LE MAITRE D'ÉCOLE
En lisant dans le substantiel discours de M. Thierry Gazes l'histoire de ces malheureux instituteurs, tour à tour gourmandes par le préfet pour leur indifférence, récompensés par le député qu'ils ont servi, honnis par celui qu'ils ont combattu, je pensais que l'infortuné maître d'école est vraiment la plus pitoyable victime de notre glorieuse République.
Nous avons pris un paysan et nous l'avons bourré d'une science hâtive de manuel, où se heurtent effroyablement les niaiseries de l'ancienne scolastique, les mensonges de la philosophie officielle et d'informes données scientifiques sans coordination, sans vue d'ensemble. Puis nous l'avons bercé d'une illusion magnifique. Nous lui avons dit qu'il était l'ambassadeur de la République auprès de l'habitant des campagnes, qu'il avait mission d'ouvrir à la lumière, d'éveiller aux idées de liberté, de solidarité, de justice, ces jeunes intelligences jusqu'ici maintenues dans l'inconscience : réservoir inépuisable des énergies de l'avenir. Et, dans la belle école toute neuve, nous avons triomphalement installé le prophète ébloui du Verbe nouveau.
« L'école est ouverte », a dit l'inspecteur, et voilà le maître en face d'une cinquantaine de gamins dé~ chirés, morveux, qui rêvent de dénicher les merles, de marauder des pommes ou de pêcher des écrevisses. Que sont-ils venus chercher là? Ils n'en savent rien et ceux qui les ont envoyés n'ont et ne peuvent avoir
à cet égard que les plus vagues notions. Il est utile, dans la vie, de savoir écrire et compter : voilà l'opinion du paysan français sur la culture de l'esprit. Quant à avoir une idée de l'accouchement intellectuel qu'il s'agit d'opérer, c'est impossible.
Et s'il en était autrement, pourquoi rendre l'instruction obligatoire? Elle l'est si peu, d'ailleurs, que c'est vraiment comme si elle ne l'était pas. J'ai vu des enfants de mon village considérés comme légitimement excusés, l'un, âgé de dix ans, parce qu'il gardait une chèvre, l'autre âgé de huit ans, employé aux travaux de V agriculture . En cela, comme en tout le reste, notre République se contente de la façade. Et, de fait, aussi longtemps qu'on se refusera à indemniser les parents trop pauvres pour se passer du travail des petits, il est bien difficile de remplacer obligatoirement le pain de l'estomac par celui de l'intelligence.
Cependant,. notre maître d'école est en présence de ses élèves. Comment aborder ces jeunes têtes closes? Quel point toucher pour en faire jaillir le besoin de connaître, l'envie de savoir? C'est bien peu de chose que l'enseignement de l'Ecole, quand il n'est pas repris, commenté, développé à la maison, par l'entretien ' des parents. Ici rien. Le père fermé, pense à son labour, la mère à ses poulets, personne — heureusement — à l'exécrable grammaire que je voudrais brûler.
Ah ! si au lieu de l'abêtir dans l'étude ardue de l'incompréhensible syntaxe, le maître disait à l'enfant : « Tu vois bien ce soleil, ces astres, cette terre qui t'emporte à travers l'espace, je vais te faire leur histoire et te mettre à ta place dans l'univers.
« Je te parlerai des saisons, des phénomènes atmosphériques, du vent, de la pluie, qui te saisiront tout à
l'heure sur ton chemin, et que tu subis, comme le mouton de ton troupeau, sans te demander d'où cela vient. Tu connaîtras la joie de te poser à toi-même, aux tiens, les premières questions sur ce qui t'environne et frappe ton intelligence soudain éveillée.
« Et puis nous causerons de cette planète où nous vivons, de sa formation, de son histoire. Tu vois ces montagnes bleues à l'horizon? Tu sauras de quoi elles sont faites et comment elles ont apparu là. Je t'expliquerai l'océan et ses marées, le fleuve qui vient des montagnes neigeuses et se jette dans la mer, pour retourner à sa source par la voie des nuages. Je te ferai l'histoire des pierres de ton champ, et si tu rencontres un coquillage fossile, tu connaîtras d'où il vient et ce qu'il atteste. Je te dirai la graine qui germe, l'herbe qui pousse, l'arbre qui vit de la même vie végétative qui est en toi. Je te dirai les animaux, leurs besoins, leurs mœurs, leur vie, et ceux que tu fréquentes, et ceux que tu n'as jamais vus.
« Enfin c'est l'homme qui te sera révélé. Je te ferai connaître toi-même à toi-même. Je te montrerai quels liens t'attachent à tout ce qui t'entoure. Je te ferai saisir la grande loi d'évolution, depuis la cellule naissante jusqu'au développement de vie le plus intense et le plus complet. Nous mènerons l'homme de la caverne primitive aux grandes cités du monde. Nous verrons défiler l'histoire des sociétés humaines, des idées, des sentiments par lesquels elles se développent et progressent. Nous étudierons les mœurs, les lois, les règles de morale qui font l'évolution sociale des races humaines. Et dans l'histoire de tous, je placerai l'histoire de ta race, de ta patrie, ton histoire. Ainsi tu auras une conception du monde et de toi-même conforme à ce qu'il peut t'être donné de connaître. »
J'entends qu'on va se récrier, me dire qu'un tel discours se tiendrait en vain à un élève de l'école primaire. On le lui tient pourtant. Mais ce n'est pas l'instituteur, c'est le prêtre. Le prêtre qui lui inculque une conception du monde reconnue scientifiquement fausse, et qui, lui imposant des formules sacrées, remplaçant la science par le miracle, cherche à détruire en lui tout désir d'investigation, d'examen, de critique. Aux grandes questions que tôt ou tard l'homme se pose, c'est le catéchisme seul qui répond. Et pendant ce temps, l'instituteur, humilié, confiné dans sa fonction de machine, enseigne l'orthographe et la règle du participe passé. ■
Il est vrai, les questions que le catéchisme règle d'un mot, la science ne les résout qu'au moyen d'explications laborieuses. Mais qu'elles soient décomposées en leurs éléments, traitées successivement dans l'ordre rationnel, résumées clairement, alors, peu à peu la lumière se fera dans les cerveaux les plus obscurcis. Et dès qu'on instituera l'enquête sur les choses auxquelles l'enfant se heurte chaque jour, qui sont sous sa vue, sous son doigt, il éclatera soudain en questions de mille sortes, et la dure coque d'indifférente ignorance sera pour jamais rompue.
Sans doute, il y faut l'art d'enseigner. Le grand éducateur de l'enfant du peuple, Pestalozzi, est mort depuis plus de soixante-dix ans. Qu'avons-nous fait de son héritage?
En stériles efforts, le lamentable ambassadeur de la République auprès du peuple des campagnes, se consume absurdement. Les parents lui sont fermés, les hobereaux lui sont ennemis. Avec le curé, c'est l'hostilité sourde. Avec l'école catholique, c'est la guerre déclarée. On dispose de ressources supérieures aux
siennes. On lui vole ses élèves. On l'écrase de cent façons, parfois avec la complicité du maire, le plus souvent avec le concours des grandes influences de la commune. Le gouvernement qui devrait le défendre, et qui souvent le livre, est bien loin. L'Eglise qui le persécute est tout près. Une loi lui rogne son misérable salaire, sous prétexte de l'augmenter plus tard. Le député d'aujourd'hui le défend. Celui de demain .le sacrifie. Il est espionné, surveillé, dénoncé. Un mot de trop, il est perdu.
Quelques-uns se résignent à exagérer leur soumis* sion à l'Eglise. Ceux-là vivent paisibles. La vie des autres est un martyre. Et je ne dis rien de l'institutrice, contre qui les moyens d'action de l'ennemi sont cent fois plus redoutables. Elle n'a souvent qu'une ressource : surenchérir de piété pour obtenir la dédaigneuse tolérance de l'Eglise. Beaucoup n'y manquent pas, et jamais on ne vit tant de pratiques pieuses dans l'école, que depuis que l'école est sans Dieu.
Pour le résultat, qu'on le juge d'un trait. Un grand garçon de dix-huit ans, intelligent, fils d'un fermier aisé du Bocage vendéen, pur produit de l'école primaire de la République laïque, en cette terre d'insurrection catholique, écrivait le semaine dernière au propriétaire de sa ferme, qui m'est très proche, le billet suivant : « Not mètre lé murs é reles v mêlé masonson papas i é », ce qui veut dire : « Notre maître, le mur est relevé, mais les maçons ne sont pas payés. » Voilà où aboutit le grand surmenage de Y Ecole laïque, terreur du parti de la conservation, espoir de la Révolution sociale.
Incriminera-t-on l'instituteur? Qui donc l'a fait ce qu'il est? C'est à l'enseignement qu'il faut s'en prendre. Je connais un modeste instituteur de Vendée qui
a appris l'anglais tout seul et qui traduit Shakespeare. L'effort intellectuel est tout prêt, si on le sollicite. Il y a les plus précieuses ressources dans ce personnel. Mais il ne faudrait pas le livrer en pâture aux lions dévorants.
Courage, toi qui ouvres péniblement le dur sillon. Tu sèmes le premier grain d'une maigre récolte, mais de là viendra la semence des grandes moissons futures. Et quand tu seras entré dans le bon repos de la terre, Ion effort demeuré vivant, produira ses fruits pour l'humanité.
Ce n'est pas de la cousine Bette qu'il s'agit, ni du cousin Pons. Je voudrais descendre beaucoup plus bas dans la hiérarchie des parentés misérables dont notre vanité se détourne.
En dépit des songe-creux de la métaphysique, nous vivons entourés d'êtres à qui nous sommes liés par une communauté d'origine que la science nous interdit désormais de répudier. Un savant anglais prétend que tous les êtres organisés ont pour ultime aïeul commun un cristal. Je n'en éprouve point de honte, et je tire volontiers ma révérence à ce placide ancêtre de toute vie organisée, qui jadis fit le grand saut jusqu'à la cellule primitive. Loin d'être humilié de cette humble origine, j'éprouve quelque fierté à penser que je participe aux prodigieux phénomènes de conscience que l'évolution des siècles a tiré de ce rudiment d'inconsciente vie. Nos ridicules aristocraties cherchent à remonter le cours du temps. Il
rirait bien le mollusque primitif s'il pouvait comprendre tant de folie.
Nous naissons de la terre et nous y retournons : voilà la loi de la vie. Plongés dans la matière inerte, nous lui prenons et nous lui rendons, jusqu'au final règlement de compte, les éléments de toute action. Nous sommes terriens, tous liés par la même chaîne planétaire, forgée dans la tourmente des éléments pour le bref éclair de quelques millions de siècles. De quelle étrange vie nos éléments vécurent avant que ce qui est pût être, voilà ce qui vaudrait la peine d'être conté, si nous disposions de quelque moyen de former là-dessus la plus fragile hypothèse.
Nous ignorons cet épisode de notre éternité. Qu'importe ! Tenons-nous pour satisfaits de l'aventure planétaire où nous sommes engagés, et rions des bons fous qui se contentent de remonter aux croisades quand nous savons, nous, qu'ils remontent par delà les soleils et les nébuleuses. Comme terriens momentanés, rien de ce qui est de notre globe ou de notre monde solaire ne nous est étranger. Nous sommes étroitement apparentés à tout ce qui est, atout ce que nous voyons ou ne verrons jamais. Ce sont là vraiment pour le plus haut orgueil d'assez belles alliances.
A mesure que la vie différencie les êtres, l'universelle parenté se rétrécit misérablement à d'innombrables milliards de cellules, naissant, mourant, naissant encore du grand processus commun. Et puis l'évolution de vie différencie maintenant les organismes, les espèces, les races, et l'immédiate parenté va toujours diminuant jusqu'à la minuscule famille sur la vie misérable de laquelle les aristocraties humaines fondent leurs ridicules prétentions. Quoi de plus amusant que les vieilles familles, comme si
toutes les familles n'avaient pas précisément le même âge. Retournez-vous, braves gens, regardez la mousse, et l'herbe, et l'arbre, et la bête petite ou grande de l'air, de l'eau, du sol, tous vos cousins, nobles seigneurs, bourgeois, ou manants.
Quel émerveillement si chacun de nous pouvait avoir sous les yeux le tableau complet de son ascendance, du point de départ aux êtres innombrables dont l'effort d'évolution créatrice vient aboutir à notre petit moi. S'il faut renoncer à contempler jamais ce graphique, c'est seulement par manque d'informations, car la réalité est telle. Cette pensée, qui pourrait nous rendre modestes, devrait surtout nous faire bons envers tous ces génies incomplets qui, de la mousse au chêne, du mollusque à l'orang-outang, procèdent du grand effort vital d'acheminement vers nous.
Les voilà, nos parents pauvres, méprisés, reniés parce qu'ils ne font pas honneur à l'âme immortelle que nous nous sommes fabriquée de nos propres mains, dans le fol espoir de nous élever au-dessus de la terre qui nous tient. Mais la filiation ne peut plus être niée. Mêmes organes, mêmes fonctions, mêmes lois d'organisation d'un bout à l'autre de l'échelle de la vie. Et puis, à mesure qu'on monte, la fatale ressemblance de famille qui dénonce, avec la grande loi de l'unité de la vie, la proche parenté d'hier et d'aujourd'hui !
Il n'est pas scientifique, à la vérité, de parler, avec le poète, de
Notre ancêtre aux longs bras, le singe vénérable.
Mais pourquoi ne pas reconnaître franchement notre malheureux cousin, issu du même tronc que l'anthropoïde précurseur de l'homme. La fortune ne
lui a pas souri. C'est un parent pauvre. Honneur à qui, faute de mieux, lui offre l'hommage d'un bon sentiment.
Je regardais hier le public, hommes, femmes, enfants, deux prêtres même, tournant autour de la cage des hamadrya's du Jardin d'Acclimatation. Dans les yeux de tout ce monde, une stupéfaction contenue, mille interrogations inquiétantes qui ne voulaient point sortir. Beaucoup n'auraient pas su les formuler peut-être, mais tous sentaient plus ou moins vaguement qu'il y a là quelque chose qui a besoin d'explication.
Les cynocéphales du Jardin d'Acclimatation s'éloignent plus de l'homme, pourtant, que beaucoup de leurs frères. Mais, outre que leur taille en impose, nous avons avec eux trop de points communs pour échapper au tressaillement de cette rencontre. Le mandrille à face bleue, à barbe jaune, le babouin à face noire, le papion sont des cynocéphales aussi. Les nôtres sont des hamadryas. On les dit intelligents. Je les vois surtout méchants et fort impudiques, les pauvres. Figurez-vous un énorme caniche gris tondu suivant la mode : tout nu du nombril aux pieds, revêtu de la tête au ventre d'un grand camail de longue fourrure soyeuse comme celui de nos Anglaises. Entre deux éventails de poils gris émerge un museau rouge de chien, surmonté de petits yeux ronds interrogateurs qui ne donnent pas l'impression de la bonté. L'effet est désagréable de ces deux petits trous fauves si rapprochés qu'avec le moindre effort ils nous auraient donné le cyclope. Une arcade sourcilière très proéminente les abrite dans sa profondeur. Pas de front. Une énorme tignasse grise donne l'illusion du crâne. Un grognement de cochon. Quelquefois un
aboiement sonore. Le bâillement fréquent découvre de grandes canines féroces. Pour achever le portrait, disons qu'une queue, terminée d'une houppe, sort d'entre deux larges callosités roses de l'effet le plus répugnant. Oh! le vilain parent!
Malgré tout, l'effet est d'un vieillard abrité d'un manteau. La surprise, c'est le geste qui est extraordinairement humain. Que l'hamadryas se gratte de sa longue main emmanchée d'un long bras, qu'il se caresse la face, ou pose ses mains sur le sol pour s'asseoir philosophiquement sur les deux paumes en guise de coussin, l'analogie est frappante. Pourtant, je note une attitude de caniche faisant le beau, bras fléchis, mains tombantes, montrant la face dorsale. C'est à peu près dans cette posture que nous voyons au Louvre les quatre cynocéphales de granit rose qui formaient la base de l'obélisque de Louqsor. Les hamadryas du Louvre ont la main relevée et présentent les deux paumes : voilà l'unique différence. Une inscription nous apprend qu'ils sont en adoration devant le soleil levant. Je les aime pour cela, ces bons cousins du temps de Ramsès II. L'Egypte les voyant religieux, les avait consacrés à Thot, l'Hermès du Nil.
Il est certain que, dès la plus haute antiquité, ils aftirmaient leur étroite parenté avec nous par l'adoration commune de l'astre dispensateur de lumière, de chaleur et de vie. Ecoutez ce fragment de prière que je trouve dans Maspéro : « Oh! lève-toi, Ammon- Râ-Harmakhis (le soleil) qui se crée lui-même... Râ qui a émis tous les biens, viens, Râ qui se crée luimême... Honneur à toi, vieillard qui se manifeste en son heure, Seigneur aux faces nombreuses. Urceus qui produit les rayons destructeurs des ténèbres ! Tous les chemins sont pleins de tes rayons. C'est à toi
que les cynocéphales donnent les offrandes qui sont dans leurs mains, à toi qu'ils adressent leurs chants, dansant pour toi, faisant pour toi leurs incantations et leurs prières. » Tel est le témoignage des hommes d'il y a trois mille ans en faveur de la piété de nos cousins.
Et de fait, quand l'Africain voyait dévaler dans la plaine les troupes joyeuses de cynocéphales, bondissant, cabriolant, hurlant au lever du soleil, comment ne pas dire : « Us fêtent la lumière retrouvée, ils adorent l'astre sauveur. » Et c'était vrai. Jamais prière de prêtre ne fut un plus sincère hommage au dispensateur de toute vie. Qu'on me dise en quoi cette religion diffère de celle de la vieille Samoyède qui, interrogée par un voyageur sur son culte, répondait : « Quand le soleil se lève, je lui dis : « Quand tu te lèves, je me lève aussi »; et quand le soleil secouche, je lui dis : « Quand tu te couches, je me couche aussi. » Et la vieille ajoutait pitoyablement : « On dit qu'il y a des malheureux qui n'ont pas de religion. » Elle n'aurait pas adressé ce reproche à nos cousins cynocéphales.
Vous voyez qu'il peut n'être pas sans profit de fréquenter de ci de là quelque parent pauvre, puisque ceux-ci nous donnent une leçon de reconnaissance envers le distributeur souverain des biens de la vie.
J'aurais voulu serrer cette main loyale qui me fut tendue à travers les barreaux d'une confortable captivité. Que le pauvre demandât du pain, ou qu'il cherchât à agripper pour mordre, c'était bien de l'homme, n'est-ce pas? J'ouvre mon histoire naturelle et je lis : pillards, polygames. Décidément, il ne manque aucun trait.