‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 76 sur 145 · OU HR 9 KO M · texte numérisé non relu

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n'ont pu autoriser à l'intérieur du palais une ornementa: lion où la figure humaine occupait une aussi large place. Cette décoration remonte, au plus tôt, au milieu du neuvième siècle.

Au début du treizième siècle, l’église de la Vierge-du- Phare était encore un des, sanctuaires les plus riches et les plus vénérés du palais !. Ses dimensions ne semblent pas avoir été très grandes ?. Orientée à l’est, elle s'élevait non loin du Chrysotriclinos, près du Phare, sur la terrasse qui dominait la mer. Klle se trouvait ainsi à proximité des appartements impériaux. La Vierge, la Dame du logis, à qui ce sanctuaire avait été consacré et dont l’image devait briller dans l’abside, veillait ainsi sur la personne sacrée du basileus.

1. C'est probablement dans cette église que Baudouin fut élu empereur en 1204. D'après Villehardouin, la Conquête de Constantinople, éd. de Wailly, Paris, 1872, p. 152, l'élection eut lieu dans une « mult riche chapele, qui dedenz le palais ere »; le « grant palais » que signale en même temps Villehardouin doit être le Chrysotriclinos.

2. Antoine de Novaeorod, loc. cit., p. 98, l'appelle une petite église. Elle est désignée aussi sous le nom d'oratoire, edathotov; cf. Genesius, I, p. 7; Synax. eccles. Const., p. 331.

3. Labarte, Palais, p. 172, a placé l’église de la Vierge-du-Phare (pl. IT, n° 106) à l'extrémité méridionale de la terrasse, en l'orientant au sud. Paspalis, Avéatooa, l'a orientée avec raison à l’est (pl. n° 17), mais il l'a placée à tort en dehors de la terrasse. M. Reber, Xarol. Palast., place, sur son plan, l’église loin du Chrysotriclinos (W.) et sans communication avec lui; ce qui est en contradiction avec les textes.

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Dans le deuxième quart du neuvième siècle, Théophile, le dernier empereur iconoclaste, éleva au palais un assez grand nombred'édifices, dont le principal était le Triconque (Tolxoyxos OÙ Tpixoyxov)! (pl. 32). C'était une construction fort originale, recouverte d'un toit doré et flanquée de trois absides (xyyx) à l’est, au nord et au sud. L’abside orientale s’appuyait sur quatre colonnes ?. A l’ouest, entre deux colonnes, étaient disposées trois portes ; la porte centrale était en argent, les deux autres en bronze poli. Par ces portes on entrait du Triconque dans une salle demi-circulaire, le Sigma (Ziyua), dontles murs, comme ceux du Triconque, étaient recouverts de lambris de marbre aux couleurs variées et dont le toit resplendissant était soutenu par quinze colonnes” (pl. 32 A).

1. Theoph. Cont., IIT, 42, p. 140 s. D’après une tradition, le Triconque fut construit dans la onzième année du règne de Théophile, cf. Symeon Mag. post Theoph. Cont., 21, p. 640.

2. Ces colonnes étaient en pierre dite romaine (Afos ‘Pwyatos). C'était un porphyre rouge tacheté de points blancs et provenant d'Égypte : cf. Theoph. Cont., IT, 4%, p. 146 ; V, 85, p. 327 ; Anne Comnène, Alex., VII, 2, t. I, p. 230 ; Daremberg, Saglio et Pottier, Dict. des Antiq. grecq. et rom., art. lapides.

3. Cette salle avait été ainsi appelée à cause de sa ressemblance avec la lettre sigma, en croissant de lune.Les quinze colonnes étaient en pierre de Dokimia (A00o$ Anzxtunvôs), ville de Phrygie, voisine de Synnada. Ce marbre était blanc, à veines violettes; cf. Theoph. Cont., III, 48,

LE TRICONQUE ET SES DÉPENDANCES Ju

Ces deux salles avaient un sous-sol. A l'étage inférieur du Sigma, où l’on descendait par un escalier (or6pa), on avail la même disposilion qu'à l'étage supérieur, mais dix-neuf colonnes, au lieu de quinze, se dressaient ici et formaient une galerie circulaire (xepiruros) dont le sol était recouvert de marbre tacheté. A l’est, au-dessous du Triconque, l'architecte avait construit le Tetraseron (Terodoego), dont la strueture rappelait celle du Triconque.

Comme ce dernier, il était flanqué de trois absides (xiyxx), mais leur disposition n'était pas identique : l’une s'ouvrait à l’est, etles deux autres à l’ouest et au sud. Sur le côlé nord, séparé par deux colonnes en marbre tacheté de pourpre, se trouvait le Mystère (Mooréguv), ainsi appelé parce qu'il renvoyait les sons comme une caverne. Si quelqu'un se tenait près du mur de l’abside orientale ou occidentale et parlait à voix basse, la personne placée en face, en approchant son oreille du mur, entendait toutes Les paroles.

Près du péristyle du Sigma! s’étendait un espace à ciel ouvert, au milieu duquel se dressait une fontaine, la phiale, dont le bord de la vasque était revêtu d'argent; l’eau y jaillissait d'un tuyau en forme de pomme de pin (pl. 32 B). C'était a phiale mystique du Triconque, ainsi appelée du Mystère et du Triconque voisins. Au moment des réceptions*, la phiale était remplie de fruits et de la pomme de pin coulait du vin aromatisé. Sur le côté du Sigma, l’eau s’échappait des gueules de deux lions en bronze et emplissait de fraîcheur tout le Sigma”.

p. 145; Estienne, s. v.; Ramsay, The Iislor. Geography of Asia Minor., Londres, 1890, p. 135, 139; Daremberg, Saglio et Pottier, op. cit., art. marmor.

1. Par péristyle du Sigma, il faut entendre le Sigma lui-même, avec ses quinze colonnes, que l'auteur a mentionnées plus haut. Après avoir décrit le Tetraseron et le Mystère, l'auteur revient au Sigma, pour décrire la phiale qui lui était attenante (Theoph. Cont., III, 43, p. 141). Plus loin, l’auteur mentionne le péridrome du Sigma, sur lequel étaient gravés des vers du didascalos œcuménique Ignace (Theoph. Cont., INT, 43, p. 143).

2. Theoph. Cont., III, 43, p. 142 ; il faut lire ici Se£tpwv et non GoEiuwv.

3. Ces lions étaient placés rxox thv mheuoay to mpôs 70 e000ç Diyua (Theoph.

Du Sigma on descendait sur la place de la phiale par des degrés en marbre blanc de Proconnèse. Au milieu de ces degrés s'élevait un arc en marbre (rx) soutenu par deux colonnettes. Les personnages, qui assistaient à la réception, se tenaient sur cet escalier, tandis qu'en haut, assis sur un trône doré, garni de pierres précieuses, le basileus dominait l'assemblée !.

Le livre des Cérémonies complète cette description. Quand l’empereur allait assister aux réceptions qui étaient données dans la phiale, il pénétrait d'abord dans le Triconque et se tenait dans l’abside orientale, à laquelle on accédait par une marche (8:0u'30v). Ici il était acclamé par les personnages introduits dans la salle?. Puis il sortait par la porte d'argent qui, du Triconque, donnait accès au Sigma el allait s'asseoir sur son trône (sévrtov, pévos) disposé sur une estrade (rokirov)?. Pendant la cérémonie, le cortège de l’empereur se tenait près du trône et des trois portes qui, du Sigma, donnaient accès au Triconque. L'empereur dominait ainsi la

Cont., LIT, 43, p. 141). Labarte, Palais, p. 69, les place sur le côté sud-est du Sigma. L'expression indique bien le côté du Sigma, mais la partie large doit être recherchée plutôt du côté de la phiale, à l’ouest.

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