CHAPITRE XI
Dieu lui Mt.o,-re. songe Venjer et la place ^ui lui était pipardc : sur ^uoi il don,^ ^"el^^ "PP"""" de comersion.
Le Ciel dtant fermé pour lui , W ne daignait plus le regarder que pour lancer contre lui toutes sortes de bla%hê.Js3 mais Dieu lui ouvrit le sem de la erre et le fit descendre en enfer tout vivant, par une imagination vive et pressante qui lui dura cinq ou s.r heures, sans pouvoir s'en distraire par aucun effor , ni chasser les impressions terribles quM on conçut, et qui lui ont demeuré jusqu'à la fin de ses |Ours
Pendant ce temps , Dieu lui fit voir en idée la place Mue sa justice lui préparait au fond des abîmes, et ou il ne manquerait pas de le précipiter dès le moment que son boisseau serait plein : ce qui ne pouvait plus guère tarder s'il continuait à vivre comme il avait commencé i de sorte que revenant enfin de cette vue tout transi et demi-mort d'effroi, iln'eut qu a mettre sa maiu sur sa conscience , saus avoir besoin d un Joseph pour lui expliquer ses songes, comme a Pharaon , et pour lui découvrir le sens de son emgme j ni d'un Daniel , comme le roi Balthazar , pour connaître qu'il n'était plus temps de penser à ees plaisirs et qu'il ne faisait pas bon se jouer de son maître, parce qu'il y evait un autre monde et une autre vie que celle-ci, aussi bien que des récompenses et des châtlmens éternels. Il commença donc à passer les jours et les nuits à penser sérieusement à ses vieilles
( U ) et'mauaites ïiabltudes, et à l'éternité de peines qui devait cLâlier son pêche, s'il ne s'en amendait et ne faisait pénitence dès cette vie.
Pour cet efFet il £ait une exacte recherche dans tous les replis de son cœur, a6n de le nettoyer de toutes ses saletés cachées par une véritable pénitence et de recommencer une nouvelle vie. Il frappe sa poitrine, à l'exemple du Publicain contrit et pénitent, et comme un bon Chrétien il fréquente souvent les Sacremens de Pénitence et de l'Eucharistie.
On ne le voit plus marcher que les yeux baissés et tout le corps humilié, prenant toujours son chemin vers les églises elles couvens de Religieux, vêtu négligemment et avec des habits simples, et sans aucun soin de sa personne.
Dans ces bons desseins de servir Dieu et de travailler dorénavant à son salut, il se rend postulant chez les RR. PP Chartreux, près la ville d'Auray, et après deux mois de poursuite il y entre, et y est reçu pour prendre l'habit.
A le voir dans ses belles et apparentes résolutions de pénitence , on eût cru qu'un tel changement était un coup bien efficace de la droite du Tout -Puissant; mais ce n'était encore que des commencemens bien faibles et des dispositions fort éloignées d'une véritable conversion ; et cette appréhension qu'il avait conçue des tourmens de l'enfer, ne fut pas assez forte pour emporter un cœur si ferme et si endurci que le sien.
Il retourna donc encore lâchement et malheureusement à ses premières ordures , comme le pourceau à son bourbier, et comme le chien àses vomissemens.
Voici ce qu'il en a raconté lui-même : « Ensuite
{ -4?^ ) (dil-il) je fus [)"ie que je u'avais jamais été, cl il n'y avait méchanceté que j«^ no commisse. Celle vision âe l'enfer que j'avais eue ne me semhlait qu'une imagination et qu'un songe do vieille. J'avais été hien méchant auparavant , mais alors j'étais un athée ; et quand il n'eût été question que de faire un pas pour aller au Ciel, je ne l'eusse pas voulu faire, au lieu qu'à présent j'irais aux quatre coins de la terre. Je ne croyais ni Paradis ni enfer, et ne me souciais de quoi que ce fût. J'étais un autre Julien l'Apostat. >'