‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 48 sur 145 · Cer., ÉD ME PAM MS TRE 0 HADAIOIL 2 Gt IT, LR p · texte numérisé non relu

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souverains y attendaient aussi l'heure de la procession et, le moment arrivé,ils allaient à l’Octogone revêtir leurs habits d'apparat!. Quand ils rentraient au palais, ils quittaient leurs vêtements de cérémonie à l'Octogone et entraient au kiton de Daphné pour en revêtir d'autres ?. Souvent aussi, le kiton de Daphné est signalé comme étant le lieu où les empereurs revêtaient leur costume d’apparat. Dans certains cas, ils sortaient du kiton de Daphné pour revêtir leurs vêtements de fête à l’Octogone‘.

Ainsi, d’après le livre des Cérémonies, l'Octogone et la chambre désignée, sous le nom de kiton de l’Octogone, de l’Augusteus ou de Daphné, servaient de salon d’attente et de vestiaire. Mais ils ne durent pas toujours servir à ces usages. Ils faisaient sans doute primitivement partie des appartements occupés par les empereurs, avant la construction d’autres édifices où ils allèrent habiter plus tard. Le palais de Daphné se composait, en effet, d'une salle d'apparat, l'Augusteus, qui était l'édifice central où l’on parvenait, après avoir traversé la terrasse de l’'Onopodion el franchi le portique. Près de cette salle principale, on rencontrait, en se dirigeant du côté de l’Hippodrome, l’église de Saint-Étienne, et des appartements, l'Octogone et la chambre de l’Octogone ?.

D'autres monuments complétaient cet ensemble. Outre l'église de Saint-Étienne, le palais de Daphné contenait plusieurs autres sanctuaires dont la structure est inconnue. Ces églises, les empereurs les traversaient à certaines fêtes, avant d'entrer dans la salle de l’Augusteus. Ils se rendaient

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5. Après avoir traversé l’'Augusteus, l'empereur entrait à Saint-Étienne avant de monter l'escalier en “colimaçon qui donnait accès au Cathisma. (Cer., 1,68, p. 304). En revenant du Cirque, l'empereur, après avoir descendu l'escalier en colimacon, entrait au kiton de l'Octogone près de Saint-Étienne (Cer., I, 72, p. 362).

d'abord dans l’église de la Vierge où ils priaient!, puis dans l’oratoire de la Trinité, situé à côté de l’église de la Vierge. Après leur prière, qu'ils faisaient sans doute en se tenant debout devant les portes du sanctuaire, ils passaient par le côté du sanctuaire (bêma)et entraient dans un passage resserré (oreväxoy) où étaient déposées des reliques, devant lesquelles ils priaient aussi. Enfin, ils entraient au Baptistère où se trouvaient trois grandes croix très belles et pénétraient de là à l'Augusteus?. Ainsi, toutes ces églises (pl. 19 e) se trouvaient sur le chemin suivi par l’empereur pour gagner la grande salle du palais de Daphné.

Généralement, tous ces sanctuaires ne sont pas énumérés dans l'itinéraire et les actes de dévotion, auxquels les empereurs se livraient dans ces églises, ne sont pas toujours décrits avec la même minulie. L'empereur, dans certains cas, ne se rendait pas dans toutes ces églises. Souvent, elles sont désignées par le terme général d’oratoires et les textes indiquent simplement que l’empereur, passant par Daphné, allait, avant d’entrer à l’Augusteus ou dans sa chambre, allumer, suivant la coutume, des cierges et prier dans ces oratoires *.

Le palais de Daphné fut souvent utilisé comme lieu de passage. Le mot de Daphné indique parfois un itinéraire suivi pour se rendre soit à l’Augusteus, soit à l’église de Saint-Étienne 5. Des passages (dufarxé) conduisaient à l'Augusteus et à Saint-Étienne. Une galerie (pl. 19 f) faisait

1. Cer., [, 1, p. 7. Ce naos de la Vierge est appelé rpwtdztiotos ; Ce qui indique sans doute qu'il fut construit avant les autres églises voisines.

2. Cer., I, 1, p. 8. D'après le texte, Ger., IL. 23, p. 129, l’empereur ne semble pas entrer au Baptistère. I1 allume des cierges en dehors, devant les croix. Ces croix étaient probablement à l'entrée de l'édifice. Un autre texte, Cer., 1, 32, p. 174, dit simplement que l’empereur allait prier devant les croix.

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bCer., 1, 25; p. J40511, 40, p. 2025 I," 44/p. 225300 60 D 270- 0 0. p. 304.

6. Cer., IT, 15, p. 573, 584. Ces passages faisaient communiquer l'Au-

ainsi communiquer les monuments du palais de Daphné! Ces monuments se groupaient sans doute autour d’un édifice central, l'Augusteus, et devaient occuper une superficie assez vaste.

gusteus et l'Abside (sur l'Abside, v. plus bas). Ils devaient se prolonger au delà de l'Augusteus. Une impératrice, sortant du kilon de l'Octogone, suit le passage de Saint- Étienne, pour entrer à l'Augusteus où elle va être couronnée (Cer., I, 41, p. 208).

1. Bjeljaev, Byz anlina, 1, p. 100 Ss., a critiqué fort justement la disposition que Labarte a adoptée pour le palais de Daphné. Labarte, Palais, pl. Il, place l'Augusteus, l'Octogone et le kiton (n°5 48, 50, 51) loin de l'église de Saint-Etienne (n° 54), qui est identifiée à tort avec l’église de l'Hippodrome. Pour relier cette église avec les monuments du palais de Daphné, Labarte invente une longue galerie (n° 52) qu'il appelle reotratos. Pour prouver l'existence de cette galerie (ibid., p. 139-140), il s'appuie sur.un texte de Codinus, de Signis, p. 84, qui indique l’existence d'un peripatos du palais près de la Chalcé et non pas au palais de Daphné. Il est gêné par les textes qui indiquent la proximité de l'Octogone el de l” église de Saint-Étienne et les chers bitrairement. D'après lui, la préposition 725 dans le texte, Cer., [, 1, p. 7, « n'indique pas la contiguité des deux localités mais bien qu elles s'élevaient en face l’une de l’autre ». Il enconelut que Saint-Étienne n'était pas immédiatement attenant au palais de Daphné. Il cite à l'appui de sa thèse le texte de Théophane, t. 1, p. 4H sur le couronnement et le mariage de limpératrice Irène, en 768. Après le couronnement, qui eut lieu au triclinos de l’Augusteus, l'Augusta se rendit à l'église de Saint-Étienne-de-Daphné pour y ètre mariée à l'empereur Léon. D'après Labarte, le mot ar:}0udox, employé par Théophane pour indiquer le trajet suivi par l'impératrice de l'Augusteus à Saint-Étienne, est une preuve de l'éloignement des deux édifices. Les diabatica de Daphné(ibid., p. 66, 132 s., pl. I, n° 44) seraient, d'après Labarte, une longue galerie, perpendiculaire au palais de Daphné et les oratoires auraient été situés à l'extrémité de cette galerie, assez loin par conséquent de l’Augusteus. D’après les textes, au contraire, ces oratoires s'élevaient non loin de l’Augusteus. Derrière Daphné, Labarte indique une grande cour (pl. If, n° 41) qu'aucun texte ne mentionne. Il place dans cette cour ce qu'il appelle la conciergerie du palais de Daphné (n° 40) qui est située près de la porte de fer (n° 39). Cette porte donne accès de la cour de Daphné à l'Hippodrome. L'existence d’une porte de fer à Daphné est attestée par Theodosios Melitenos, Chron., p. 160. Elle avait été construite au neuvième siècle, sous Michel IIT, par Théoctiste, qui préposa un papias à sa garde (cf. Cer., IL, 52, p.725). Mais sa situation n’est pas connue et Labarte (ibid., p. 65) ne s'appuie sur rien pour justifier la position de cette porte et l'existence de la conciergerie et de la cour de Daphné. Paspatis ?Avxxroga, p. 215, a placé, comme Labarte, les oraloires de Daphné (pl. n°5 87, 38, 39) à l’extrémité d'une longue galerie, loin de l’Augusteus (n° 46). Mais il a distingué(ibid., p. 211) Saint- Étliennede- l'Hippodrome de Saint-Étienne-de-Daphné (pl. n° 4). M. Reber, Karol. Palast, p. 764 s., a confondu les deux églises. Le palais de Daphné, sur son plan, est relégué vers l'extrémité de l'Hippodrome. En plaçant le Chrysotriclinos à la place où s'élevait le palais de Daphné, M. Reber, on l'a vu, est parti d'une donnée fausse pour reconstruire le palais.

Le premier de ces édifices (5 rpxuvos rüv Dexaewvéx *AxxouBirwv) (pl. 16), dont la construction est attribuée par la tradition à Constantin !, était ainsi appelé de dix-neuf lits (accubita) sur lesquels on se couchait, à la manière antique, pour prendre part aux festins.

C'était, d’après Luitprand, un monument élevé, d'une beauté incomparable. À la fête de Noël, l'empereur et ses convives venaient y festoyer autour des dix-neuf tables (mensæ). Dans ces occasions, on utilisait seulement de la vaisselle d’or. L'évêque de Crémone, qui assista à l’un de ces festins, raconte qu'après le repas on apporta des fruits dans trois vases d'or, qui, à cause de leur poids, ne furent pas apportés à main d'hommes, mais sur des chariots recouverts de pourpre. Deux vases furent déposés sur la table de la façon suivante. Par les ouvertures du plafond trois cordes, recouvertes de cuir doré et munies d’anneaux d'or, furent descendues. Ces anneaux furent engagés dans les anses des vases, qui furent soulevés par une machine tournante, placée au-dessus du plafond, et hissés sur la table?.

1. Preger, Script. Orig. Const., t. II, p. 144. 2. Luitprand, Anfapod., VI, 8, Mon. Germ. Hist. Script., t. III, p. 338-339.

Luitprand, qui avait été admis à l’un de ces festins en sa qualité d'ambassadeur du roi Bérenger à la cour de Constantin VIT, vit très probablement cet édifice après une restauration faite à sa toiture qui tombait en ruine. Le toit doré, qui avait souffert des intempéries, fut remis à neuf par les soins de Constantin VIL Il y disposa des cavités octogonales et les décora d'ouvertures ! et d'ornements ciselés, représentant des sarments de vigne, des feuilles et des arbres. Tout autour l'or était semé?. Et c'est dans cette salle somptueuse, que, suivant les habitudes de la cour, le cadavre du grand empereur fut exposé *.

La salle des Dix-neuf lits était surtout réservée aux fesüns d’apparat. On y traitait magnifiquement les étrangers illustres qu'on voulait éblouir par le déploiement d’un luxe extraordinaire. Luitprand nous a laissé l'écho de sa naïve admiration. Les envoyés sarrasins ne furent sans doute pas moins émerveillés #.

Pendant les douze jours de fête Guÿexzuesov), de Noël à la fête de l'Épiphanie, les empereurs avaient coutume de donner dans cette salle une série de banquets . L’empereur invitait à sa table auguste douze amis (su), choisis parmi les dignitaires et les fonctionnaires et parmi les hôtes illustres de la Ville. Ces invités, étendus sur les lits autour de la table, symbolisaient les douze apôtres 5.

1. Le mot 07a!, qu'emploie Théophane Continué (VI, 20, p. 449), semble bien indiquer des trous pratiqués dans la toiture. Luitprand (loc. cit.) mentionne aussi les foramina laquearis.

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