CHAPITRE XIV
Sa véritable conversion, et des moyens dont Dieu se servit.
L'heire si heureuse et si souhaitable de sa conversion étant donc venue, et le coup de cette minute, f]ue le Père éternel tenait renfermé dans sa toute-puissance, étant près de frapper, notre aveuglé pécheur étant alors plus embarrassé et plus ardent que jamais à courir après les folles vanités et les sales amours du inonde, s'en allait faire ses derniers sacrifices à la volupté, si Dieu qui est si jaloux et si amoureux de nos âmes, n'eut montré qu'il voulait être l'époux et le souverain de la sienne-.
Voici l'occasion qu"!! en prit.
L'assignation étant prise et la partie faite avec quelques-uns de ses amis pour aller à Loudun, sans autre dessein particulier que pour y voir une demoiselle huguenotte,au récitqu'on lui avait tait de sa rare beauté; il s'acheminait donc dans la pensée de corrompre la chasteté de cette jeune fille, et pour montrer qu'il ne voulait oublier aucun stratagème, n; épargner aucuns frais ni pein.^s pour gagner cette belle hérétique,
quoiqu'il ne lui restât plus que l'ombre de la foi , et le nom de Chrétien et de Catholique, il se mit on
état d'y renoncer publiquement pour en venir à bout. Mais Dieu voyant que le fier conseiller se piquait
du point d'honneur, et craignait de passer pour un
esprit inconstant, en changeant de religion, se ser-