‹ Le grand pécheur converti, représenté dans les deux états de la vie de M. de Quériolet, prêtre, conseiller au parlement de RennesChapitre 14 sur 56 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

. Vne de ses plus ardentes passions fut de pouvoir corrompre quelque fille religieuse.

Puisque la dignité des temples matériels est en si jrande recommandation que le Fils de Dieu a voulu renger lui-même l'injure qu'on leur faisait, quand il 'en a chassé lui-même les profanateurs, comment ne •perdra-t-il et n'exilera-t-il point jusqu'au fond des nbimes ceux qui, par une envie plus que diabolique, entreprennent de violer ces Temples du Saint-Esprit, e veux dire , avec l'apôtre et avec le sage, ces beaux is blancs des épouses du Fils de Dieu , entre lesjuels il se plaît et a placé ses délices.

Notre pécheur insolent a bien fait voir quelle était a malice et son impiété par les fatigues qu»'il a prises our débaucher les Religieuses, et parlesrusesetstraigèmes qu'il a inventés pour réussir dans ses entrerises diaboliques.

Allantdonc voir ces pauvres filles il ne voulait point îguiser sa condition, au contraire, il ne demandait 16 d'être connu d'elles pour un riche et puissant coniller, comme il l'était en effet. *

Pour les séduire plus facilement , il tâchait de pasr dans leur esprit pour pénitent et dévot ; et afin j parvenir, il leur tenait des discours d'un homme arfaitement mort au monde. Il disait qu'il reconlissait que cette vie était bien courte, outre que Sjs ne gavions point l'heure qu'il nous en faudrait irtir j que le Fils de Dieu nous avertissant d'être tou-

( 4-2 ) jours sur nos gardes, c'était une grande folie de s'amuser à tant de sottes vanités qui se dissipent comme la fumée j qu'il valait donc bien mieux penser à l'éteriiité qui doit suivre cette vie mortelle, et se disposer à rendre ses comptes au temps que Dieu viendra juger en sa rigueur les vivans et les morts , qu'à penser aux plaisirs de cette vie; et que, s'il est vrai, comme on le chante à l'église, que le plus juste aura Lien de la peine à être sauvé , il avait grand sujet de craindre d'être damné, et que pour prévenir et détourner ce coup malheureux , puisqu'il en avait encore le temps par la miséricorde de Dieu qui le touchait fortement , il voulait racheter une partie de ses péchés par des aumônes qui était le moyen le plus facile, puisque Dieu lui avait donné de grands biens, et que , n'ayant ni femme ni enfans, il voulait laisser l'Eglise sa principale héritière j et commencer par avance à faire quelques fonctions avantageuses dans leur chapelle, pour la con6ance qu'il avait aux mérites des prières de leur communauté.

Mais tous ses discours n'étaient qu'autant d'înveutioos et d'appns pour leur faire avaler le poison sous wne pilule dorée, ainsi que je l'ai appris de sa propre bouche.

Il ne gagna pourtant rien sur ces âmes chastes et éclairées , qui ne voulaient pas donner à si vil prix ce qui fait un des riches fleurons de la couronne de Jésus-Christ et de son Eglise qui est si pure «t si sainte, et ses actions firent bientôt cbnnaître que sa bouche ne s'accordait pas avec son cœur, quand il feignait d avoir, au plus intime, la crainte de Dieu qu'il en â^' chassée bien loin; et d'avoir de 'la chhrTte pou^ autres, tandis qu'il n'en avait pas pour'îui-nit:me

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