‹ Le grand frèreChapitre 5 sur 84 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Rien n'est plus gai qu'un réveil à la ferme, surtout si la journée s'annonce belle. Ces rayons de soleil qui entrent comme des flèches d'or par la fente des volets mal clos ; ce chant des coqs qui se répondent d'une basse-cour à l'autre, au milieu de Tanimation matinale el des parfums d'herbe fraîche ; ce ramage d'oiseaux éparpillés qui jettent dans l'air mille notes joyeuses ; tout cela vous inspire une douce gaieté et semble mettre sur les choses qui vous entourent comme un aspect de belle humeur.

Ce fut avec ces agréables dispositions que le père Dui>ont et ses deux fils se réveillèrent le lendemain, vers six heures. Le brave paysan, ayant conservé pour dormir une partie de ses vêlements, fut vite sur pied. Louis et Julien se butèrent aussi de s'habiller et, après une toilette rapide, faite sous les larges ablutions de la cruche de grès, ils quittèrent tou^^ les trois le cabinet. La chambre de Madame Aubert était vide.

Grande fut la joie de Louis et de Julien en revoyant leurs jeunes cousins. Ils les trouvèrent dans un coin de la basse-cour, occupés, en attendant leur réveil, à distribuer à la volaille sa ration du matin.

— Ali ! vous voilà! Bonjour! cria Armand, un bon gros garçon de dix ans, en apercevant les deux frères.

— Bonjour, Armand !

— Bonjour, Edouard !

— Tiens ! Louis !

— Ah ! voici Julien !...

Après ces exclamations primesautières, il y eut entre les quatre cousins un peu de gène mutuelle, comme il en existe entre enfants qui ne se sont pas revus depuis longtemps ; mais leur embarras fut bientôt passé, et, comme aucun d'eux n'était timide, l'intimité se rétablit promptement.

— Dis donc, Julien, lui demanda Edouard, petit espiègle de neuf ans environ, comment se fait-il qu'on ne vous ait pas vus, hier soir?

— Parce que nous sommes arrivés tard.

— A quelle heure ?

— Je ne sais pas ; il faisait nuit.

— Vous avez passé dans la chambre pour aller vous coucher?

— Oui.

— Il fallait nous réveiller!

— Papa a dit que vous dormiez trop bien.

— Ou'cst-ce que (;a faisait? nous aurions causé. — Alors, vous allez rester toujours avec nous?

— (tui.

— N ous avez apporté vos affaires?

— Elles sont dans notre chambre.

— Nous nous amuserons, n'est ce pas?

— Il faudra tâcher, dit Louis.

— Vous avez toujours le vieux cheval blanc?

— Il est à l'écurie ; voulez-vous le voir ?

— Avec plaisir.

— C'est cela, nous allons monter dessus ! cria Edouard. Maman dit qu'il a dix huit ans; mais il est bon tout de même...

Armand déposa à terre sa mesure de grain, sur laquelle toute la volaille s'abattit, et courut, ainsi que son frère et ses cousins, jusqu'à l'écurie. En les voyant entrer d'une manière aussi précipitée, le cheval blanc tourna la tête et les regarda de ses grands yeux clairs, tout brouillés de vieillesse.

— Allons, hue ! Flageolet ! s'écria Edouard, en lui donnant une tape sur la croupe, pour le faire changer de place et pour arriver jusqu'au râtelier.

— Oh ! il est maigre ! remarqua Louis.

— Ça ne fait rien, il est bon tout de même, dit Armand avec une sorte d'orgueil ; n'est-ce pas mon gros coco ?.. .

La longe détachée, Edouard fit sortir le cheval de l'écurie, et, donnant l'exemple, grimpa sur le dos de l'animal, en disant à ses cousins :

— 3Ionte, Louis !... Monte, Julien !...

Julien accepta la proposition sans hésiter et monta sur Flageolet. Mais Louis, trouvant la charge suffisante, déclina l'offre d'Edouard.

— Allez, en route !... cria Armand.

En même temps, il tira le licou du vieux cheval, qui se mit péniblement en marche, comme une bête dont les jambes seraient tout engourdies.

— Allez ! hue ! Flageolet.

— Hue!... Hue donc! répéta Julien, à cheval derrière son cousin. L'animal s'avança ainsi dans la basse-cour ; mais il n'eut pas fait

dix pas que tante Gervaise, occupée à parler avec son beau-frère, cria sur un ton de reproche, en apercevant Flageolet :

— Qu'est-ce que c'est ?... Qn'est-ce que c'est que ça? Ah! vous n'allez pas commencer à faire déjà les polissons, j'imagine?... Rentrezmoi tout de suite le cheval à l'écurie !...

— C'était pour nous amuser, dit Julien avec embarras.

— On ne s'amuse pas avec les bêtes !.. Voyez-vous çà?Deuxà la fois sur ce pauvre animal?... Et puis, mes petits, si vous venez ici pour

mettre tout sens dessus dessous, nous ne ferons pas bon' ménage. N'est-ce pas. Dupont?

Le paysan ne voulut pas donner un démenti à sa belle-sœur et répondit :

— Sans doute, sans doute !... Rentrez le cbeval, mes amis. Seulement, à part lui, il trouva tante Gervaise un peu sévère.

Ce l'ut aussi Tavi- des enfants, qui reconduisirent Flageolet à son écuiie en murmura ni ;

— Oli ! maman est toujours comme ça ; dès qu'on veut un peu s'amuser, elle vous gronde.

— C'est qu'aussi on aurait pu clioisir un autre jeu, fit observer Louis avec justesse.

Il eut à peine achevé que sa tante revint sur ses pas et dit :

— Au lieu de t'amuser à des bêtises, tu ferais mieux, Armand, de donner à manger à la volaille. Tiens !... Tiens !... regarde un peu : Ja voilà toute qui piétine dans la mesure.. Est-il permis d'avoir de grands fils de dix ans qui soient des paresseux pareils!...

Armand, voyant sa mère de mauvaise humeur, ne se le fit pas répéter, et courut reprendre sa mesure de grain ; mais il arriva juste au moment où les bêtes venaient de la vider; de sorte qu'il revint aider son frère et ses cousins à rattacher le cheval, pendant que tante Gervaise rentrait à la ferme avec son beau-frère.

La porte de l'écurie refermée, les quatre enfants retournèrent à la basse-cour, où ils s'amusèrent à regarder la volaille ; l'observation qu'ils venaient de s'attirer refroidissait un peu leur cnlhousiasme.

— Est-ce qu'elle vous gronde souvent, tante Gervaise? demanda Julien.

Edouard, à qui s'adressait cette question, n'y répondit pas ouvertement ; mais il échangea avec son frère un regard expressif qui semblait dire : Si elle ne faisait que nous gronder, quand elle est en colère, il n'y aurait encore que demi-mal...

— On'est-ce que vous faites, toute la journée? leur dit Louis.

— Dame ! nous allons aux champs, pour arracher des pommes de terre, dans la saison ; ou pour ramasser l'herbe des lapins.

— Ça doit être amusant?

— Oh ! et puis aussi c'est dur...

— Vous n'allez pas à l'école?

— Non ; maman dit qu'elle n'a pas le temps de nous y envoyer ; estce que vous irez, vous ?

— Je ne sais pas.

— -Moi, j'aime bien mieux rester à la ferme, déclara Edouard. El puis j'aime aussi aller chercher la luzerne, pour la vache.

— Quand on prend la charrette, c'est moi qui conduis, dit Armand.

— Tu as un grand fouet?

— Oui ; tu veux le voir?

— Je veux bien !

Les enfants coururent au hangar et grimpèrent sur la charrette, où ils trouvèrent le fouet qu'ils s'amusèrent à faire claquer. Ils s'en servirent même si bruyamment, qu'en entendant ses éclats, les poules s'enfuirent tout effarouchées. Mais bientôt, ils laissèrent là le fouet et parlèrent d'autre chose.

Comme, en causant, Louis faisait tourner machinalement les chaînes de la charrette, Julien lui dit :

— Attends, lève-toi ; nous allons relever les brancards, pour faire une balançoire avec les chaînes.

— Ah ! oui ! . . . oui ! . . . répétèrent ses deux cousins, une balançoire ! . . . Louis s'écarta. Julien souleva la charrette, la fixa par devant et par derrière au moyen des deux chambrières ; puis, dès que les chaînes furent nouées ensemble par le milieu, les enfants se balancèrent à tour de rôle.

Leur amusement durait depuis un moment déjà, quand tante Gervaise, traversant la cour pour aller chercher des légumes dans son potager, aperçut ses neveux. C'était Edouard qui se trouvait alors sur la balançoire.

— Ah! çà!.. voulez-vous bien finir?... Vous allez me briser ma charrette!... cria la fermière avec emportement. Qu'est-ce qui paiera le raccommodage, quand vous m'aurez cassé les chaînes?... Armand et Edouard, si vous veniez mettre les assiettes pour la soupe, au lieu de faire des bêtises... Cela vaudrait bien mieux... Vous savez pourtant que voire oncle doit s'en retourner de bonne heure... Venez donc m'aider!... Vous avez assez joué...

Les quatre cousins, comprenant qu'il valait mieux obéir tout de suite, dénouèrent les chaînes de leur balançoire improvisée et rentrèrent à la ferme. Ils y trouvèrent le père Dupont, assis sur une chaise, auprès du foyer et attisant le feu sous la marmite de fonte noire, suspendue à la crémaillère.

22 LE GHAND FRERE

Bien qu'il eût déjà vu ses neveux dès le matin, l'oncle Dupont les attira contre lui pour les embrasser. Depuis près de deux mois, il ne les avait pas caressés; car M"" Aubert ne les amenait pas à Yalliquerville, chaque fois qu'elle y allait. Il trouva Edouard grandi et Armand phus robuste. Profilant de l'absence de la fermière, il leur recommanda d'être bien gentils, de ne pas faire de sottises, afin d'é\iter les reproches de leur mère.

— Et puis, leur dit-il, vous vous entendrez bien avec Louis et Julien,

n'est-ce pas.?

Les deux enfants qui n'avaient jamais reçu de leçons de politesse, répondirent simplement :

— Oh ! oui !.. .

— Vous ne vous battrez pas ?

— Oh ! non!...

— A la bonne heure! parce qu'ils vous aiment bien, vos cousins.

— Et nous aussi, nous les aimons, répliqua Armand. Et nous aimions bien tante Dupont. Elle nous régalait avec de bons chaussons aux pommes !..

— Ah ! ah !... vous vous en souvenez ? fit leur oncle avec émotion.

— Oh ! mais oui... nous nous en souvenons bien... C'était même joliment bon !

En rentrant avec les légum.es qu'elle était allée chercher, tante Gervaise s'attendait à voir les assiettes placées sur la table. Comme rien n'était encore préparé, elle se fâcha :

— Eh bien, fit-elle en s'adressant à ses deux fils, vous n'avez donc pas entendu? Je vous avais dit de mettre les assiettes...

— C'est moi qui les ai empêchés d'obéir, répondit leur oncle, qui essaya de s'interposer pour arrêter les reproches. Je leur demandais de leurs nouvelles.

— Ah ! si vous saviez, Dupont, comme j'ai du mal avec eux ! On aurait besoin d'être toute la journée sur leur dos. . . On ne peut rien en tirer. . .

— Mais si, mais si, fit le brave paysan... Us sont bien gentils ; seulelement, ils sont jeunes ; on n'est pas toujours sérieux quand on est jeune...

— Enfin, poursuivit la fermière, qui décidément était de bien mauvaise humeur, je ne conseille ni à Louis, ni à Julien de prendre modèle sur eux...

Les deux frères se regardèrent et répondirent :

— Nous serons bien obéissants.

— A cette condition, tout ira pour le mieux.

La soupe étant prête, M'"' Auberl alla chercher elle-même des assiettes dans un placard et mit le couvert. Elle plaça également sur la table le fromage et le raisiné de la veille Jamais, le repas du matin n'était aussi copieux; il ne se composait ordinairement que de la soupe. Mais, cette fois, tante Gervaise le transformait en une sorte de déjeuner dînatoire, cà cause du père Dupont qui ne pouvait pas attendre midi pour «^epartir, et qui devait prendre une nourriture substantielle, avant de se mettre en route.

Quand tout le monde se fut assis à table, M""* Aubert servit d'abord son beau-frère ; puis elle donna à chacun des enfants une énorme assiette de soupe, dans laquelle elle mit encore du pain, pour que ce fût plus nourrissant.

Leur visite matinale à la basse-cour leur ayant creusé l'estomac, ils dévoraient. Dupont, seul, ne semblait pas en appétit.

— Eh bien, lui dit sa belle-sœur, vous ne mangez donc pas?

— Si, si... seulement...

— Seulement quoi ?... il vous faut des forces pour retourner à pied et refaire vos vingt kilomètres...

— Sans doute; mais que voulez-vous? la Gervaise; j'aimerais mieux ne pas m'en aller seul, comme vous devez penser...

— Allons, allons, Dupont, réphqua M""' Aubert, voilà-t-il pas une belle affaire ! vous croyez donc que je ne vais pas bien les soigner, vos enfants ?

— Je sais que vous êtes bonne, la Gervaise ; je sais cela, et chez vous, ils ne manciueront jamais de rien ; seulement, quand on est père, quand on est veuf, ces séparations-là coûtent tout de même...

— Vous allez voir qu'ils vont être heureux comme de petits seigneurs, ici... N'est-ce pas, Louis?

— Oui, ma tante.

— Us s'amuseront ensemble, quand l'ouvrage sera fait, poursuis it la fermière, tout en avalant ses cuillerées de soupe ; et le dimanche, vous viendrez les voir?... Ah ! c'est alors qu'ils seront contents ! Ce qu'il faudrait faire, maintenant, ce serait d'aller voir si Piscot, l'épicier, ne doit pas aller, ce matin, àCaudebec. Quatre kilomètres, c'est toujours bon à éviter...

Louis et Armand se levèrent aussitôt en disant :

— Nous allons le demander.

Ils coururent à cinquante mètres plus loin, jusque chez l'épicier, qui demeurait à côté du presbytère, et s'informèrent si 31. Piscot ne devait pas aller avec sa carriole jusqu'à Caudebec.

— Vous tombez mal, mes petits, répondit l'épicière; il est parti, ce matin, à six heures...

— Ah ! c'est fâcheux, dirent Louis et Armand.

— Vous voulez donc aller à Caudebec?

— Pas nous, mais mon oncle, M. Dupont.

— Vous lui direz que je regrette bien ; mais qu'il est trop tard. Peu importait au brave paysan de faire à pied quatre Ivilomètres de

plus ou de moins. Aussi, quand les enfants vinrent lui rendre réponse, leur dit-il d'un air de profonde indifférence :

— Allez, ça ne fait rien. . . rien du tout. . . Je m'en irai très bien à pied. . .

— Au moins, tu ne manqueras pas de venir dimanche? dit Louis en lui passant les bras autour du cou.

— N'ayez pas peur, mes enfants, vous n'avez pas besoin de me le demander.

Après la soupe, le père Dupont se coupa un morceau de fromage, dans l'unique but de se soutenir pour la durée du trajet. Tante Gervaise servit aussi les enfants, en leur recommandant de faire de petites bouchées et de manger beaucoup de pain...

Enfin, le repas terminé, il fallut songer au départ.

— Nous allons t'accompagner. n'est-ce pas ? dit Louis.

— Oh! oui, oui... Nous aussi, maman, nous accompagnerons notre oncle, jusqu'à la traverse de Villequier?

— Et même un peu plus loin, ajouta Edouard.

La fermière ne put refuser à ses enfants celle faveur. Louis, Julien et leurs deux cousins se préparèrent ; le père Dupont prit, dans un coin de la cuisine, sa casquette, son bâton ferré et fit ses adieux à M""" Aubert.

— Allons, lui (lit-il. je vous remercie d'avance, la Gervaise, de ce que vous voudrez bien faire pour eux. Vous me rendez un grand service en vous chargeant de mes deux enfants ; car vous savez dans quel embarras je me trouve.

— Assurément, nous le savons répondit la fermière, qu'une certaine émotion paraissait gagner aussi.

— Si vous avez eu le malheur de perdre ce pauvre Auberl, vous possédez au moins de quoi vivre ici sans trop de privations...

— Dieu merci ! mon lopin de terre et ma vache m'ont jusqu'à ce jour donné le nécessaire... Allons, bon voyage, Dupont! Et revenez dimanche... Tâchez, en chemin, de trouver une occasion, afin de ne pas faire toute cette longue route à pied...

— Ne vous tourmentez point, répondit le père Dupont.

11 embrassa de nouveau sa belle-sœur, jeta un dernier regard autour de lui et quitta la ferme en compagnie des quatre enfants et de Bertrand, qui ne se montrait plus aussi mauvais que la veille.

Pour mieux profiter des derniers instants qu'il leur restait à passer avec leur père, Louis et Julien le prirent chacun par un bras, et s'en allèrent ainsi en suivant la grande route qui conduit de Saint-Arnould à Cau-

debec. Le paysan iic disait rien. 11 paraissait absorbé, comme dominé par nn pressentiment funeste. Il lui semblait que cette séparation devait êlre définili\e. Au surplus, la manière dont tante Gervaise avait, le matin même, réprimandé ses lîls, le rendail tout soucieux.

— Qui sait, pensait-il, si quand je ne serai pas là, elle ne se laissera pas em|)orler par sa vivacité? Elle est bonne, sans doute, mais parfois un peu violente.

Et comme, en s'abandonnant à ces réflexions, il serrait plus fort ses enfants contre lui, Louis et Julien lui dirent :

— Dimanclie |)roehain, nous irons aussi à ta rencontre !...

— Avec nous, ajoutèrent Armand et Edouard.

— Tu partiras de bonne lieure de Valliquerville, pour ne pas arriver dans la nuit, n'est-ce pas?

— Oui, oui, soyez bien tranquilles... Allons, maintenant, il faut vous en retourner. Vous êtes allés assez loin...

— Oh ! nous n'allons pas jusqu'au chemin de Villcquier ?

— Non, non ; il est inutile que vous vous fatiguiez. Adieu, mes chers enfants.

-Déjà?

— Oui, mon petit Louis.

— Alors, adieu, à dimanche !

— Oui, mon ami, à dimanche !

Les enfants se suspendirent l'un après l'autre au cou du paysan, qui les embrassa avec une eiîusion inaccoutumée. Puis, quand il eut reçu leurs caresses, il leur pressa une dernière fois la main et s'éloigna...

De leur côté, les quatre cousins rebroussèrent chemin, en s'entretenant de leurs projets joyeux. Deux ou trois fois, ils se retournèicut et virent le père Dupont qui s'était arrêté pour les suivre des yeux. Ils lui envoyèrent encore un bonjour de la main, puis ils disparurent derrière les grands arbres, au tournant de la route, tandis que le paysan regagnait tristement la ville de Gaudebec...

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