CONTINUATION
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MÊMES BSLATIONS D£S EXORGISMES.
Une autre fois le diable fit encore tout ce discours en présence du Père qui l'exorcisait, et de toute la )' compagnie qui était présente aux exorcismes : «Ce » gueux faisait autrefois mes afiaires, et à présent il )i me bat publiquement. Les lieux secrets nous étaient » les plus propres. Chose étrange ! pour servir Dieu » on se jette à l'abandon , et pour servir le diable on " se cache ; il n'y a lieu si secret qu'on ne cherche ; sa )-■ marchandise ne vaut donc guère-, puisqu'on ne veut • 0 pas la mettre en vue.
)' Je ne pensais pas que tu me dusse faire un tel af- )i front , bourreau ! Autrefois tu ressemblais à des sol- » dats étrangers et de parti contraire qui n'osent pa- » raître dans les terres ennemies , autrement on se » saisirait d'eux et les ferait mourir. Aussi, quand lu » étais étranger et contraire à Dieu , et soldat du » diable , tu n'eusses pas osé paraître en ce lieu pour
( 66 ) n me faire la guerre sur le théâtre de FEglise. Mais » à présent que tu combats pour Dieu et que tu tiens » son parti , j'ai peur de toi quand je vais dans ce )■> lieu. »
Le père exorciste faisant signe au démon de regarder le Saint- Sacrement. «Non , dit-il , je ne veux « pas parler à Dieu , j'ai assez d'aflaire ici ; je parle » avec ce bourreau, quoique ce me serait plusd'hon- Y> neur de parler au maître qu'au valet. Si quelqu'un n avait fait un poison pour un autre et qu'on le lui fît » avaler, il crèverait. Je lui ai donné le poi«on qui n est le péché , il faut que je l'avale : si j'étais capable » de crever, je crèverais.
)' Voilà le pouvoir qu'a l'homme pendant qu'il est v> en vie, et dans la puissance de renvover le poison y> sur celui qui le lui avait donné. Le sang de Jésus- » Christ triomphe toujouj s : mais la négligence du pé- » cheur l'empêche de triompher pleinement. Quoique )i vous vous damniez , le sang de Jésus- Chrif-t triom- » phera toujours.
» Si mon Juge eût au moins réservé sa victoire au » jour du jugement, je n'aurais pas lant de confusion. il Situeussespersévérédaus ton péché, je t'eusse mené >^ >' dans ce jour, comme le bourieau mène ceux qui " sont condamnés au supplice , mais d'une façon mille )^ fois plus étiange.
» Qui abandonne le monde, abandonne le diable. )> Ah ! voilà un conseiller qui me fait suer •, on m'a mis » à la plus vive flamme du soleil , il me fait plus ren- » dre d'eau que si j'avais de grandes coutorsionsj j'ai » plus d'affaires avec ce gueux qu'avec vous tous. Je » devrais lui demander qu'il me renvoyât , mais je
( 67 ) )i crains quand je me tourne vers lui pour le lui de~ r mander.
n Mine enragée, mine pour rassasier tout un monde » à genoux. Il ne dit mot : bourreau , bourreau, que » tu me fais mal aujourd'hui.»
Le Père exorciste lui disant : «Si tu n'as jamais » senti le bras de Dieu, c'est à ce coup. »
Le diable répondit : «Tu dis vrai ! Ah ! bourreau , )i que tu me fais mal, qui est plus aise que toi! Ah ! )■> malheureux que je suis ; pourquoi ne suis-je pas en )i état de pouvoir faire un tel changement? O chose )i étrange! des diables en faire des dieux par péni- >' tence; d'un homme aussi noir qu'un diable en faire » un Dieu } pour moi je demeurerai éternellement en )i peine. «Puis il s'écrie d'une manière épouvantable, en disant par trois fois : «A tout jamais en enfer, ce- « pendant que les hommes qui sont sur la terre se con- « vertissent. Oh ! vous , richesses et honneurs du M monde, n'êtes- vous pas capables de faire quitter » Dieu à un homme qui se veut abandonner à son » service; et vous appas et amorce du siècle, avezfl vous si peu de pouvoir pour ne pas retenir un » homme sensuel dans son péché !
)■> Qui est celui, qui peut faire quitter tout cela à un » homme, et en détacher son cœur? Il n'appartient » qu'à vous (montrant le Saint-Sacrement) , ô Juge » des diables et des hommes ! »
Le Père exorciste lui demandant qui l'avait fait paraître , il répondit : « Le Maître a voulu que je pa- " russe pour dire adieu à son serviteur. Je m'en vais )' lui donner Dieu pour le conduire.» En disant ces mots il se penche sur lui , comme pour lui mettre
( 68 ) dans la bouclio ITioslie qu'il tenait sur le bout de la langue, puis il reprit : a Quand celui-là conduit un » homme que peut faire le diable? O Dieu ! pourquoi » m'aviez-vous réservé en ce corps pour un cbange- » ment si étrange ! )'' Il criait ceci si horriblement qu'il » est impossible de l'exprimer :
«L'exemple des hommes du siècle , l'objet de l'af- » fection de Dieu, congédie maintenant le diable qui )' t'a si souvent fait congédier les inspirations de ton » Dieu. »
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