHÉTARDIE PAR LE ROI DE PRUSSE. (Dépt^che de la Chétardie du 23 août 1732, t. 93).
Je me rendis chez le Hoi le jeudi matin. Je lui remis ma lettre de créance : il me marqua être fort touché de la nouvelle assurance de Tamitié de Sa Majesté, et pour mon personnel il me parla d'une façon très obligeante. Ensuite il ren-
APPKNUICE
tra dans son cabiiiel Il me fïl dire pur M. de Pudevî(!(
rester & dîner. Je demeurai cl pendant Irois grandes tie' que dura le repas et oi'i la Reine, les princes el les prince étaient, il me fil toujours l'honneur de m'adresser la pai me questionnant sur luules sortes de sujuts auxquel répondis précisément et si exactement qu'à peine Irauvi le moment de manger un morceau ; encore fullat-il fourn quelques rasades qui vinrent A la traverse.
itien ue ressemble à la conversaLlou du roi de l^ui pendant tout ce temps que dura le dîner, sautant de bran en branche et sans aucune suite de discours, il Tallut rt'pondre sur le détail de nos troupes el leur discipline, la Ta^'on dont étaient nos camps de paix, sur le gibiei France, sur le vin de Champagne, quel 4ge j'avais, qi étaient à présent nos maréchaux de France; il voulait qui lisse d'avance la promotion de ceux qui les remplacerait de là retombant sur Ma)i;debourg ', il me demanda par ot l'iittaquerais. J'en parlai comme d'une place des plus resj tables de l'Europe; mais je ne pus éluder et il fallut p noncer. Comme je ne me trompai point sur l'endroit le [ faible, cela joint à ce qu'on lui avait dit de moi, il nae ci un très habile ingénieur el rien ne peut l'en dissuader veut même que je voie Stettin avec lui et que je lui dise n sentiment. Il passa de lu k lu constitution * et voulait absi ment que je fusse janséniste ou molinîste. Mais voici ce q nie demanda de plus essentiel et sur quoi je désire v rapporter les réponses que j'y fis : « Ofi en sont les alTal du Parlement, ■> me dit-il ' ? Cela n'a pas laissé de m'emfa
la (lépi^cbe suivante.