‹ Le grand frèreChapitre 47 sur 84 · UN DINER DE LUCULLUS · texte numérisé non relu

UN DINER DE LUCULLUS

Être logés gratuitement chez le concierge de la rue aux Ours, c'était pour les deux frères une véritable aubaine; mais accepter cette faveur dans les conditions oii se trouvaient Louis et Julien Dupont, en ayant pour soi le coucierge de la maison et contre soi la sœur du concierge^ c'était s'exposer à ne pas jouir longtemps de cette hospitalité. Aussi, conçoit-on la réserve que mirent les protégés de M. Gaspard à en profiter. D fallait avant tout se faire remarquer le moins possible de M^'" Adélaïde^ éviter sa présence, ne pas être bruyants dans l'escalier; enfin, passer complètement inaperçus. Leur séjour dans le cabinet ne semblait devoir être possible qu'à ce prix.

Les deux orphelins, s'étant bien pénétrés de cette nécessité, suivirent cette ligne de conduite dès le premier soir, en se faufilant vite dans le couloir, lorsqu'ils rentrèrent pour se coucher. Le pire des désagréments était d'avoir à passer et à repasser chaque jour devant la loge. Mais ils parvinrent promplement à éviter la rencontre de M'" Gaspard. Le matin, ils descendaient sur la pointe des pieds, à la première heure. Arrivés au dernier étage, ils regardaient anxieusement dans la cage de l'escalier pour savoir si la concierge était là. Lorsqu'ils ne la voyaient

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