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femmes, à la misère de la famille, aux scandales donnés par l’ivrogne. Tout cela doi. retomber en malédictions. Mais sur qui?
« 1° Sur tous ceux qui par leur vote ou leurs cabales ont rendu possible l'octroi de la licence.
«2° Sur tous ceux qui se sont croisé les bras et se sont abstenus soit par lâcheté, soit par intérêt, car «un catholique est responsable non seulement de ses propres fautes, mais aussi de toutes celles qu'il a laissé commettre, quand il pouvait par son vote, les empêcher. »
Un dieu pour les ivrognes
Un individu qui jure à deux mains qu'il ya un Dieu pour les ivrognes c’est le sieur XXX, débardeur, de Montréal. En 1906, XXX tra- Vaillait au déchargement du steamer « Kastalia », de la Ligne Donalson. Il avait bu plus que de raison et en prenant l’écoutille pour descendre dans la cale, il perdit prise et alla tomber au fin fond du steamer sur un de ses compagnons de travail du nom de Fournier.
Ce dernier, qui était parfaitement à jeun, eut le cou rompu et l’ivrogne qui avait fait une chute de trente pieds fut relevé un peu étourdi mais parfaitement indemne.
Vous voyes que celui-là doit une fière mèche au dieu des ivrognes.
Habitudes d'enfance
Dans ses immortelles Confessions, saint Augustin raconte, au sujet de sa mère bien-aimée, sainte Monique, une anecdote qui nous montre avec quelle facilité on contracte une mauvaise habitude.
La mère de sainte Monique était pour elle d'une sage rigueur pour la corriger et d’une admirable prudence pour l’instruire. Hors les heures où Monique prenait son repas à la table de ses parents, l'enfant avait-elle soif que sa mère ne lui permettait pas de boire, même une goutte d’eau. Elle agissait ainsi afin de l’habituer à la sobriété, à la pénitence, à la force d'âme et à l'esprit de sacrifice.
Au milieu de ce doux éclat de vertu naissante, on vit cependant apparaître en cette jeune fille, non pas une tache mais une ombre, une de ces ombres légères que Dieu permet quelquefois pour rendre ses saints plus vigilants et plus humbles.
On avait chargé la pieuse Monique, probablement pour l’initier au gouvernement d’une maison, d'aller chaque jour au cellier faire la provision du vin.
Or, nous dit saint Augustin, il arrivait quelquefois qu'après avoir baissé le vase pour le remplir, et avant de le verser dans le flacon, elle l’approchait de ses lèvres, non par amour du vin, Car il lui inspirait même une certaine ré” ugnance, mais par cette espièglerie et cette ge :té de la jeunesse qui se plaît aux choses défendues.
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Mais comme en méprisant les petites fautes on tombe peu à peu dans de plus grandes, il advint qu’ajoutant chaque jour une goutte à une goutte, elle finit par boire une petite coupe presque pleine.
Qu'’étsient devenues les austères défenses de sa mère? Quel remède possible contre une maladis si cachée ?
Dieu qui avait ses vues sur l’enfant se servit d’une ignorante créature pour la guérir.
Une servante descendait tous les jours avec Monique à la cave, et était par conséquent le témoin complaisant de sa faute. Ce fut d’elle que Dieu tira un jour un sarcasme froid et aigu, invisible acier dont la main de Dieu se servit pour trancher vif cette gangrène.
La vieille servante se disputant un jour avec sa jeune maîtresse, seule à seule, lui reprocha ce défaut, sans nul dessein de la corriger, mais plutôt pour la piquer. Elle l’appela, avec un mépris insultant : « Buveuse de vin pur ».
Percée de ce trait, Monique rougit, et reconnaissant la laideur de cette faute, elle se condamna sévèrement et s’en corrigea pour toujours.
Saint Augustin ajoute que sa mère prit à ce moment la résolution de ne boire jamais que de l’eau.
Quoi qu'il en soit, dit Mgr Bougaud, cette faute eut pour la pieuse enfant les plus heureux résultats. Elle mit une première larme de repentir dans ses yeux, lui inspira le goût de la morti-
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fication, la rendit humble et défiante d’elle-même. A son insu, elle la prépara de loin à entourer de la plus tendre et de la plus active surveillance le glorieux berceau qui devait un jour lui être confié.
Un signal d'alarme
Un mécanicien de chemin de fer avait expliqué à sa petite fille qu’un drapeau rouge déployé était un signal d’alarme.
— Alors, papa, demanda l’enfant, si vous voyez ce signal, arrêtez-vous la locomotive ?
—Certainement, sans cela il arriverait un malheur.
Pendant la journée qui suivit, la petite fille vit pleurer sa mère, chose qui depuis quelque temps, n’était pas rare.
— Ah! répondit la mère, ton père s’est mis à boire ; sûrement il perdra sa place.
Le lendemain, quand le mécanicien ouvrit l'armoire pour y prendre sa bouteille d’eau-devie, il y trouva un petit drapeau rouge attaché au goulot.
C'était le signal d’alarme !
Le mécanicien comprit la pensée de sa fille, l’embrassa et remit à sa place la bouteille, qu'il n'a plus reprise depuis.
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Une intéressante déclaration
Lisez attentivement la déclaration suivante :
« L'alcool sous toutes ses formes est un poison.
« L'alcool ne soutient ni ne réchauffe ; c’est un excitant dangereux, qui dégrade tous les organes, les affaiblit et les rend incapables de résister efficacement aux atteintes de maladies légères.
« L'alcool est la cause dire :e d’un grand nombre de maladies mortelles.
« L'usage habituel de l’alcool, même à doses modérées, conduit à l’alcoolisme.
« L’alcoolisme attaque le buveur non seulement dans sa personne, mais sa postérité ; la plus grande partie des enfants d’alcooliques sont atteints d’épilepsie, de convulsions, d’hystérie, etc.
« L'usage habituel des apéritifs est la cause de l’affaiblissement progressif de la santé, même chez les personnes qui ne se sont jamais enivrées ; il conduit à une vieillesse prématurée et abrège l'existence.
« L'usage habituel des apéritifs et de l’alcool, même à dose non enivrante, facilite l'invasion de la tuberculose et de la phtisie pulmonaire ».
Savez-vous qui a fait cette grave déclaration ?
Soixante-neuf médecins du Finistère, en France, émus des ravages que causait l'alcool dans leur région, se sont réunis et ont rédigé cette déclaration que tous ont signé.
Imprimée à des milliers d'exemplaires elle a été répandue dans toutes les communes du Finistère.
Cette déclaration, quant au fond, est d’ailleurs le pendant du manifeste publié il y a quelques années en Hollande par 600 médecins néerlandais.
Pauvres jeunes gens!
Je voyais tantôt une vingtaine de jeunes gens de la campagne, farauds, tout pimpants, alignés dans la grand: porte d’une des buvettes de la basse-ville. Sur le trottoir opposé, un photographe ambulant se préparait à les coucher sur son papier.
Pauvres jeunes gens! Ont-ils réfléchi, avant de poser, qu’il y a dans une ville des douzaines d’endroits plus respectables que la devanture d’une buvette pour faire « poser son portrait ».
Je sais bien, moi, ce que bon nombre de jeunes filles de chez nous feraient si leurs cavaliers s’avisaient de leur offrir des photographies aussi compromettantes. Elles iraient vite au feu.
Drôle de mentalité ! On dirait que dès qu'ils mettent les pieds dans la ville les jeunes gens de la campagne sont fiers de montrer qu'ils fréquentent la buvette. Ils ne sont pas tous comme cela, heureusement !
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Faites disparaître la cause
Mon ami Z, qui a sa résidence sur la rue L. L., à Québec, a encore changé de domestique, hier soir. Depuis le ler janvier, je crois que Z a congédié cinq domestiques. Chaque fois, il a changé pour prendre pire. Vous voyez que le proverbe n’est pas faux.
Z, qui n’est pas la patience même, n’en revient pas.
—Tous des ivrognes, rugissait-il, hier soir, en m’apprenant la chose.
Je suis ennemi acharné de l’alcool et des ivrognes, tout le monde le sait. Tout de même, je ne donne pas raison à mon ami Z.
Et voici pourquoi.
Il y a une dizaine d'années, Z habitait tout seul avec sa famille sou immeuble de la rue L. L. En 19.., on construisait de l’autre côté de la rue, à quelques pas de chez Z, une manufacture qui emploie bon an mal an trois ou quatre cents ouvriers.
Z aime l'argent. Il se dit: Ma maison est vaste et je n’ai que deux enfants ; je vais occuper le haut de la maison et je louerai le rez-dechaussée à un buvetier. Le poste est excellent à cause de la proximité de ‘a manufacture. Je retirerai un fort loyer.
Et depuis cette époque un buvetier ventru verse aux ouvriers de la manufacture en question
vin, bière, rye, gin, whisky et tous les autres poisons qui s’étalent ordinairement dans les bars. Comme de raison, notre buvetier ne débite pas ses drogues qu’aux ouvriers de la manufacture, Tous ceux qui ont ou qui croient avoir soif sont les bienvenus.
Voilà comment il se fait que mon ami Z ne peut garder de domestiques. Ils vont bien les premières semaines, mais bientôt la buvette fascinatrice les attire, les gagne. Ils se mettent à boire et le service en souffre.
Z me fait un peu penser à cette brave femme de chez nous qui laissait son enfant de quatre ans jouer avec une bouteille remplie d’un violent poison sous le prét2xte qu’elle était bien bouchée. L'enfant réussit à faire sauter le bouchon, but le conteau de la bouteille et mourut dans d’horribles convulsions.
Ami Z, la buvette est un peu comme la mouffette : elle contamine et empoisonne tous ceux qui viennent en contact avec elle. Si vous voulez avoir des domestiques fiables, honnêtes, sobres, ne loue plus votre rez-de-chaussée à un buvetier. En supprimant la cause, vous ferez disparaître l'effet.
L'un des grands facteurs
On parle beaucoup de tuberculose de ce tempsci. L'exposition tenue récemment à l’Université Laval, À Québec, a ouvert les yeux de bien des gens qui s'imaginaient prendre toutes les précautions imaginables contre la « peste blanche ». + Sait-on que l'alcool est un des plus grands facteurs de la tuberculose ?
Suivez bien les siat':.iques suivantes. Elles sont données par un médecin consciencieux et capable :
« Dans notre modeste sphère d’expérimentation, nous avons fait des études sur 87 familles d’alcooliques, 35 de ces familles appartiennent À la classe aisée de l’industrie et du commerce. Depuis 10 ans ces 35 familles ont fourni 67 victimes à la tuberculose, 32 autres familles se recrutent chez les ouvriers des fabriques de mon district, et dans le cours de ce même laps de 10 années, elles ont vu 102 de leurs membres périr par la consomption.
« Les 20 dernières familles vivent au grand air de la campagne. Ce sont des cultivateurs. Le chiffre de leur mort par la consomption s'élève à 17.
« Ces données s’accordent avec le remarquable mémoire du docteur de La Varenne. Après une enquête conduite avec une grande prudence et un‘véritable esprit scientifique, l’auteur constate que partout où l’alcoolisme s’étend, la tuberculose augmente, et que tous les peuples qui ont l'énergie
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de combattre l’alcoolisme voient la tuberculose diminuer.
« Des 186 victimes de la tuberculose que nous venons d'étudier et dont la mort est imputable à l'alcoolisme, 29 étaient des alcooliques avérés ; 17 faisaient un usage plus ou moins considérable d'alcool. Les 140 autres sujets de cette étude sont des descendants de pères et de grand'pères alcooliques.
« Ces observations nous permettent de conclure qu’il existe une relation très intime de cause à effet entre l’alcoolisme et la consomption.
« Les descendants d’alcooliques sont aussi des êtres presque fatalement voués aux multiples affections qui guettent les avenues où aboutissent les dégénérés de toutes formes, et cela d’autant plus sûrement, que le milieu social où vivent ces individus est plus misérable et moins hygiénique.»
Les fruits de la tempérance
Autant l’intempérance est hideuse, dit M.
l'abbé Larocque, autant la tempérance est belle.
Avec la tempérance, la religion est aimée :
le pasteur est écouté et vénéré.
Les campagnes sont riches et bien cultivées.
Le commerce est florissant ; les dettes sont payées.
Les fêtes sont joyeuses ; le bonheur règne partout.
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