XIV PRÉFACE
souvent l'essentiel, la structure du monument, sa caracléristique architecturale, son originalité. Il ÿ avail en eux quelque chose de l'âme des foules qui admirent plus volontiers la richesse des matériaux que le talent même de l'artiste.
Les renseignements fournis parle livre des Cérémonies, la source la plus importante pour l'étude du palais, sont eux-mêmes incomplets. Les rédacteurs ne se sont jamais souciés de décrire le cadre où évoluent leurs personnages; leur tâche est autre. Ils doivent fixer les menus détails du rite, sans lesquels le cérémonial n'a plus de sens.
Leurs écrits seront un code, une loi, la loi de la politesse des cours, aussi sérieuse, aussi impersonnelle qu'un texte juridique. Ces pauvres textes sont assurément un reflet bien pâle, bien amoindri de tout ce faste oriental. Mais les renseignements qu'ils nous donnent sur la demeure princière sont d'autant plus précieux et d'autant plus dignes de foi.
Ils ont été rédigés par des gens qui fréquentaient journellement la cour, qui en connaissaient à fond toutes les parties. En composant les actes du protocole, ils décrivaient, pour ainsi dire inconsciemment, les édifices palatins, mais non pas d’une manière complète et systématique. Ce n'est trop souvent que par des déductions complexes qu’on parvient à connaître la structure de certains monuments. D'autres restent dans l'ombre, parce qu'ils ne jouaient aucun rôle dans le cérémonial.
S1 ces textes ne nous donnent pas la vision de ces monuments disparus, ils nous révèlent du moins tout un côté de la vie byzantine. Grâce à eux on peut évoquer le cadre et Le milieu où se développa cette civilisation éprise de luxe. Les pierres reçoivent l'empreinte d’une époque. Et, en essayant de voir ce palais, on éprouvera peut-être la même impression de beauté, de grandeur, de puissance et de majesté qu'après une visite au palais de Versailles ou au Kremlin de Moscou.