Guillaume de Tyr, Histor., XXII, 4, p
6. Hesychius, Zex.; Sophocles, Gr. Lex., 8. v.; Cer., II, 15, p. 593. D'après ce texte, le triclinos de la coupole aurait été faussement appelé Oatos. Cette dernière appellation désignerait la Sacellè. Mais l’auteur de cette remarque, qui doit être un scoliaste postérieur, a fait erreur. Les autres textes du livre des Cérémonies distinguent la Sacellè de l'Oaton, qui est identifié avec le triclinos de la coupole (cf. Synaæar. Eccles. Const. loc. eute)
7. La fête de sainte Christine, martyre, tombait le 24 juillet. On célé-
Lorsque l’impératrice, après son mariage, se rendait à ce bain, un brillant cortège l’accompagnait dès le seuil de la chambre nupliale. Les uns se tenaient au portique de la Magnaure, les autres en face, près de l'écurie. Des orgues élaient placées à l’anadendradion, à l'entrée de l'écurie, et un peu plus loin, au-delà du seuil de l'escalier qui descendait au bain. Des dignitaires se tenaient au pont que l'on traversait, pour descendre au bain. Les uns l’accompagnaient jusqu’à l'escalier qui descendait au pont, du côté de l'Oaton, d’autres jusqu’à l'escalier, par lequel on desdait à l’église de Sainte-Christine. Au retour, le même cortège l’accompagnait jusqu'à la conque de la chambre nupliale, tandis que les femmes de sa suite rentraient au palais en passant derrière l’Oaton!.
Ainsi, à côté du palais, se dressaient plusieurs monuments. La Magnaure, le plus grand et le plus somptueux,
brait sa mémoire dans son martyrion, au Nouveau-Palais et dans d’autres églises (cf.Synax. Eccles. Const., p. 839, 840 ; Gedeon, But. ‘Eoet., p. 135). L'écurie signalée ici doit être distinguée de l'écurie des mulets qui se trouvait aux Scholes (v. plus haut, p. 31). Il existait une autre écurie près des Skyla (v. plus bas). Une de ces écuries, mais on ignore laquelle, fut construite par Michel III. Elle était recouverte d’une coupole etornée de marbres (cf. Preger, Script. Orig. Const., t. II, p. 225). Il existait aussi plusieurs bains au palais. Basile [°* en construisit un près de la terrasse du Phare (v. plus bas). La tradition en attribue deux à Constantin. L'un, le bain d'Iconomios avoisinait le Tzycanistérion ; il avait sept compartiments, douze portiques et une grande piscine. Il subsista jusqu’au règne de Nicéphore Phocas. Jean Tzymiscès (969-976) le détruisit et construisit avec les matériaux la Chalcé où il fut enterré (Preger, loc. cif., p.145). Il s'agit ici de l'oratoire du Christ à la Chalcé, que Tzimiscès agrandit. Sous Léon V l'Arménien, il existait un autre bain, appelé ILôHxov, dans la fournäise duquel Michel le Bègue faillit être jeté pour avoir conspiré contre l'empereur (cf. Genesius, p. 21.). L'emplacement de ce bain n'est pas non plus déterminé. Il en est de même du bain du grand palais où Romain [IT Argyre fut noyé (1034) (cf. Cedrenus, t. Il, p. 505).
1. Cer., I, 41, p. 214-216. Le texte présente quelques obscurités. La faction des Bleus se tenait giç toy deuôy EuBorov As Mavvaÿoas 0< otuy f TÜAn roù Adyouvotéws. Le manuscrit a &$ au lieu de 54 et Reiske a conjecturé 6e &e nv ronv. Il s’agit ici non pas de l’Augusteus, mais de la place de l’'Augustéon. Le portique de la Magnaure aurait été situé non loin de la porte de l’Augustéon ; c'était sans doute une des portes du portique qui bordait la place. Le x{vsos serait un des piliers de cette porte. La roèwots du pont, où se tiennent les hypati, est peut-être l'extrémité du pont, tandis que la rpareça du pont, où se tiennent les patrices, en serait le milieu, l'endroit plat.
s'élevait au milieu de jardins et de terrasses, d’où l’on descendait, du côté de la mer, à un bain et à une église de Sainte-Christine. Plus près du palais, se trouvaient l'Oaton avec sa coupole et la Sacellè, qui communiquaient d'un côté avec la Magnaure, de l’autre avec l’église du Seigneur. Cette dernière église, qui avoisinait le Consistoire et les quartiers des Excubites et des Candidats!, devait être située dans la cour qui précédait le palais de Daphné. De cette cour, on pouvaitse rendre, soit à la Magnaure, soit à la Sacellè et à l'Oaton. Ainsi, de ce côté, des issues donnaient accès à ces monuments indépendants. Aucune communication n’est signalée entre la Magnaure et le quartier des Scholes. Ce quartier, où staticnnaient les scholaires et où s’élevaient, on l'a vu, plusieurs monuments, n'avait que deux issues ; l’une, la Chalcé, donnait accès à la place de lAugustéon, l'autre, la porte des Excubites, donnait accès à la cour qui précédait Daphné. Le quartier des Scholes devait donc être aussi une cour, où l'on pénétrait, après avoir franchi le vestibule de la Chalcé. Avant d'arriver aux appartements de l’empereur, il fallait encore traverser une deuxième cour où stationnaient les corps de troupes, les excubiteurs et les candidats, qui veillaient sur la personne sacrée du basileus.
1ACPCen AA p65 510 pr TND 578 plus haut, D 69;
Construit par Justin IT (565-578) !,le Chrysotriclinos ou triclinos d’or (6 Xevsorptxlivos) ? fut embelli et magnifiquement décoré par Tibère IT 578-582}. Il constituait, d'après Luitprand, la partie la plus imposante de la cour. Au dixième siècle, Romain [‘ l'habitait, ayant assigné pour demeure à son gendre Constantin VII et à ses fils Étienne et Constantin d’autres parties du palais #.
La construction de ce monument devait modifier considérablement la topographie de la demeure impériale. Le centre du palais, qui était jusqu'alors le palais de Daphné, fut déplacé. Autour du Chrysotriclinos (pl. 35) s'élèveront de nouvelles constructions. Ce monument, qui l’emportait sur tous les autres par sa grandeur et sa magnificence, devint la salle d’apparat somptueuse où se déroulèrent les plus imposantes cérémonies et occupa une place très importante dans la vie des « saints empereurs conduits par la main de Dieu? ».
1. Suidas, Leæ., &. v., lovotivos; Leo Grammat., p. 132; Zonaras, XIV, 10, t. III, p. 285. Une autre tradition, reproduite par Codinus, de Aed., p.100, l'attribue faussement à Justinien Il; cf. Richter, OQuellen, p. 316, n. 2.
2. C'est la forme la plus généralement employée; on rencontre aussi la forme to XpevootofxAtvoy,
3. Leo Grammat., p. 137; Cedrenus, t. [, p. 690; Zonaras, XIV, 11, €. IT,
4. Luitprand, Antapod., VI, 21, Mon. Germ. Hist., Script., t. IL, p. 333.
DMRCer ep b215 11512581;
Le Chrysotriclinos était un octogone recouvert d'une coupole (r60510), dont une miniature de Skylitzès reproduit grossièrement l'aspect. C'est un édifice rond, surmonté d'une coupole, avec une porte ouverte. Au fond, apparaît une autre porte fermée !. Cette coupole était percée de seize fenêtres ?. Au milieu pendait un lustre (polycandilon) *. Une grande corniche (xoswrne) décorait la salle !, Huit arcs (xaudou) soutenaient la coupole?. L’arc oriental s'ouvrait sur la conque (x57yr) de l’absidef.
1. Cf. Beylié, Habitation byzantine, p. 122; G. Schlumberger, Epopée byzantine, &. Il, Paris, 1900, p. 576.
2. Cer., Il, 15, p. 582, 586. Ces fenêtres sont appelées zapapat vwraywyof, On y avait suspendu, pour la réception des Sarrasins, de petits plateaux (sxourél ta) ciselés, à raison de sept par fenêtre.
3. Cer., Il, 24, p. 624; II, 52, p. 724; Il, 15, p. 582. À ce lustre étaient suspendus des vêtements et des bijoux d’impératrices : deux srnfosapéraha. Ce mot composé est obscur. On ne voit pas ce que l’auteur entend par caracalla de poitrine (cf. Sophocles, Gr. Lex., s. v.; Reiske, Comm, p. 687). Étaient suspendus également deux vêtements (diaxortai), (?) dont l'un faisait partie du costume de fiancée et dont l’autre était conservé au Phylax, enfin deux pendeloques (xatas:t5t4) qu'on suspendait à la couronne de l'impératrice. Le texte mentionne encore deux ryzréoux, mot obscur par lequel on entendait peut-être un vêtement rigide, serrant le buste (cf. Reiske, Comm., p.690). Un lustre (rokv#hauos) était suspendu au milieu de la table dorée (Cer., I, 14, p. 93).
4, Cer., II, 15, p. 582. De grands plateaux (utvsoëpta) et de grands plats de table (mecosxoÿtekAa) en argent ciselé étaient suspendus y t@ uey#h® xoounÂtn t0ÿ aûtoë Xovsotourkivou sis tobs éxeïos davylzas. Le mot cosmitis ne semble pas désigner ici le linteau supporté par des colonnes et séparant le sanctuaire du reste de l’église (cf. Germain, Rerum eccles. conlempl., Migne, P. G., t. XCVIII, col. 389; Sophronius, Comm. liturg., Migne, P. G., t. LXXXVII, col. 3984). Il s’agit peut-être d’une architrave supportée par des colonnes. Cependant aucun texte ne mentionne l'existence de galeries au Chrysotriclinos (cf. Estienne; Du Cange, GL gr., s. v.; Constant Porphyr., De Adm. Imp., c. 29, p. 86; Preger, Script. Orig. Const., t. I, p. 93, 127). C'était probablement une corniche à la base de la coupole, au-dessous des fenêtres. Le mot davyltas est obscur. Labarte, Palais, p. 163-164, le corrige en Ôtavy{tas dont il trouve l'étymologie dans du aÿyhv, à travers la lumière, D'après lui, ce serait une galerie circulaire, placée au-dessous des fenêtres de la coupole. Elle aurait été ainsi appelée parce qu'elle était exposée au plus grand jour et pénétrée de part en part par les rayons du soleil. Bjeljaev, Byzanlina, I, p. 12, n. 4, propose la lecture vyyitns, et entend par là des fenêtres placées au dessus de l’entablement et différentes des seize fenêtres de la coupole.
5. Cer., IT, 15, p. 580. A ces huit arcs on avait suspendu des couronnes (sséppara) de l'église de la Vierge-du-Phare et d’autres églises du palais, différents objets émaillés provenant du Phylax, ainsi que des chlamydes d’empereurs et d’impératrices.
6. Cer., IT, 15, p. 581. La camara, qui s'ouvrait sur l’abside, est appelée
Cette salle, par sa structure architecturale, offrait des analogies avec certains édifices religieux du sixième siècle, avec l’église de Saint-Vital à Ravenne et avec l’ancienne église des Saints-Serge-et-Bacchus (Kutchuk-A ya-Sofia) à Constantinople. Cependant la coupole du Chrysotriclinos différait des coupoles de ces deux monuments. Elle élait percée de seize fenêtres et devait, par conséquent, se composer de seize pans. À Saint-Vital, les huit fenêtres de la coupole sont disposées au-dessus des grands arcs de l'octogone. Au-dessus des piliers, des trompes d'angle font la transition entre les arêtes de l'octogone et la coupole !. À Saint-Serge, la coupole a seize pans. Les huit pans, audessus des grands arcs de l’octogone, sont seuls percés de fenêtres. Les huit autres sont des surfaces concaves, qui reposent sur les huit piliers de l'octogone *.
Comme ces deux églises, le Chrysotriclinos était un édifice octogonal, dont l’arc oriental s’ouvrait sur une abside. Mais les sept autres arcs s’ouvraient-ils sur des niches demi-circulaires comme à Saint-Vital *? Ou bien l’architecte aurait-il pris comme modèle l’église des Saints-Serge-et- Bacchus où seuls les quatre côtés obliques de l’octogone se terminent par des niches {? Il est probable que les sept arcs camara orientale. Dans cette camara, on n'avait pas suspendu d'objets en émail, mais on l’avait décorée de couronnes. Aux sept autres camarae pendaient de grands lustres en argent, retenus par des chaînes, et provenant de l’église de la Vierge-du-Phare. Dans la conque orientale, en face des trois lampes, étaient suspendues trois couronnes : en avant, la couronne verte de l'église des Saints-Apôtres; à droite, la couronne bleue de l'église de la Vierge-du-Phare ; à gauche, la couronne bleue de l’église de Saint-Démétrius. Ces trois couronnes étaient ornées d’une croix et d'un vase sacré en forme de colombe (xeptotepd). La camara qui se trouve à l’est du Chrysotriclinos (Cer., I, 64, p. 290) est appelée une fois (Cer., I, 33, p. 178) camara impériale, parce que l'empereur s’y asseyait et parce qu'elle s'’ouvrait sur la conque où était placé le trône impérial.
1. Cf. C. Ricci, Ravenna, Bergamo, 1902, p. 45; Ch. Diehl, Ravenne, Paris, 1903, p. 72-73.
2, Cf. ma Mission à Constantinople dans Revue archéologique, 1909, t. XIV, II, p. 10.
3. Cf. J. Gailhabaud, Monum. anciens el modernes, Paris, 1850, t. If, pl. IL, fig. 1; Ch. Bayet, l'Art byzantin, Paris, 3° éd., p. 57, fig. 13.
4. Cf. Pulgher, les Anciennes Églises byzant. de Constantinople, Vienne, 1880, pl. IT, fig. 1.
mentionnés s’ouvraient sur des niches toutes semblables, quirayonnaient autour de la salle, comme à Saint-Vital. Le huitième arc, l'arc oriental, s’ouvrait sur l’hémicycle de l'abside terminée par une conque!.
Dans cet hémicycle qui, comme dans les églises, était le sanctuaire (&ju+) du Chrysotriclinos, se dressait le trône impérial?. Quand l’empereur prenait place sur ce trône (Bpévos, sivrbos, sévioc) ?, son cortège se tenait en cercle derrière lui, dans le pourtour de l’hémicycle (gumxuov) . A droite et à gauche, était placé un autre siège (XX) réservé au basileus ?, ainsi que d’autres sièges réservés aux empereurs associés au trône,
C'est sur un de ces sièges, recouvert de drap d’or, qu'était assis le roi Amaury de Jérusalem, quand :ïl fut reçu, en 1171, par Manuel Comnène. Le roi avait pris place sur un siège moins élevé que le trône d’or de l’empereur. Puis, le grand rideau (courtine) de soie, tissé d’or et orné de pierres précieuses, qui était suspendu devant le trône impérial, fut tiré elles deux souverains apparurent aux barons de Syrie émerveillés 7.
1. Labarte, Palais, p. 161, 163, prétend que les huit côtés de l’octogone se terminaient par des absides en hémicyele et, sur son plan (pl. IE, n° 95), il figure le Chrysotriclinos avec huit absides toutes identiques. Mais une seule conque et un seul hémicycle sont signalés à l'est. Les sept arcs devaient s'ouvrir non pas sur des absides, mais sur des niches, comme à Saint-Vilal. A ces niches élaient suspendues des portières qui, on le verra, jouaient un rôle important dans le cérémonial. Ces niches devaient être toutes semblables et ressembler à celles de Saint-Vital.
2er, 62; p- 705:
D ACers CU SD RE 20 SSChol RIM TES ED STATS SD AC IIS D GS ST D CSL AS D EP 01 ip" 201-002 MDI MPanmISles trônes qui décoraient la salle, se trouvaient le trône d’Arcadius et celui de Constantin (Cer., 11, 15, p. 587).