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Vous n'êtes pas mon père!
Le livre du Père Hamon, Le roi du jour, est une mine inépuisable de traits terrifiants sur l'alcool.
Je lui emprunte l'exemple suivant que le bon Père entendit raconter par celui-là même qui en fut le héros.
Un médecin revenait souvent ivre à la maison. Sa femme surveillait avec soin le retour de son mari pour faire retirer les enfants et leur épargner ce scandale.
Un jour pourtant, sa prévoyance fut en défaut, et l’homme complètement ivre surprit son plus jeune fils âgé de quatre ans.
A la vue de cet homme aux yeux injectés de sang, aux traits bouleversés par la boisson, l’enfant prend peur, il ne reconnaît pas son père et court se blottir dans un coin du salon.
Le père l’appelle : « Viens, mon petit, viens embrasser ton père ! »
L'enfant effrayé ne bouge pas.
Le père essaie de prendre son fils dans ses bras. Alors l'enfant, dans sa terreur, dit une parole bien brutale mais que je rapporterai textuellement :
« Non, dit-il, je ne veux pas embrasser un cochon comme vous... Vous n’êtes pas mon père ! »
Le père s'arrête comme un homme qui vient de recevoir un coup en pleine poitrine, son ivresse
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se dissipe en un instant ! Mon Dieu, s'écrie-t-il, est-il possible d'entendre pareille parole de la bouche de mon enfant? ..Mais il a raison. Je me conduis vraiment comme un animal et non comme un homme. A partir de ce jour je jure de ne plus jamais prendre un seul verre de boisson forte !
Cet homme, qui vit encore, a tenu sa promesse.
Combien coupable !
Celui qui voit périr un de ses frères et qui ne le sauve pas, lorsqu'il le peut, est grandement coupable.
Mais le crime de celui-là est bien léger cependant si on le compare au crime de l'individu qui « aide » son frère à périr.
Et le citoyen qui, par son influence, son travail, sa signature, quelquefois même par son silence, contribue à faire obtenir une licence à un hôtelier ou à un épicier qui fait métier de perdre et les âmes et les corps, n’« aide »-t-il pas son frère à périr? Ne pourrions nous pas même lui crier à la face : « Assassin de votre frère ? »
Quelle responsabilité prend devant Dieu et la société celui qui peut se dire : « C’est grâce à mes efforts si X, qui est une cause de perte pour ses semblables, a obtenu une licence pour tenir une buvette ou une épicerie ! »
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Le temple du vice
La buvette, qu'est-elle ?
« La buvette est le temple du vice et de la dégradation, le lieu où se fait le sacrifice de l'honneur et de la dignité individuelle. Là, le père sacrifie le pain, les vêtements et le respect de ses enfants. Là, l’époux sacrifie l'amour d’une femme aimante et dévouée. Là, le jeune homme sacrifie son avenir, sa santé et le bonheur de ses parents ».
C'est un juge de Québec qui parle ainsi, et l'expérience ne confirme que trop ses paroles.
Pourquoi les buvettes sont-elles si fatales à ceux qui les fréquenisnt ?
La réponse, le m juge va nous la donner
« Elles sont fatale. parce qu’elles sont fréquentées par des désœuvrés, des fainéants, des vicieux dont le seul contact est une souillure ; parce qu'on y tient souvent des conversations abominables : parce qu'il s’y passe des scènes dégoûtantes ; parce qu'elles causent les trois quarts des crimes. On serait scandalisé de voir l’archevêque, les juges, le maire, les curés fréquenter les buvettes ; pourquoi se permettre ce qu'on trouverait inconvenant chez eux ! »
A ces considérations d’un distingué magistrat le « Bulletin paroissial de l’église de l’Immaculée Conception », à Montréal, ajoute :
« Songez aux blasphèmes que les murailles de l’auberge ont entendus! aux projets coupables qui y ont germés, aux larmes des pauvres
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