PRÉFACE XY
On voudra bien, en lisant cette étude, se reporter au plan du palais et à la notice explicative qui l'accompagne. Il à été dressé par M. Ad. Thiers, que je remercie de sa précieuse collaboration. Ce m'est un agréable devoir d'adresser ici l’expression de ma profonde et respectueuse gratitude aux maîtres qui ont bien voulu m'entourer de leurs conseils et me soutenir de leur sympathie, à MM. Ch. Diehl, A. Harnack, K. Krumbacher, Th. Ouspensky, Ch. Bayet, A. Croiset, Th. Homolle, G. Schlumberger, B. Haussoullier, E. Boutroux, G. Millet, P. Perdrizet, F. Picavet, D. Serruys, J. Psichari.
Paris, décembre 1909.
Lorsqu'il transporta le siège de l'empire dans l’ancienne Byzance et choisit pour emplacement à sa nouvelle demeure les bords de la Marmara, Constantin y construisit un palais, conforme à la haute idée qu'il se faisait de sa mission et de son sacerdoce. L'empereur, en effet, est une personne sacrée. Entre la divinité et lui, il n'y a pas d'intermédiaire. Son intelligence est un reflet de l'intelligenee du Très-Haut!.
Constantin s’efforça toute sa vie de marquer sa royauté d'une empreinte divine. Installé par Dieu évêque de toute l'Église, il convoquait des synodes où il siégeait au milieu des évêques”. Au palais, il prenait part aux discussions théologiques qui avaient lieu autour du trône impérial*.
Chaque jour, à heures fixes, il s'enfermait dans un endroit retiré du palais pour s’entretenir seul à seul avec Dieu. Il observait scrupuleusement les fêtes religieuses. Il s’y adonnait, suivant une expression d'Eusèbe, de toutes les forces de son âme et de son corps. La veille de la fête, il passait la nuit en prière et, le matin venu, il distribuait des sommes d'argent au peuple“. Les « hommes de Dieu » entraient
1. Cf. Gasquet, De l'autorité impériale en malière religieuse à Byzance, Paris, 1879, p. 388.
2. Eusèbe, Via Constantini, I, 44, p. 28 ; III, 1, p. 77 ; Ill, 61, p. 109 ; IV, 24,-p. 1%.