‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 105 sur 145 · Cer., I, 22, p. 125; I, 28, p · texte numérisé non relu

Cer., I, 22, p. 125; I, 28, p

2AGer ALES D -206

3. Labarte, Palais, p. 68-69, 122-223; Paspatis, ’Avértooæ, p. 194-195, et Bjeljaev, Byzantina, II, p. 238, ont placé la porte du Spatharikion entre le Triconque et l'église du Seigneur. Mais cette sortie est déjà connue sous le nom de passages du Seigneur. Jamais l'empereur ne passait par cette porte lorsqu'il allait du Chrysotriclinos à l’église du Seigneur. La porte du Spatharikion livrait passage à l'empereur lorsqu'il allait directement du palais à la Magnaure. Le local affecté aux spathaires doit être rapproché du Chrysotriclinos. Il avoisinait sans doute le Diétarikion qui était, lui aussi, proche de la salle du trône.

ANCerR SUR D. 0:

HaGen. LS; p.1007 |

6. Cer., IT, 21, p. 616. Le corps de l’empereur était transporté aussi par le Cavallarios pour être exposé ensuite au triclinos des Dix-neuf lits

(Cer., I, 60, p. 275). À

7. Labarte, Palais, p. 86, a placé le Cavallarios (pl. IT, n° 120) à l’est de la place de l'Augustéon. Il doit être rapproché du Chrysotriclinos, car le trajet suivi par le corps de l'empereur, transporté, des appartements au

Ces deux dernières entrées s’ouvraient sans doute sur le côté nord du Chrysotriclinos, mais elles n'étaient pas des portes d’honneur comparables à la Chalcé. C'étaient sans doute, comme la porte du Tzycanistérion, des portes de service. Les deux entrées principales du palais étaient la Chalcé, qui s’ouvrait sur la place de l'Augustéon, et les Skyla, qui communiquaient avec l'Hippodrome. Enfin, le port du Boucoléon formait l'entrée maritime de la demeure impériale.

sud de la salle du trône, au triclinos des Dix-neuf lits, serait difficilement explicable.

Le palais de Constantinople formait un ensemble compliqué d’édifices, de cours, d’escaliers, de portes et de galeries, couvrant une vaste superficie. Cette immense demeure ne fut pas construite, on l’a vu, par un seul homme, suivantun plan logique et préconçu. Comme le Kremlin de Moscou, le vieux sérail des sultans de Constantinople, ou le palais de Pékin, le palais de Constantinople présentait un ensemble un peu incohérent. Si l'ordonnance de certaines parties nous échappe, il en est d’autres qui semblent avoir été construites suivant un principe assez rigoureux de symétrie. La comparaison avec d’autres édifices peut aider à ressaisir le plan de certains quartiers, formés de monuments élevés à la même époque. La comparaison de la partie la plus ancienne du palais, celle qui est attribuée à Constantin, avec le palais de Spalato, présente à cet égard quelque intérêt.

Le palais que Dioclétien construisit à Spalato! et qu'il habita après son abdication, couvre une vaste superficie, entourée d’un mur d'enceinte rectangulaire et flanqué de

1. Cf. Constantin Porphyrogénète, De Admin. Imperio, 29, p. 137-138; 31, p. 149: Ch. Diehl, En Méditerranée. Promenades d'Histoire et d'Art, Paris, 1901, p. 18 s.; G. Millet, l'Art byzantin, dans A. Michel, Histoire de l'Art depuis les premiers temps chrétiens, t&. I, p. 135$.

tours. Cet immense rectangle est coupé par deux avenues perpendiculaires qui aboutissent, sur trois des côtés, à trois grandes portes. L’allée qui part du nord, de la porte dorée, l'entrée principale du palais, aboutit après un carrefour, à un péristyle de chaque côté duquel, au milieu d'espaces à ciel ouvert, se dressent un temple rectangulaire et un octogone bien conservé. Ce péristyle précédait le palais proprement dit, l'habitation de l’empereur. Celle-ci se composait d’une première salle, une rotonde recouverte d’une coupole, et d'une seconde salle rectangulaire, qui se trouvaient dans l'axe de la porte principale, de la porte dorée. Autour de ces deux salles, étaient distribuées d'autres pièces, les appartements particuliers, communiquant avec la longue galerie du bord de l’eau, qui forme la façade du palais du côté de la mer!.

Cette disposition rappelle, à bien des égards, le palais de Constantinople et confirme, sur certains points, l'ordonnance du palais de Constantin. Constantin n’avait pas construit son palais au hasard. On a vu qu'après avoir franchi la Chalcé, qui fut refaite par Justinien, on pénétrait dans une première cour, où stationnaient les scholaires, et dans laquelle se dressaient plusieurs édifices attribués à Constantin, l'église des Saints-Apôtres et une rotonde, la coupole à huit colonnes. À Spalato, après avoir franchi la porte dorée, on rencontre une allée centrale, bordée de bâtiments qui semblent avoir été les casernes des gardes du corps ?, Mais tandis qu'à Constantinople on arrivait, après avoir traversé la première cour, à une grande porte donnant accès à une seconde cour, au palais de Dioclétien, on franchissait une allée transversale pour arriver au péristyle, qui corduisait au palais proprement dit. Devant l'habitation du prince,

1. Cf. Adam, Ruins of the Palace of the emperor Dioclelian at Spalatro in Dalmalia, Londres, 1764, pl. V, VI; Voyage pittoresque et historique de l'Istrie et de la Dalmalie, rédigé d'après l'itinéraire de Cassas par Lavallée,

Paris, 1802, pl. 35, p. 126 s.; Beylié, Habit. byzant., p. 20. 2. CF. la coupe nord-sud d'Adam; Beylié, Habit. byz., p. 20.

s’étendaient, de chaque côté du péristyle, deux places occupées par le temple et l'octogone.

Cet espace correspondrait à la seconde cour du palais de Constantin, où stationnaient les excubiteurs et les: candidats et où se dressaient les Lychni, le Consistoire à forme basilicale et les monuments attribués à Constantin, le palais des Dix-neuf lits et l’église du Seigneur. Plus loin, s'élevait l'habitation de l’empereur, le palais de Daphné, dont la première salle, l’Augusteus, devait se trouver dans l'axe de la porte principale, de la Chalcé. De chaque côté de cette salle centrale, étaient distribués les appartements, l'Octogone et les églises, dont l'ordonnance devait être assez semblable à celle de Spalato. Les passages de Daphné, qu'on a signalés, correspondraient à la longue galerie du côté de la mer, qui, au palais de Dioclétien, fait communiquer la salle centrale rectangulaire avec toutes les pièces d’appartement. Derrière Daphné, le palais de Constantin devait être fortifié par les murs, au-dessus desquels s’allongeait la galerie d’où, comme à Spalato, on avait vue sur la mer. Aucun détachement n’est signalé derrière Daphné. Tous les soldats stationnaient dans les cours, devant la demeure du prince.

Si le palais de Constantin était gardé par plusieurs corps de troupes, il ne devait pas cependant avoir l'aspect de orteresse du palais de Spalato où, de tous côtés, se dressent de hauts murs et de hautes tours. À Constantinople, on l’a vu, la seconde cour était ouverte du côté de l'est.et donnait accès à des monuments, qui se dressaient à côté du palais. Parmi ces monuments, se trouvaient la Magnaure et ’Oaton que la tradition attribue à Constantin!, L'Oaton et la Magnaure, complétaient l’ensemble des construetions de Constantin, qui composa son palais de salles basilicales, d'octogones et de rotondes.

1. Cf. Preger, Seript. Orig. Const, t. Il, p. 144-145. L'Oaton était situé du côté de la Nouvelle-Eglise.

Comme la seconde cour élait ouverte d’un côlé, pour permettre aux empereurs de se rendre du palais de Daphné à l’Oaton et à la Magnaure, cette cour devait être naturellement occupée comme la première. Les excubileurs etles candidats gardaient les issues de ce côlé, de même que les scholaires protégeaient les abords du côté de la Chalcé.

La Magnaure, édifice isolé, entouré de jardins et bordé de terrasses, d’où la vue s’étendait sur la Marmara et les monts de Bithynie, dut être le palais d'été de Constantin. Aux approches de l'été, il devait quitter le palais de Daphné, . pour habiter cette villa ombragée et rafraîchie par les vents du Bosphore. Il était, en effet, dans les habitudes des empereurs d'avoir un palais d'été et un palais d'hiver.

Théophile, au Triconque, s'était fait construire deux appartements qu'il habitait alternativement.

La Passion de l'apôtre Thomas confirme cette hypothèse. Ces actes apocryphes, conservés dans une version latine, rédigéeavant le sixième siècle!,racontentcomment l'apôtre, au cours d’une pérégrination dans l'Inde, fut invité par le roi du pays, Gundafor, à lui construire un palais. L’apôtre, ayant pris un roseau, se mil à mesurer et à tracer le plan de la nouvelle demeure. Parmi les édifices du palais figurent les

.zelae hiemales et les zelae aeslivales (zelae — ‘diaetae) c'est-à-dire les appartements d’été et ceux d'hiver. Il y avait aussi un véstibule (proaula), un consistoire (consislorium), une salle avec lits de table (ériclinia accubilalia), des thermes, un gymnase, une cuisine, un hippodrome.

De même, au palais de Constantin, il existait un prothyron où veillaient des doryphores et des hoplites, un Consistoire où siégeait le conseil de l'empereur, un palais des Dix-neuf lits qui servait aux festins d’apparat. Mais il y

1. Max Bonnet, Supplementum Codicis apocr., 1. Acta Thomae, Leipzig, 1883, p. 140; Schlosser, dans Sifzungsberichle der philosoph. histor. Classe der kaiserl. Akad. der Wissenschaflen, L. CXXIIT, Vienne, 1891, p. 51, Dans

la version grecque de ces actes, la description du palais est très abrégée ; cf. M. Bonnet, op. cil., p. lé, 15.

avait, en plus, des églises et des oratoires disséminés dans toutes les parties du palais, car l'empereur très chrétien, comme l’avait dit Eusèbe, avait voulu, en construisant son palais, donner une vision réelle de la royauté du Christ.

Ainsi, le palais de Constantin formait un tout organique, comme le palais de Dioclétien à Spalato et comme ce palais idéal que lapôtre Thomas, institué architecte par la légende, aurait tracé un jour sur le sable de l'Inde.

Le palais que Théodoric, roi des Ostrogoths, se fit construire à Ravenne, après s'être emparé de la ville à la fin du cinquième siècle, présentait aussi certaines analogies avec le palais de Constantin. Le front du palais où se trouvait la porte principale, la prima porta, avait reçu le surnom de ad Calchi ou ad Calcem!', comme à Constantinople. Comme Constantin, Théodoric avait fait placer son image sur le front de sa demeure, C'était une mosaïque représentant le roi, revêtu de la cuirasse, tenant dans la main droite la lance et dans la gauche le bouclier. Des allégories figuraient Rome et Ravenne. Rome, sous la figure d’une femme casquée, était debout, tenant la lance, tandis que Ravenne, une épée à la main, le pied droit sur la mer et le gauche posé sur la terre, se tournait vers le roi?. Des soldats gardaient aussi les abords de la demeure ; c’élaient les scolari palalini, les scholaires du palais’; un autre quartier, appelé scubilus * (excubilus), élait assigné à un autre détachement, les excubiteurs.

Une façade de ce palais est représentée sur la célèbre mosaique de Saint-Apollinaire-Neuf à Ravenne. Au milieu se détache un portique surmonté d’un fronton triangulaire, où se lit l'inscription PALATIVM. On y accède par trois

1. Cf. Fantuzzi, Monumenti Ravennali de'secoli di mezzo, Venise, 1801, t. II, p. 297; Zirardini, Degli antichi edifizi profani di Ravenna, Faenza, 1762, p. 109, 101, 106.

2, Zirardini, op. cit., p. 107, 108.

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