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La Place de la Cathédrale et le Palais au XVIII-e siècle

Extrait du livre L’Élection au trône du Tsar Michel Féôdorovitch. > (1672).

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rent des ornements d’argent. On vit un mobilier de provenance étrangère et des peintures murales à sujets profanes.

En 1661, par exemple, le nouveau Réfectoire fut installé sur le plan de l'ingénieur, colonel Gustave Dekempine. <Ses murs, au rapport du secrétaire de l’ambassade impériale, Adolphe Lyzeck, étaient revêtus de riches étoffes, et au plafond étaient représentées, en leur exactitude astronomique, les planètes, les comètes et les étoiles fixes. Chaque astre avait sa sphère avec son inclinaison sur l’écliptique. La distance des douze signes célestes était si exactement calculée que, même, les orbites des planètes étaient marquées par des tropiques (cercles) dorés; et l’équinoxe et les solstices l’étaient par des colures pareils.»

Près du Palais des Menus-Plaisirs (Potiéchnyï Dvoréts), — annexé au Palais, en 1669, après la mort du beau-père du Tsar, le boyard Miloslâvski, — fut en outre établi, en 1672, le premier théâtre de Moscou; cette année même, le maître Johann Gottfried Grégory commença à y «exécuter la comédie ou l’action comique».

Le court règne du Tsar Théodore Alexéiévitch (1672 1682) fut marqué par une recrudescence de constructions et une ardeur à bâtir de nouvelles églises au Palais.

La famille du Tsar s’accroissait et exigeait de nouveaux appartements. Aussi, beaucoup de nouvelles constructions furent-elles élevées au nord des Térems. On construisit, entre autres, des logis en pierre pour les Tsarévnys et pour le Tsarévitch Ivan Alexéiévitch.

Le Tsar Théodore Alexéiévitch introduisit aussi beaucoup de changements dans son palais du Belvédère. Il y fit bâtir l’église de la Crucifixion, (où fut élevé un Calvaire), la cathédrale du St-Esprit, et restaura les anciennes églises. «En général, disent les annales, il embellit beaucoup son palais».

Sous la régence de la Tsarévna Sophie (1682 1689),

après l’incendie de 1682, la demeure des Tsars fut décorée à nouveau avec un grand luxe par le favori de Sophie, le prince V. V. Oalîtsyne (p. 81, 85, 119). En 1683, le palais fut en outre augmenté de deux constructions en pierre à deux étages, l’une pour les Tsarévnys, l’autre pour la Tsarine-veuve Mârfa Matveiévna, seconde femme du Tsar Fédor Alexeiévitch, née Apraxine. En 1684, on construisit l’église de St Pierre et de St Paul près de l’appartement de la Tsarine Nathalie Kirilovna, mère de Pierre le Grand.

A la fin du XVI I-e siècle, le palais du Kremlin était dans l’état le plus florissant. Le luxe en était inexprimable. Le palais était entièrement recouvert de couleurs vives et d’or, orné d’artistiques sculptures en bois, de magnifiques tapis, d’étoffes, et rempli de splendide vaisselle en or et en argent.

On peut juger du nombre des bâtiments du palais par un rapport que firent deux architectes, le prince Oûkhtomski et Evlâchév. En 1753, après plusieurs incendies — à la suite desquels les pièces brûlées n’avaitent pas été renouvelées, — «il se trouvait encore dans le palais du Kremlin des pièces et des caves jusqu’au nombre de mille, et une grande quantité de terrasses découvertes et de galeries.»

Au XVIII-e siècle, par la force des évènements historiques et par la volonté de Pierre le Grand, tout ce luxe, toute cette ampleur royale du Palais de Kremlin, furent condamnés à la destruction. Abandonnés par la cour et laissés sans surveillance, les appartements du palais tombèrent en ruine.

Vue du Kremlin au commencement du XVIII-e siècle. (D’après une gravure de Picard avant 1715.)

Après les incendies, ils demeuraient longtemps sans toits, sans portes et sans fenêtres, ce qui accélérait leur ruine.

Comme la cour, à ses rares visites à Moscou, descendait surtout au Palais Golovine et au Palais Lefort, sur la Iâouza, des réparations n’étaient faites au Palais du Kremlin qu’aux pièces de réception indispensables pour les solennités. On ne s’inquiétait pas des autres.

L’affectation que Pierre le Grand fit aux nouveaux «Collèges», qu’il avait créés, de cinquante-neuf maisons appartenant au palais, ne fit qu’empirer les choses. Tous les employés, en effet, s’installèrent au palais avec leurs domestiques, et même ils y logèrent des détenus. Peu à peu le Palais des Tsars devint inhabitable.

Aussi en 1730, l’Impératrice Anna Ioânnovna ordonna-telle à l’architecte, comte Rastrelli, de bâtir un palais en bois, près de l’emplacement qu’occupe actuellement l’Arsenal. Ce palais fut appelé Annenhof. Et six ans après, il fut transporté au bord de la Iâouza, à côté du Palais d’été de Golovine.

En 1749, l’Impératrice Elisabeth donna l’ordre au même Rastrelli de construire un palais en pierre sur l’emplacement des appartements d’honneur du vieux palais en bois. Ce nouveau palais fut nommé le Palais d’Hiver du Kremlin. Il exista jusqu’en 1838 au moment où l’Empereur Nicolas I-er fit bâtir le Grand Palais actuel.

L’Impératrice Catherine la Grande, fortement impressionnée par tout ce que le Kremlin contenait d’ancien, donna l’ordre d’entretenir en parfait état le Palais avec toutes ses dépendances et défendit de faire le moindre changement aux anciens édifices.

En 1764, on aménagea sur son ordre, près de la Cathé-

i. Vue du Kremlin dans la seconde moitié du XVIII-e siècle.

drale de la Purification, un bâtiment à galeries pour les dames et les cavaliers; mais il n’exista que cinq ans.

En 1769, l’Impératrice projeta de faire construire un palais colossal qui devait occuper toute la colline du Kremlin. Tous les couvents et toutes les églises se seraient trouvés dans son enceinte. Les plans de ce Palais furent dessinés par l’architecte Bajénov. On en fit même un modèle en bois qui coûta 30.000 roubles, et qui se trouve actuellement au Musée Polytechnique, à Moscou. Mais, en 1773, dès le début des travaux faits auprès de la porte Taïnitskaïa, la Cathédrale de l’Archange se lézarda et menaça de glisser de toute sa masse. Cela empêcha de continuer les travaux, qui furent limités à la construction du Palais de Justice, d’après le projet de l’architecte M. F. Kazakov. On détruisit par contre le Palais de Réserve, la Cour des Blés, la Vieille Cour de la Monnaie et un long corps de bâtiment des anciennes Directions administratives.

Presque à la même date, fut bâti sur les plans de Kazakov le Petit Palais du Kremlin, qui servit d’abord d’habitation aux métropolites et fut acheté pas la suite, en 1818, pour le Grand- Duc Nicolas Pavlovitch. C’est là que naquit l’Empereur Alexandre II.

Vers la fin du XVIII-e siècle, les bâtiments du Palais du Kremlin, en dépit des ordres formels de Catherine II, tombaient en ruines et menaçaient les passants. On dut interdire aux voitures les abords du Palais.

Des tas d’immondices s’amoncelaient dans les passages, sous les portes et dans les pièces non fermées. L’incurie, la

ruine, l’abomination et la désolation régnaient partout. 1

Au commencement du XlX-e siècle, P. S. Valouiév prenant la direction du Palais, se mit avec ardeur à introduire de l’ordre dans les bâtiments du Kremlin. Malheureusement, au lieu de restaurer les anciens monuments artistiques, il les rasait impitoyablement, ce qui au bout de dix ans, rendit le Kremlin méconnaissable.

Entre autres bâtiments, on démolit la Cathédrale de la Purification, la Tour aux Armoiries (Gr. 7) une partie du Palais des Menus-Plaisirs, la maison du Tsar Boris, l’hôtellerie du couvent de la Trinité avec l’église de l’Epiphanie, d’où avait été an-

1. On jugera de l’abandon où était l’ancienne demeure des Tsars par le fait que, dans les cours et les recoins obscurs du Kremlin, s’abritaient toutes sortes de malfaiteurs. Il était dangereux de passer près de la porte du Palais qui donnait 7. La Tour aux Armoiries,

accès dans la cour de l’église du Sauveur

dans-la-Forêt, tout près du Palais à Facettes. Le pont, proche de la porte de la Trinité [Troïtskaïci] , était le lieu des plus grands brigandages. La hardiesse de ces bandits vint au point qu’ils se ménagèrent sous ce pont des demeures en bois, d’où il sortaient pour assaillir les passants.

noncée au peuple l’élection au trône de Michel Féodorovitch Romanov. Par contre, si on ne tient pas compte du bâtiment à galeries pour les Cavaliers et de l’ancien Palais des Armures (actuellement une caserne), il ne fut rien bâti au palais, jusqu’au moment où l’empereur Nicolas Pavlovitch érigea le Grand Palais.

Le grand maréchal de la cour, baron Bode, vice-président de la Chancellerie du Palais à Moscou, expose en détail, dans une lettre à Weltmann — auteur d’une des premières descriptions du Nouveau Palais — les raisons et les circonstances qui décidèrent l’Empereur à construire cet édifice.

Ces renseignements sont d’un grand intérêt puisque le baron Bode fut chargé d’exécuter la volonté Impériale.

«L’automne de l’année 1837, écrit le baron Bode, l’Empereur vint à Moscou. Sa Majesté ayant trouvé l’ancien Palais laid et trop petit, le parcourut, en commençant par la Terrasse des Boyards, où l’on avait d’abord l’intention de bâtir une nouvelle grande salle. Voyant tous les inconvénients de ce projet, et de celui d’agrandir la salle du trône, l’Empereur, arrivé au bout des pièces de réception, c’est-à-dire jusqu’au cabinet de travail de feu l’Impératrice Marie Féodorovna, s’arrêta, examina le plan et donna l’ordre, d’ajouter au Palais une nouvelle grande salle (actuellement la Salle du Trône ou de St-André). Ce fut la première indication du projet de construction du Palais actuel et son commencement. Entre temps, on signala à l’Empereur que le vieux palais menaçait ruine. Ce palais fut, après l’incendie de 1812, rebâti et agrandi à la hâte, en 1817, à l’occasion de l’arrivée de feu

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