AVEZ-VOUS DES « RETOURS > A VENDRE
— Viens vite ! . . Voici une dame qui ne retourne pas ! . . A ces mots, le jeune Dupont accourut d'un bond.
— Où donc ? Où donc ? cria-t-il.
— Ici ; liens ! celle dame veut bien te vendre son billet.
— Vraiment, vous voulez bien, madame? reprit Louis, dans un état de surexcitation extrême.
— OUI ma foi oui, répondit la grosse normande, devant laquelle il se tenait arrêté, autant le vendre que le donner... Voyons, combien cela vaut-il?
— Bah ! cinquante sous ! fit Pied-léger d'un air dédaigneux.
— Prenez-le pour cinquante sous ! dit la dame.
Rouge de bonheur, Louis soi'tit son argent et conclut le marché.
— Ah! s'écria le jeune Dupont en brandissant son billet!.. .Je le tiens !.. maintenant, il n'y a plus qu'à attendre Julien...
— Pourvu qu'il ne te fasse pas manquer le train !
C'est qu'en effet ce danger les menaçait de près. Il était déjà trois heures, trois quarts ; et le départ devait avoir lieu à quatre heures moins dix, soit dix minutes plus tard, en tenant compte de la différence de l'horloge extérieure qui avance toujours de cinq minutes sur l'intérieur. Cette perplexité, cette angoisse empoisonnait déjà son bonheur...
— Nous allons manquer ! murmura Louis ; si j'allais au-devant de lui?
— Mais non, c'est bien inutile, reste plutôt ici.. Seulement, tu sais, mon ami, ajouta Pied-léger, comme je tiens absolument à retourner à Paris, si dans cinq minutes ton frère n'esf pas revenu, jeté laisse...
Louis piétinait de dépit. Il lui semblait qu'un siècle s'était écoulé déjà depuis le départ de Julien. Les salles d'altentes se désemplissaient. Les voyageurs stationnaient tons sur le (juai de la gare. Deux minutes à peine les séparaient de l'heure décisive.
— Eh bien, adieu, dit Pied-léger, après une nouvelle attente, je suis bien fâché ; mais je ne puis rester davantage, le liain va èlre là.
Il eut à peine achevé qu'un coup de sifflet retentit qui lit pâlir Louis. Son camarade lui serrait déjà la main en signe d'adieu... Soudain, ils entendirent un bruit précipité de pas et virent paraître Julien qui arrivait en nage, sous la charge de son paquet:
— Ah! le voici!... le voici! crièrent-ils en même temps !... Allons, dépêche-toi!... traversons par là!...
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Julien voiilul essayer d'expliquer la cause de son retard ; mais il élai liop essouftlé et d'ailleurs il ne fallait pas perdre une miuule. Pied- L.'ger et Louis leulraînèi-ent sur la voie. D'un bond, il s'élancèrent vers le compartiment le plus voisin et y montèrent.
11 n'était que temps!...
Une seconde plus tard, l'employé fermait les portières; un nouveau coup de siftlet retentissait et le train paitait...