‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 136 sur 145 · Cer., II, 18, p · texte numérisé non relu

Cer., II, 18, p

5. Cer., II, 18, p. 606-607; cf. p. 601; cf. Theoph. Cont., VI, 35, p. 456-

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subsistaient encore!. Sans doute les vieux monuments durent subir des restaurations. Basile [° restaura la Chalcé et Constantin VII le palais des Dix-neuf lits. Mais, dans son ensemble, l’ancien palais conserva son aspect primitif et la plupart des constructions anciennes subsistèrent à côté des nouvelles. Même quand certaines parties du palais ne furent plus habitées journellement par les empereurs, elles furent appropriées à d’autres usages. Ainsi, le palais de Théophile était encore utilisé au dixième siècle, bien qu à celteépoquelesempereurs eussent élu pour demeureleChrysotriclinos?. Au moment où Constantin Porphyrogénète décrivait, dans la Vie de Basile, les édifices élevés par son illustre aïeul, le Triconque avec ses dépendances existait encore.

En était-il de même des monuments plus anciens?

Les textes répondront eux-mêmes à cette question. II suffit d'examiner les chapitres 1,10,16,17, 19, 20,21, 23,28, 30, 31,32, 30, 37, 50, 52, 53, 55, 62, 66,68, 70,71 du livre premier,etles chapitres 10,11,18, 21,33, 34 du livresecond, qui sont tous postérieurs à l’éreclion du Triconque par Théophile, dont quelques-uns sont même d’une époque plus tardive, puisqu'ils ont été rédigés après la construction de la Nouvelle-Église, du Kénourgion et de l'église de Saint- Démétrius. Le traité de Philothée, qui a permis d'établir, pour quelques textes, des limites de rédaction, mentionne aussi des édifices anciens qui subsistaient en l’an goo. Un autre chapitre donne lieu aux mêmes constatations. Il s'agit du chapitre 15 du livre second, où sont décrites les réceplions en l'honneur des étrangers, sous le règne de Constantin VIT.

1. J'ai fait figurer, sur le plan, le palais tel qu'il existait au dixième siècle, parce que c'est à cette époque qu'on peut affirmer avec le plus de certitude la juxtaposition et la simultanéité des monuments. Plus tard le palais subit des modifications. Le Mouchroutas, construit à l'ouest du Chrysotriclinos, fut peut-être élevé sur l'emplacement du Lausiacos, qui

n'est pas mentionné par Nicolas Mesaritis.

À cette époque, comme au moment où ont été rédigés les textes précédents, le palais de Constantin existait encore. La Chalcé de Justinien était toujours la porte d'honneur. Le Chrysotriclinos, l’octogone de Justin IL, avec les appartements impériaux et ses dépendances, subsistait à côté des constructions de Justinien Il, le Lausiacos, le Justinianos, et l'entrée des Skyla, du côté du Cirque. L'église de la Vierge-du-Phare, élevée par Constantin V, se dressait toujours sur la terrasse, à l'est de la salle du trône. Certains monuments avaient cependant disparu, les phiales des deux factions, détruites pour faire place à d’autres édifices; d’autres, furent déplacés, comme le Tzycanistérion, reporté vers l’est, au moment de la construction de la Nouvelle- Église!

Entre le Cirque et la Marmara, les nouveaux monuments occupaient tout le terrain que Constantin n'avait utilisé qu'en partie pour édifier son palais. Les constructions de Justin Il, de Justinien Il, de Constantin V, de Théophile, de Michel TT, de Basile I“ et de Léon VI s'élevèrent ainsi à côté de l’ancienne demeure du fondateur de Constanti-

1. Le Consistoire d'hiver subsistait sans doute au dixièmesiècle. Il est mentionné au chapitre 53 du livre [* avec le Triconque (v. plus haut, p.203). Parmi les monuments qui n'apparaissent pas dans les textes postérieurs, il faut citer l'Arma (v. plus haut, p. 63, n. 2). Cet édifice n’est signalé que dans un texte (Cer., II, 27, p. 629) relatant des faits de l'époque d'Héraclius. Le Castrisiacon et l’église de Sainte-Christine ne sont cilés que dans un chapitre (Cer., I, 41, p. 211, 214, 215), texte ancien qui a subi des additions postérieures (v. plus haut, p. 64, n. 1, 75, 2011. Le Delphax et les Indi sont signalés dans le chapitre I, 46, p. 234, 286, texte qui n'est pas daté avec certitude (v. plus haut, p. 43, n. 4, 66, 202). Il n’est pas certain que ces édifices existaient au dixième siècle. Je ne les ai pas fait figurer sur le plan. Il en est de même de la cuisine, du raphion et des Asecretia mentionnés dans le chapitre IT, 1,.p. 518, 519, qui à été rédigé après la construction du Lausiacos et du Justinianos par Justinien II (v. plus haut, p. 95, n. 3, 124, 212). La situation de ces locaux locaux ne peut être établie avec certitude. L'emplacement du skevophylakion, de l'oratoire de Saint-Basile et de l'Idikon ne pouvait être non plus précisé (v. plus haut, p.91, n. 6, 95, 124). Il fallait éviter l’exactitude trop rigoureuse de Labarte, qui prétend assigner à tous les monuments une place certaine. Il serait aussi vain de chercher à localiser la porte d'ivoire, la porte du Spatharikion, la Porphyra ou le Cavallarios (v. plus haut, p. 148, 154 s.). Aussi s'est-on attaché surtout à représenter sur le plan l'ordonnance générale du grand palais.

nople. Même quand le vieux palais de Daphné ne fut plus le domicile de prédilection des empereurs, ils s’y rendront toujours pour accomplir certains actes rituels, prescrits par le cérémonial. C’est qu'ils avaient un respect sacré pour les vieux édifices et pour les vieilles coutumes. Détruire un monument ou une église, c'était commettre un sacrilège.

Lorsque Justinien IT, à la fin du septième siècle, voulut construire la phiale des Bleus, il pensa que le meilleur emplacement était le terrain, qui s’étendait près de la terrasse de Chrysotriclinos et des appartements impériaux. Ici, se dressait une église, la Vierge-du-Métropolite, qu’il fallait faire disparaître. Mais un sanctuaire ne pouvait être détruit sans la permission et sans l'intervention du patriarche, qui prononçait à cette occasion une prière. Le patriarche Callinicos refusa de participer à une telle œuvre; mais il fut contraint par l’empereur et dut finalement céder au désir de son souverain. L'église fut détruite et la phiale construite. Mais Justinien II dut bâtir une autre église, placée sous le même vocable, dans un autre quartier de la ville, au Pétrion !. On s'explique que les basiliques, les rotondes et les octogones anciens aient subsisté dans l’enceinte du palais à côté des églises aux multiples coupoles.

Les empereurs ne recherchèrent jamais l’uniformité. Très respectueux du passé, mais épris en même temps des formes nouvelles, ils ne sacrifièrent jamais le vieux au nouveau. Leur palais reflète ainsi la diversité des époques, mais il reste, en même temps, le témoin d’une tradition ininterrompue. Constantin VII, le grand amateur d’antiquités, en entreprenant la compilation des cérémonies, transmettait à la postérité, non seulement les anciennes traditions qui étaient la parure de l'empire, mais aussi le miroir poli (xdromroov vedsumxrov)? où se reflétaient la grandeur et la magnificence de ses devanciers.

1. Théophane, t. I, p. 368; Cedrenus, t. I, p. 774. J ZACErR D. .

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