X. parce que son oncle lui a laissé un héritage
Y. parce que sa tante le laisse à sec.
Z. parce que... Se posant la question à luimême, il doit renoncer à répondre.
Un argument égoïste
Il est vrai, dit XXX, qu'il n’y a pas plus de vingt-cinq maisons dans la rue Saint-L., mais les buvetiers et les épiciers vendent surtout leur boisson aux habitants et aux étrangers qui viennent au marché et à la b:lle N. D.
XXX n’est pas le seul à donner cet argument.
J'ai entendu une dizaine de citoyens qui d’ordinaire raisonnent juste apporter cette raison en faveur des nouvelles licences demandées, rue Saint-L.
Peut-il y avoir raisonnement plus faux et plus égoïste que celui-là ?
Ce qui est dangereux pour le citoyen de L. l’est également pour l'habitant, pour l'étranger. Un échevin n’a pas plus le droit de multiplier les occasions de danger pour les étrangers que pour ses concitoyens. Ce sont là des principes de justice tellement élémentaires qu’il suffit de savoir son petit catéchisme pour les mettre en
pratique.
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Leur valeur alimentaire
Dans ses Lettres sur la chimie, le Dr Liebig disait : « Nous pouvons prouver avec une certitude mathématique que la quantité de farine qu’on peut mettre sur la pointe d’un couteau possède plus de valeur nutritive que cinq mesures (environ 2} litres) de la meilleure bière de Bavière ; qu’une personne consommant journellement cette quantité de bière a pris, au bout d’une année, et cela dans les cas les plus favorables, exactement la valeur des matières nutritives contenues dans un pain de cinq livres, ou en trois livres de viande ».
Le Dr Devwilde, de l’université de Bruxelles, disait avec non moins de vérité « qu'il est plus économique de se nourrir de grives que de bière et de vin ».
Consultons le Dr Bienfait. Voici sa réponse : « L’eau-de-vie, le cognac, le rhum, aucune liqueur spiritueuse ne nourrit, me direz-vous ; mais en est-il de même de la bière et du vin? Ces boissons, provenant du grain et du raisin, doivent posséder une réelle valeur alimentaire. Nous n’hésitons aucunement à affirmer que c’est là encore une erreur. Le grain et le raisin sont nourrissants, oui ; mais la bière et le vin ne le sont pas. En effet, ces matières premières ont subi des changements, et précisément par ces opérations les substances utiles ont disparu ;
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basse
celles-ci ont été partiellement transformées en alcool. La bière renferme au maximum 3à5% et le vin 1% de matières utilisables. Le pain au contraire en contient plus de 50% ! La différence est colossale ; aussi la bière, loin d’être du « pain liquide », trompe la faim sans l’assouvir ; parce que son volume considérable remplit simplement l'estomac. Notons en passant que bon nombre de maladies de l’estomac n'ont d'autre origine que l'usage immodéré de la bière et du
vin ».
Paroles autorisées
—Gladstone avait raison de dire que, pour juger de la vitalité d'un homme, il suffisait de noter la réponse à ces trois questions : « Quel est son âge ?—Quelle est sa profession ?—Est-il sobre ou ivrogne ? »
—Anarcharsis, interrogé par quel moyen une personne pourrait s'empêcher de tomber dans les excès de l’ivrognerie, répondit : Si elle regarde et considère les extravagances de ceux qui y tombent.
—Pittacus, un des sept sages de la Grèce, législateur des habitants de Mytilène, avait fait une loi, qui ordonnait que ceux qui avaient commis quelque crime étant ivre, fussent punis
doublement.
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L'opinion d'un manufacturier
Un manufacturier de Québec qui emploie quelques centaines d'ouvriers me disait ces jours derniers :
La fermeture des buvettes À dix heures du soir, les cinq premiers jours de la semaine, serait une bénédiction pour la classe ouvrière.
£: Que diraient mes ouvriers si je leur annonçais une réduction de $0.25 ou 80.30 par jour sur leur salaire? Je les entends me crier : « Nous recevons un salaire qui nous permet à peine de fuire vivre nos familles et vous voulez le réduire ! Plutôt la grève ! »
Et pourtant une bonne moitié de mes ouvriers dépensent chaque soir dans les buvettes des environs $0.30, $0.40 et même 80.50.
5. N'est-ce pas là une réduction de salaire à laquelle ils se soumettent en esclaves ?
#. Ces ouvriers n’ont pas la force de se mettre en grève contre cet ennemi de leur travail et de leur bonheur qui s’appelle la buvette.
Que les autorités municipales aient cependant l'énergie de fermer les bars à dix heures du soir etiles ouvriers leur en seront reconnaissants. Ils sont, pour la plupart, attirés là par la faiblesse, l'habitude, un amour propre mal placé.
On crie bien fort contre l’égoïsme des patrons, des capitalistes, qui s’enrichissent aux dépens de la classe ouvrière.
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N'est-il pas vrai que les propriétaires de buvettes, qu’on voit dans la plupart de nos quartiers ouvriers, dans les environs des usines et des manufactures, bâtissent leur fortune en arrachant aux ouvriers ce qu’ils ont de plus précieux : leurs forces, leur santé, le bonheur de leurs familles.
Encore une fois, disait en terminant ce manufacturier, fermez les buvettes à dix heures chaque soir et vous rendrez un grand service à tous ceux qui voudraient s’empécher d’y aller gaspiller leur argent et leur santé, mais n'ont pas l'énergie de résister aux mille tentations qui les y attirent.
Dialogue entendu
Combien de ceux qui me lisent pourraient traduire en langage intelligible le dialogue suivant ?
—Komentsavati ?
—Pamalétoi ?
—0 Kifécho !
—Cé pacroïiabastépoxi !
—Tapalegosiésec ?
—Siméjépalesou !
—Benmoijanné. . .jtofruncou !
—Cépadrefu ; jaccep.
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