‹ Le grand frèreChapitre 14 sur 84 · LA SUCCESSION DU PÈRE DUPONT · texte numérisé non relu

LA SUCCESSION DU PÈRE DUPONT

— Ah ! laisse-moi tranquille ! répondit M"'^\ubert toute courroucée... Je sais ce que j'ai à faire !... Et puis, tenez! ajouta-l-elle brutalement, j'ai assez de vous !... Il y a longtemps que j'aurais dû vous mettre à la porte... Cette fois, c'est la dernière et la bonne... Vous allez méprendre vos quatre bardes et me tourner les talons!... Vous irez où vous voudrez!... Je ne vous veux plus cbez moi !...

— Mais, ma tante, comment voulez-vous que nous fassions? répliqua timidement Louis, les yeux pleins de larmes.

— Vous ferez comme vous pourrez !... J'ai assez de vous !... Vous me coûtez trop cher !... Vous me brisez tout!...

Rouge de colère, les traits contractés, la figure grimaçante, elle monta de ce pas dans la chambre, ouvrit les tiroirs, ramassa en un seul paquet les affaires de ses neveux, descendit prendre dans la huche la moitié de pain qu'elle y trouva, et nouant le tout dans une grDsse toile :

— Tenez! voilà vos affaires!... leur cria-t-elle, en jetant le paquet sur l'herbe de la cour. Allez gagner votre vie, mes pelits !... Et que ma bénédiction vous accompagne !...

11 n'y avait pas d'autre résolution à prendre; il fallait partir.

Les deux enfants ramassèrent le paquet, dirent adieu à leur tante, à leurs cousins accourus au bruit de la scène, et, sans trop savoir où ils allaient, les yeux rouges et le cœur tout meurtri, ils quittèrent la ferme...

Page 1