SÉANCE DU 12 NOVEMBRE
« L'an 1900, le lundi 12 novembre, à cinq « heures du soir, se sont réunis, sur la convo- « cation du F.-. Bouley, secrétaire de l'Àssem- « blée générale de 1900, les membres du bu- « reau de cette assemblée et les membres du « bureau du Conseil de l'Ordre.
« La séance est ouverte à cinq heures et « demie, sous la présidence du Y .' . Fontainas, « vice-président du Conseil de l'Ordre.
« Sont présents : les FF.*, Emile Lemaître, « 1"" surveillant; Blanchon, grand expert; « Bouley, secrétaire ; Guillain, orateur ad- « joint; Marcel Huart, secrétaire adjoint,mem- « bres du bureau de l'assemblée.
a Fonlainas, Sincholle, \ice-presidents ; ft Dazet et Bouvret, membres du bureau du « Conseil ;
« Absents: les F/. Delpech, président; Colince Roudier, 2"" surveillant ; Maréchaux, orateur ce de l'Assemblée ;
« Sont également présents: le F.*. Blatin, « membre du CoQseil et le F.-. Meslier, Véné- « rable et délégué au Couvent de la L/. L'Évo- « lution Socinle, 0.*. de Paris.
(( Le F.'. Vadecai'd, assisté du F.*. Bide- « gain, esquisse les travaux.
« Le F.-. Bouley rappelle que dans la der- « nière séance du Conseil de l'Ordre, le F.-. « Blatin a déposé, sur le bureau du Conseil, les « épreuves du discours prononcé par le F.*. « Meslier et qu'il a déclaré, au nom de celui-ci « et autorisé par lui, retirer purement et sim- « plement ce discours. Il demande, non seulece ment que la publication n'en soit pas faite par « tirage à part, comme l'Assemblée l'avait « voté, mais encore qu'il soit supprimé du
« compte rendu in extenso, ainsi que tout ce « qui s'y rattache ou le rappelle. — Il paraît « impossible au F.*. Bouley que, même avec « l'assentiment du F.'. Meslier, on puisse opé- « rer celte suppression. En effet, non seule- « ment ce discours a produit une impression « profonde, mais encore sa publication a été « ordonnée à la suite d'un vote au scrutin public « par lequel le Couvent a manifesté son senti- « ment d'une manière très précise. Le compte « rendu, par suite de cette suppression, serait « incomplet, et le F.*. Bouley, en sa qualité de « secrétaire de réassemblée générale de 1900, c( ne peut assumer la responsabilité d'établir un « compte rendu incomplet et, par conséquent, « inexact. — Il ajoute, cependant, que, pour « éviter les attaques qui se produiraient certai- « nement si ce discours était publié en son in- « tégralité, on pourrait, à la rigueur, d'accord « avec son auteur, le revoir et en supprimer « certains passages plus particulièrement signi- « ficatifs.
ft Le F.'. B latin pense qu'il n'est pas impos- « sible de revenir sur le vote du Couvent. Il « partage les idées émises par le F.\ Meslier, « mais il redoute les conséquences de cette puce blication. Nos adversaires en tireraient parti
« et lanceraient contre l'Ordre des accusations a violentes. Le F.-. Meslier comprend cette si- « tuation , il accepte la suppression de son dis- « cours du compte rendu ; il se rend compte « que son impression par les soins du Grandce Orient offrirait de grands dangers pour les « idées que nous défendons. Rien n'est donc « plus facile que de ne point l'imprimer. D'ail- « leurs, si l'Assemblée générale était réunie « aujourd'hui, et si on lui exposait les inconvé- « nients que peut avoir la réalisation de son « désir, c'est presque à l'unanimité, pense le (( F.-. Blatin, qu'elle adopterait cette manière « de voir. Il s'agit là, en effet, de l'intérêt suce périeur de la Franc-Maçonnerie toute entière « et, devant cette considération, les questions ce secondaires doivent disparaître.
ce Nous sommes tous d'accord, ajoute-t-il, ce pour reconnaître que la publication, par le ce Grand -Orient, d'un travail semblable, est au ce moins prématuré. Il faut supprimer le disec cours et tout ce qui s'y rapporte.
ce Le F. • . Boiiley dit que les théories exposées ce par le F. • . Meslier sont connues et répandues, ce Elles n'ont rien d'absolument nouveau et le ce Grand-Orient ne serait pas le premier à les ce propager, mais il y a, dans le discours dont
« il est question, certaines images, certains pasce sages, dont on pourrait se servir contre nous « et ce sont seulement ces passages qu'il sufti- « rait de supprimer.
« Le F.-. B latin croit qu'en ce moment, ou « se fait dans le pays, une propagande très ac- « tive pour la repopulation, ce discours serait « très mal interprété. Nous aurons beau dire « que ce sont là seulement des opinions philoce sophiques, on ne nous en accusera pas moins « d'être animés de sentiments antipatriotiques « et d'être les propagateurs des doctrines dites « malthusiennes.
« Le F.-. Boiiley fait remarquer qu'il tient à « être couvert par une décision formelle du bu- « reau de l'Assemblée et du bureau du Conseil (( de rOrdre au sujet de l'impression du dis- (( cours du F.". Meslier.
« Le F. • . SinchoUe pense que les accusations « dont parle le F.-. Blatin se produiront égale - « ment pour le discours prononcé par le F. • . Lé- « vilion sur la question de l'admission des « femmes dans la Franc-Maçonnerie. On pourra « découper aussi ce discours et en tirer des arec guments contre nous. Il est certain, cepencc dant, qu'il doit être publié; nul ne le conteste, ce Peut-être pourrait-on expurger le discours du
« F.-. Meslier, mais on ne peut pas le suppri- « mer, à cause des réponses qu'il a amenées et « du vote du Convent.
« Le F.'. Fontainas estégalement d'avis que c( l'on peut tirer de la publication de ce discours « par le Grand-Orient la conclusion que celui-ci « est partisan des idées émises par le F.*. Mesc( lier. Aussi doit-on le modifier, en restreindre « la portée, mais on ne peut pas le supprimer, « car le Conseil de l'Ordre semblerait alors « censurer les décisions de l'Assemblée géné- « raie.
« Le F.-. Sincholle dit que l'on pourrait indice quer, sur la première page de la brochure, « que les opinions qui y sont contenues sont « absolument personnelles à l'auteur.
« Le F.'. Fontainas est d'avis que ne pas « maintenir le vote du Convent, c'est dire que « l'Assemblée générale n'a pas suffisamment « réfléchi en votant le tirage à part du discours « du F.*. Meslier. On pourrait peut-être dire, « sans crainte de blâme, que, d'accord avec ce « F.'., le Conseil et le bureau du Conseil ont « pensé qu'il n'était pas sage de publier ce dis- « cours tel qu'il avait été prononcé. Le Conseil « peut assumer cette responsabilité, mais sup- « primer ce discours enti'^vement du procès-
« verbal est impossible. Ce serait extrêmement « délicat et grave.
« Le F.'. Sincholle croit qu'avec la publica- « tion dans le compte rendu, la divulgation c( aura la même portée. D'ailleurs, à son avis, « le discours dont il est question n'appartient « plus au F.-. Meslier, mais au Couvent. Au- « tant vaut le publier intégralement que l'ex- « purger.
« Le F.*. Blatin dit que la Franc-Maçonnerie « est une association de combat. Nous suivons « «726 direction, comme un corps d'armée de- « yant F ennemi. Le Conseil de F Ordre donne « cette direction ; il est élu pour cela ; il a « donc le droit de supprimer un discours qu'il « juge dangereux puisqu'il a la charge de « veiller aux intérêts de la Franc-Maconnerie. <f 11 ne peut pas être parlé, en cette circons- « tance, de droit ou de liberté (1). Le Conseil « a, à sa disposition, les fonds votés par le c< Couvent pour l'impression en brochure du « discours du F.*. Meslier. 11 n'y a qu'à dire à « ce F.\ : « Transformez votre discours, si « vous le jugez bon, et faites-le imprimer vous-
(1) Le F.-. Blatin, président du Grand Collège des Rites, exprime là des idées qui sont essentiellement maçonniques, mais tout à fait antidémocratiques.
« même. Nous paierons les frais d'impression « et vous publierez, ensuite, à titre personnel, « cette brochure de propagande. » Lorsque « cette question aura été tranchée, on devra « supprimer du compte rendu des travaux de « l'Assemblée générale, non seulement ce dis- « cours, mais tout ce qui s'y rapporte.
« Le F.-. Guillnin pense qu'il n'y a pas à en- « visager à ce sujet la question de droit. Lui- (( même, en donnant des conclusions favorables « à l'impression du discours, a manifesté au « F.-. Louis Lucipia sa crainte que cette puce blication ne fût dangereuse. Si elle est faite, « on dira évidemment que le Grand-Orient « adopte les conclusions émises par le F.'. Mes- « lier, puisqu'il répand ce discours et tente, par (( conséquent, de convaincre le public. Il ne <x faut pas que cette brochure soit pubhée par « le Grand-Orient, mais il semble impossible de « supprimer ce discours du compte rendu. Ce « serait un abus de pouvoir.
« Le F.'. Bouley redoute surtout les calom- « nies relatives à l'immoralité qui peuvent être « échafaudées sur certains passages de ce « discours. Là, évidemment, il y a lieu à quelce ques suppressions, mais c'est là le maximum « des concessions à faire à la prudence. Quant
« au procès-verbal des travaux de TAssemblée « générale, il appartient à la Fédération. Si on « ne le publie pas in-extenso, le Conseil recevra « des réclamations et elles seront parfaitement « justifiées.
« Le F.". Blatin répète que rien ne doit être « publié par le Grand-Orient. Quand une occa- « sion se présente de supprimer un discours dan- « gereux pour l'Ordre, il n'y a pas à hésiter. « Nous avons les fonds pour l'impression de la « brochure. Donnons-les au F.'. Meslier qui « fera le nécessaire. Le Grand-Orient pourra « dire alors quil ignore ce discours (1).
« Le F.\ Blanchon, dans les Loges qu'il a « visitées, n'a pas entendu dire un mot du dis- « cours du F.". Meslier.
« Le F.'. Marcel Huart, au contraire, a en- « tendu parler de ce discours en termes élogieux « dans trois ou quatre Ateliers et, notamment, « dans les Loges Liberté et la Raison, de Paris.
« Le F.-. Meslier, consulté, dit qu'il est, « avant tout, un Maçon discipliné et qu'il est « prêt à se ranger à l'avis que le Conseil croira ft devoir émettre. D'ailleurs, il n'a prononcé ce « discours que parce qu'il y a été fortement
(1) Voilà encore delà bonne doctrine maçonnique.
« engagé. Sans cela, il serait resté à sa place.
« Le F.*. Emile Lemaître a fait, dans deux « Loges de province, des comptes rendus des « travaux du Couvent, et il a parlé du discours « du F.'. Meslier. On en a entendu le résumé « avec plaisir, mais on a exprimé aussi le vœu « de ne point le voir publier par le Grandce Orient. Certains de nos FF.*., surtout en « province, craignent d'assumer la responsa- « bililé de ces doctrines.
« Le F.". SinchoUe désirerait savoir ce que « redoute le F.*. Blatin. L'accusation d'immo- « ralité?... Mais la Maçonnerie a soutenu Pio- « bin, directeur de l'Orphelinat de Cempuis. « Lorsqu'on s'est déclaré partisan des principes « émis par Robin, on n'a plus de calomnies à « redouter au sujet de l'immoralité.
G Le F.*. Emile Lemaître répond que Robin (( a été vaincu ; qu'il est une victime des cléri- « eaux, qui sont arrivés à faire modifier les « bases de son Orphelinat. Or, il ne faut pas « se faire vaincre, aller au-devant de la défaite. « Il faut propager nos idées, tacher de les « faire triompher, mais la Franc-Maçonnerie « ne doit pas souffrir de notre propagande.
c( Le F.-. Bouley \i[ certains passages qui, « selon lui, pourraient être supprimés, quoi-
« qu'ils soient intéressants. x\vec ces coupures, « le discours du F.*. Meslier pourra paraître « dans le compte rendu.
« Le F.-. Marcel Hiinrt n'est pas partisan de « toute mesure qui semblerait être une censure « des paroles d'un orateur. Cependant, dans « l'intérêt de l'Ordre, avec l'assentiment du (c F.*. Meslier, il votera la suppression de son « discours. En effet, si des passages sont sup- « primés, le discours, avec ses tendances gé- « nérales, restera ; on devinera ce qui aura été « coupé, et c'est plus dangereux encore. D'ail- (c leurs, des gens exercés reconnaissent les en- « droits où des coupures sont faites. Il faut « supprimer le discours du compte rendu et le « publier sous forme profane, par l'intermé- « diaire du F.-. Meslier.
« Le F.*. Boiiley répète que l'on ne peut pas (( supprimer ce discours, parce qu'il faudrait a alors supprimer aussi quelques-uns de ceux « qui ont suivi et le vote même du Gonvent.
« Le F.-. Dazet fait remarquer qu'il serait « inutile d'expurger ou de réduire, dans le « compte rendu, le discours du F.*. Meslier, « puisqu'on retrouverait, dans la brochure pro- <( fane, les passages annulés.
« Le F.*. Blatin est partisan de la suppres-
« sion radicale du discours et de tout ce qui
« s'y rapporte. En confiant au F.*. Meslier le
« soin de le publier en brochure, satisfaction
« sera donnée à la fois aux partisans et aux
« adversaires de l'impression, et le danger sera
« écarté.
« Le F.-. Boiiley désire la publication inté- « grale du discours dans le compte rendu et « l'accomplissement strict des désirs du Con- « vent. Il ne peut pas admettre que l'assemblée « générale ayant voté l'impression par le Grand- « Orient de cette brochure, on aille jusqu'à a supprimer du compte rendu le discours du c< F.*. Meslier et les discours qui en sont la « conséquence.
« Le F.-. Emile Lemaître pense que les FF.*. « partisans de la diffusion de ce discours au- (( ront satisfaction s'il est publié par le F.*. « Meslier et que, d'autre part, ceux qui sont « d'un avis contraire seront également salis- « faits, puisque la Maçonnerie restera étrangère « à sa publication.
« Le F.*. Fontninas, Président, met aux « voix :
« l*" La proposition du F.*. Blatin tendant à K ce que le discours du F.\ Meslier ne soit
« pas publié par le Grand-Orient en brochure « de propagande.
« — Cette proposition est adoptée à l'unani- « mité, moins la voix du F.*. Sincholle.
ft 2'' La proposition de maintenir intégrale- « ment, dans le compte rendu du Convent, le « texte de ce discours.
c( — Cette proposition est repoussée par huit « voix contre deux (celles des FF.-. Bouley et « Sincholle).
« Après un échange d'observations entre les « FF.*. Blatin, P'ontainas et Dazet, le F.*. Fon- « lainas met aux voix l'impression du discours « du F.-. Meslier dans le compte rendu après (( suppression de certains passages. Il fait re- « marquer que si l'impression de ce discours « modifié n'est pas votée, cela entraînera la « suppression des discours qui s'y rapportent « et du scrutin qui a eu lieu.
« — La proposition tendant à insérer dans « le compte rendu, après modifications, le dis- « cours du F.*. Meslier, est repoussée par sept (( voix contre trois (celles des FF.-. Bouley, « Sincholle et Fontainas).
« Le F.'. Fontainas, Président, met aux « voix la proposition de la remise, au F.-. Mes- « fier, des fonds mis à la disposition du Gon-
« seil de l'Ordre pour l'impression, en broc( chure de son discours, afin que ce F.*, puisse « le publier à titre personnel.
« — Adopté à l'unanimité.
« La séance est levée à 7 heures. »
Voilà comnaent onze Maçons supprimèrent, sans autres formes, une décision de l'Assemblée législative du Grand-Orient et un scrutin public par lec{uel 350 personnes avaient manifesté leur volonté.
Si ce long procès-verbal vous a fait pénétrer davantage encore dans fintimité de la Maçonnerie, il a dû, aussi, vous inspirer un désir ardent de n'être pas, un jour, gouvernés par des gaillards aussi peu respectueux des desiderata du suffrage universel.
Il fut question, au cours de l'assemblée générale de 1901, de l'abus de pouvoir dont s'étaient rendus coupables le Bureau du Conseil de l'Ordre et le Bureau du Couvent de 1900, mais on ne se permit pas de formuler un blâme. On émit seulement, avec timidité, le désir de ne point voir ce fait se renouveler.
Le document que vous avez lu vous donne la preuve de l'existence de ce gouvernement occulte de la Franc-Maçonnerie qui — selon tous ceux qui ont étudié cette institution — do-
mine son gouvernement apparent et prévaut même sur les décisions et les volontés de la fédération maçonnique toute entière. Si l'on peut^ aussi brutalement, substituer à la volonté de 20,000 personnes celle de onze individus, avec quelle facilité ne conduit-on pas cette foule lorsqu'on a pour moyens d'action la ruse et le mensonge!
Mœurs et Figures
maçonniques
Ce livre serait incomplet si je ne lâchais de reproduire ici la physionomie des réunions maçonniques. La scène que je vais vous conter en me servant de procès-verbaux officiels, est une des plus singuhères qu'il m'ait été donné de voir rue Cadet.
Je ne la relate ici qu'au point de vue anecdotique et seulement afin de vous faire assister, pour ainsi dire, aux débats d'une assemblée maçonnique. C'est uniquement, je le répète, au point de vue de l'étude des mœurs de la Maçonnerie, — association philosophique et philanthropique, ainsi que chacun sait, — que vous devez lire ceci. Considérez-le comme une page de roman ou comme une représentation théâ-
traie. J'ai choisi cette scène parce qu'elle est typique et qu'elle vous montrera mieux qu'une autre combien l'âme des Initiés renferme de mauvaise foi, de violence et de haine. Il ne suffit pas de connaître les doctrines des Francs- Maçons, leurs mensonges, leurs trahisons et leurs crimes, on n'aurait pas, d'eux, une notion complète si on ne pénétrait pas, une fois au moins, dans le secret de leurs réunions, là où ils donnent libre cours à leur véritable nature.
Je dois ajouter que cette séance fut, pour moi, presque décisive, car c'est à partir de ce jour que je doutai de la sincérité de certains hommes dont la réputation de vertu était alors éminente, et que je commençai à comprendre de combien d'intri.^'ues et de mensonges était faite la vie maçonnique.
Si les mœurs du jour et l'âme de vos contemporains vous intéressent, vous ne lirez pas ces pages sans profit.
La réunion dont il s'agit ne fut pas seulement singulière. Elle fut presque tragique. Elle se déroula au Grand-Orient, dans une salle rouge, assez spacieuse, basse de plafond, où ont lieu d'habitude les tenues des Chapitres de R.ose- Croix.
M. Aubertin, le héros de cette lamentable
histoire, était un jeune officier de marine cFun réel talent oratoire, mince, nerveux, plutôt impressionnable et faible sous une apparence d'impassibilité. Je dois dire, d'ailleurs, que je n'ai jamais éprouvé de sympathie réelle pour M. Aubertin.
Si vous lisez minutieusement ce qui suit, vous verrez se développer, avec une implacable logique, la gradation nuancée des paroles, des interrogations, qui transforment insensiblement l'accusateur en accusé, et l'obligent à abandonner l'idée maîtresse de son discours pour l'entraîner sur le terrain des questions accessoires, étrangères au débat. Du silence absolu observé d'abord par les cinquante Francs-Maçons présents, se dégage peu à peu la haine latente qui environne l'orateur, haine qui éclate enfin en une sauvage agression après laquelle le malheureux est incapable de continuer à parler.
J'accompagnerai les documents cités des commentaires qui me paraissent indispensables pour en éclairer le texte, et de quelques portraits.
PRExVIIÈRE SÉANCE PLÉNIÈRE