CHAPITRE XXXf
Sa maniera de faire Oraison.
Notre Seiçjnfur après «voir réveille et pris par la main M. de Quéiiolet pour le relever tle ce profond soinineii du pcclié et de l'obstination où i) était, voulut aussi lui servir de gt.ide et de lumière, pour le faire marcher à grands pas dans les sentiers de la véritahle vie et du salut ; car quoiqu'il n'ait pas manqué d'aller clierclier les prêtres et les docteurs que Notre Seigneur a établis dans son Eglise , pour médecins et directeurs de nos âmes, le progrès qu'il y fit en si peu de temps , a bien fait voir que tous les enseignemens extérieurs n'étaient rien au prix de ces lumières intérieures , qui peuvent dans un moment nous rendre plus sa vans que tous les docteurs du monde. Passant donc comme d'un plein saut tous les élémens et les rudimens de la doctrine Chrétienne qu'on enseigne aux enfans , oii il lui falLt recommencer comme nous avons déjà dit, il devint bientôt un liomme parfait.
En elFet, il ne tarda qu'un ou deux ans après sa conversion, qu'il Ke fût fuit au pr<ître; et il est trèscroyable qu'il ne s'ingéra pas en un si sublime ministère, qu'après (un sérieux examen et l'avis de ses confesseurs , qui l'obligeaient de se nourrir chaque jour du pain des anges , conformément à la faim qu'il on avait j et comme selon la maxime de la philosophie, tout ce qui se reçoit est reçu et produit ses effets selon la disposition et la capacité du mjet qui le reçoit;
( 194 ) il ne faut pas s'étotmer si ce divin Sacrement l'a rencla en si peu de temps un liomme tout divin , puisqu'il le recevait tous les jours dans des humiliations et des anéantissemens de lui-même, dans des adorations profondes de sa Majesté et des admirations infinies de sa
bonté. , . .
Ne se lassant jamais de rappeler en sa mémoire les grands biens que Dieu lui avait faits , il disait à toute heure avecCavid: Que rendrcd-je au SeigneuY pour toutes les façeurs que f ai reçues de lui') Et après les avoir tontes bien considérées, il ne trouvait point d'autres movens d'y sati.talre à son possible qu'en disant : ce Je recevrai son calice et j'invoquerai son samt Nom-,0 c'est-à-dire, je formerai un désir en mon ân^ de boire le calice de ?a passion.
Voilà justement l'esprit de M. de Quériolet; voi-à le chemin par lequel Dieu l'a fait marcher; voila la doctrine que lui enseigna Notre Seigneur , dans les travaux et la mort duquel il rencontrait tous ses contentemens spirituels-, car il n'en désira jamais d autres, ainsi que nous l'avons déjà dit. Au contraire, comme les hommes parfaits en esprit sont taches de se voir avec les mêmes goûts que reçoivent si volontiers ceux qui commencent, parce que ce serait faire affront à un homme que de lui présenter un raisxi ou une pomme qu'on présente aux petits enfans , i «.éditait so-uvent que la vie présente n étant pas un, vie de plaisirs et de repos, mais bien p.utot de tns tesse et de travail , il ne fallait pas chercher des plai sirs et des douceurs sur la terre.
Il ne faisait pas beaucoup de prières vocales j, mai apprenant de Jésus-Christ que ces sortes d. pricie. les plus longues ne sont pas les meilleures, ilse cou
( 19Î5 ) tentait de reciter seulement son bre'viaire et les autres prières d'obligation , avec son Chapelet. Au surplus, son oraison se faisait sans beaucoup de discours , et n'était autre cbose cj«'un colloque tout mental qui se taisait entre Dieu et lui dans son cœur.
Il sp présentait donc pour l'ordinaire devant la mal'esté de Dieu dans la posture de ce pauvre Publicaîn, demeurant au bas des églises à genoux , frappant sa poitrine, et n'ayant que ces deux mots de prières, les disant plutôt du cœur que des lèvres : Seigneur -pardonne A-moi ^ s il vous -plaît , parce que je suis un grand pécheur. Il a continué cette prière jusqu'au dernier soupir de sa vie.
.Souvent il demeurait dans les églises cinq ou six heures de suite et à genoux, sans dire presqu'aucun mot , avec une posture pleine de respect et d'humi- . lité. C'est de la sorte qu'il faisait sa cour à son Souverain , s'animant dans ce saint exercice par les services et les démonstrations d'obéissance qu'il avait vu ren'.lre aux courtisans devant leur prince, la tête nue, les yeux et les oreilles attenli\ es au moindrp signe de leur maître, tous prêts et désireux d'exécuter ses commandemens. 11 se mettait d'autres fois aux pieds du vSauv^ur avec la Madelaine , s'occupantà une contemplation admirative de ses grandes miséricordes, et il ne demandait lien autre chose, sinon qu'il lui pût dire au fond du cœur, tes péchés te sont remis et pardonnés; et qu'il lui jetât une œillade de compassion et lui fit la grâce de les pleurer amèrement, comme avait fait saint Pierre, dont il portait le nom.
Une des fois qu'il logea aux Carmes du Saint- Sacrement des Billettes à Paris, le Religieux qui avait
soin de pourvoir à ses nécessites, s'apercpvant qu'il n'était pas venu à la Communauté pour dîner, entre onze heures et midi, alla le chercbfr à l'église, où ne le trouvant point, il s'avisa d'aller à la porte de la ■même église , pour s'informer des pauvres qui l'y attendaient, s'ils ne l'avaient point vu sortir^ ayant coutume d'y faire ses aumônes après la Messe. Il le trouva dans un coin occupé à méditer; et depuis, l'entretenant sur ce sujet, il lui dit qu'il déplorait les abus du siècle, ayant fait réflexion sur une disgrâce arrivée depuis quelque temps à une des premières personnes de l'Etat, et cette méditation qui lui servit de préparation pour célébrer la sainte Messe , fut si longue, qu'il y passa quatre ou cinq beures, et si profonde, qu'avec cela il ne croyait pas y avoir employé seulement une beure.
C'est ainsi qu'il s'entretenait avec Dieu dans une ©raison simple, et d'une pure attention aux IMystères «livins et aux vérités solides et éternelles , sans se ser- Tir de raisonnemens et de discours étudiés.
Il regardait Dieu comme un être pur, remp i de toutes perfections j et son âme, comme une puissance «apable d'en recevoir les belles impressions, se coutentant de ces simples vues intérieures.
Il regardait Dieu comme un soleil, son âme comme un miroir pour en recevoir les rayons; il l'exposait comme une belle glace , pour recevoir ses lumières et ses sain'Ts ardeurs , et se présentant ainsi à ses divins rayons dans une bumiliation profonde , les célestes irradiations se ramassaient et s'unissaient dans son âme , de telle sorte qu'elles y alluinaicnt un brasier tout divin et des ardeurs qu'on ne saurait expri-
( 197 ) mer. Afin que ce feu divin ne fût jamais éteint sou» l'Autel de son cœur, et que l'huile de sa lampe ne diminuât point, il s'entretenait toujours de la mcmoira des bienfaits qu'il avait reçus de son immense bonté. Autant il avait couiu a toute bride dans les voies larges du libertinage et de la dissolution , étant ensuite revenu à la maison de son bon Père, il y demeura toujours traïKiuille et en silence auprès de lui, attendant ses commandeinens, se laissant manier comme un enfant, sans aucun retour surtout ce qui lui était commandé. Il fit un de ses voyages de Rome sans recevoir aucunes consolations spirituelles, ne se nourrissant le long de sa course que du pain de ses larmes; étant même arrivé au pied des autels des saints Apôtres, iLne sentait que des rebuts; mais, comme il ne faisait encore que d'entrer dans la carrière de la perfection, Notre Seigneur lui inspira cette seule pensée pour tout son viatique et sa récompense; «que quand même il n'aurait augmenté sa foi que d'un seul degré, il eût été trop bien payé; » ce qu'il estima davantage que tous les trésors de la terre. Sa foi étaitdéjà assez vivepourlul apprendre et lui faire concevoir que tous les biens et les consolationsdu monde, mis en balance avec le moindre degré de ces dons célestes sont infiniment plus légers , n'y ayant aucune proportion de Tun à l'autre. Lorsque Notre Seigneur semblait le favoriser de quelques goûts, il le priait de les réserver à d'autres, et s'en séparait autant qu'il lui était possible ( ainsi que nous l'avons remarqué dans son voyage au Mont-Sara) , et il demandait à Notre Seigneur, comme faisait saint Augustin, qu'il lui donnât toutes sortes de travaux et d'afilictious pour sou
( 1^8 ) partage en ce monde , pourvu qu'il lui fît la grâce de luî pardonner ses pe'chés, et qu'il lui fit part de sa gloire et de sou bonheur en l'autre vie. Son entretien avec Dieu était par une forme de contemplation continuelle , il ne quittait jamais le sujet auquel JXutre Seigneur l'appliquait , qu'après en avoir tiré tout le suc nécessaire poui' la nouriiture de son âme, où il imprimait si vivement les vérités éternelles, «ju'il ne pouvait mourirde faim au milieu de ses aricîîtés et sécheresses.
Voici ce qu'il en a dit lui-même :
a Dans toutes mes oraisons, qui étaient toujours de dis heures par jour, et que je continue encore, voire même toute la journée; car maintenant je n'ai point du tout de peine de m'appliquer à penser à Dieu i bien plus il m'est impossible dem'appliquer à penser àaulre chose qu'à Dieu, et si je veux penser aux affaires temporelles etaux choses de la terre, ce m'est une peine nonpareille, je ue ie puis faire du toutj mais pour les affaires du ciel , ô ! tant qu'il vous plaira! Les plus fréquentes pensées qui occupent mon esprit, ce sont celles du Paradis et de l'enfer j et la vision que je vous ai dite que j'eus pendajit une maladie, où j'aperçus le gouffi'e de l'enfer ouvert , tout prêt à m'engloutir à ce qu'il me sembla ; cette vision m'est encore aussi préserite à l'esprit qu'elle le fut lorsqu'elle m'arrlva. Voilà l'état où je suis ; de façon que pendant toute la journée , soit que je marcbe, soit que je m'arrête, je fais méditation et je prie Dieu. » Il sentait au commencement de sa conversion quelque lâchelé et paresse pour se lever le matin, et pour aller à l'oraison dans son cabinet, et à l'église pour entendre la Messe, et entendant uu
jour sonner la cloche pour la Messe, celte pensée lui tomba dans l'esprit , ainsi qu'il l'a dit : a O misérable! voilà les autres qui sont à louer Dieu, et toi, te voilà encore vautre dans le lit? llclas ! conibien ya-t-il de courtisans qui sont deux heures à attendre à la porte du cabinet du roi, et jusqu'à ce «ju'il soit levé, pour lui parler -, et au bout de cela ils ne sont pas assurés, ni d'être écoutés de lui, ni d'avoir seulf^ment un regard ! Si ces gens- là en usent de la sorte pour parler au roi de la terre, pourquoi ne fais-lu pas la même chose à l'égard du Roi du Ciel , qui est toujours prêt à te donner audience et à t'écouter toutes les lois que tu voudras te convertir à lui et lui parler. )> Cela lui frappa si fort l'esprit, qu'ensuite tous les matins il était à la porte de i'eglise a>aut qu'elle fût ouveite.
La raison qui l'obligeuit de prendre sa place tout au bas de l'église et d'y toujours demeurer, est, à ce qu'il a dit , qu'il se représentait y être comme un criminel, et convaincu de plusieurs crimes, en la présence de son Juge, et n'attendant que l'arrêt de sa condamnation , si la miséricorde de Dieu ne l'empêchait. Aussi, comme il n'ignorait pas que c'est ?.u milieu des temples que nous devons principalemenjt recherthe»' et recevoir les eflets de sa miséricorde qui surpassent ses jngenaens en ce monde , dans toutes les villes et bourgades par où il passait, il visitait tous les saints lieux dont il pouvait avoir connaissance , quoiqu'il ne voulût pas même se retarder pour prendre aucun repas, moiusencore pour contenter ses yeux et sa curiosité, qu'ilavaittellementbanniedeson esprit, qu'à moins, disait-il, de voir le Ciel ouvert et ce qu'il contient, il ne tournerait ni la tête ni les yeux pour
( 200 ) regarder quelque chose , et ne ferait pas un pas pour en approcher, ayant trop perdu de temps autrefois aux bagatelles ; mai? que pour clierclier le Ciel et pour y parvenir, il voudrait tourner tout autour de la terre.
La pre'sence de Dieu et de toute la cour céleste, lui était aussi visible aux yeux de Tespi it, que nous voyous les objets les plus sensiblf^s avec les yeux du coips, et, dans cet esprit de foi , il rendait ses respects et ses hommages aux images des Saints qu'il IrouTaît dans les e'glises lorsqu'il y était entré; et avant d'en sortir, se représentant les louanges et les adorations qu'ils rendent dans le Ciel à la majesté de Dieu, elles conjurait de luienseigner la meilleure manière de l'aimer et de le servir.
Voici un exercice qui lui fut inspiré quelque temps après sa conversion , et qu'il a pratiqué le reste de sa vie, c'était de visiter en esprit, plusieurs fois chaque jour, les Stations que Notre Seigneur fit en allant au Calvaire , espérant qu'enfin il lui ferait la grâce de les visiter en personne. Pour cet effet, il visitait tous les jours sept Eglises, sept Autels, sept Crucifix ou Croix, dans les carrefours et dans les chemins où il passait» méditant les sept principaux nivstères de la Passion. Aussitôt qu'il découvrait les clochers et les tours des églises, il disait dans son cœur, «voilà le pavillon royal sous lequel repose le corps du Roi des rois , environné de toute sa cour 5 >■> et il lui tardait de se voir admis en la compagnie de Dieu et de ses Anges.
On a quelquefois remarqué dans nos couvens, où il venait loger pour l'ordinaire au retour de ses grands et pénibles voyages, qu'au lieu de se couchev dans la
chambre ou sur le lit (ju'on lui avait prépares, il s'en allait clans In cliœur ou dans quelqmî autre lieu plus secret proclie de l'ét-jlise, afin qu'on ne l'y aperçût pas, et y passait toute la nuit pour adorer le Saint-Sacrement jusqu'à riieure de minuit, qu'il allait au cîiœur pour rntendre If's Matines, se coucliunt sur quelque banc quand In sommeil \o pressait trop. Il n'a jamais manqué de porter sa soutane et son manteau long dans tous ses grands vovagfs, tant il avait de respect pour tout ce qui concerne l'ornement de l'Eglise et celui de ses Ministres.
Ce qui fait voir que l'oraison et les dévotions de M. de Quériolet s'attachaient purement à Dieu, et qu'il était entièrement séparé du sensible et du matériel, c'est qu'on ne l'a jamais vu faire aucun commerce ni assemblée de dévotion avec les dévots et les dévotes du temps, qui font quelquefois plus de bruit que de fruit; qui disent beaucoup et ne font que fort peu de chose, et qui ont bien connaissance de la vraie piété, mais n'en ont ni la vertu ni l'essence. Ce n'est pas qu'il n'ait eu la connaissance de quantité de personnes véritablement vertueuses-, mais l'envie ne lui est jamais venue de les entretenir ni de les aller voir, quand même elles n'eussent été éloignées de lui que de quatre pas j disant que celui que Dieu soutient par la foi n'a pas besoin des créatures, rien ne nous sanctifiant que par notre propre mort à tout ce qui est créé ; que la curiosité de voir est plus naturelle à rhomme que le désir de souffrir et de retrancher. Il croyait néanmoins que c'était une chose apparemn.ent bonne de connaître Ir's gens de bien; mais son attrait, depuis sa conversion, était de suivre Notre Seigneur et do
( 202 ) prendre ses maximes, de chercher les pauvres aban" donnés, les Médecins n étant pas pour les sains y mais pour les malades. Si on juge de la cause par les effets, et si on connaît l'arbre par ses fruits, nous pouvons dire très-assurément que l'oraison de M. de Quériolet était bien excellente et efficace auprèr- de Notre Seigneur, puisqu'elle a servi d'instrument pour attirer tant de fruits et de bénédictions du Ciel dans sa propre personne et dans celles des autres. C'était un autre Elie qui faisait descendre le feu d'en haut par la vertu de sa prière, afin d'emJjrâser les cœurs d'un amour chaste et divin. C'était une lampe ardente et luisante comme celui qui était venu en l'esprit et eu la vertu d'Elie; il luisait par ses sages conseils et par le bon exemple qu'il donnait, et il brûlait par l'ardeur de sou oraison e\ de son amour.
Je connais une lille consacrée au service de Dieu et des pauvres, qui croit fermement avoir obtenu la grâce de sa vocation par la. seule vertu de ses prières, quoiqu'elle ne les lui eût point demandées pour cet effet, ne lui avant peut-être jamais parlé ; mais la plus grande partie de la communauté ayant prié M. de Quériolet de demander à Dieu celte grâce pour elle, de laquelle elle pourrait elle-même recevoir un grand avantage , tant pour leur maison que pour l'assistance des pauvres malades. 11 arriva que cette demoiselle étant revenue huit jours après pour voir sa sœur, qui s'était déjà voucc au service de Dieu et des pauvres ; sans autre dessein que de l'entretenir, elle se trouva dans un momeut si touchée de Notre Seigneur, pour suivre l'exemple et la même vocation que cette sœur, que nonobstant les grands engagemens qu'elle avait
( 203 ) ^ dans le monde, les sollicitations do srs plus procïie» et les aversions prt'cëdenles qu'elle avait eues pour ce genre de vie, elle demeura dès cette heure dans la maison , sans en vouloir sortir pour donnf-r ordre à ses allaires. Ces beaux commcnceniens qui ressemblrnt à des prodiges ont eu des suites pareilles et prO' portioniices; mais la fin p<?ut seule couronner l'œuvre.
M. de Quériolet étant arrive quelque temps après dans la même maison, ce fut le dernier voyage qu'il ja fait, il demanda la Supérieure qui e'tait retenue depuis trois jours à i'Iulirmerie, à cause d'une grande fluxion qui lui était tombée sur le visage, et lui avait tellement enflé les jours et la boucbe , qu à peine pouvait-eîle proférer une parole. Aussitôt que M. de Quél'iolet l'eut vue, il lui dit que ce n'était qu'un artifice et un effet du démon qui la voulait priver d'un mérile qu'elle aurait en servant 1rs pauvres, et il lui conseilla d'aller sur Theure dans les salles des pauvres pour les servir, l'assurant qu'elle ferait bientôt délivrée de sou mal; en effet, tout son visage fut presque subitement désenflé , et on attribua avec grande raison cette guérison si subite aux mérites et aux prières de M. de Quériolet. 11 a dit et prédit quantité de cboses, dans un esprit comme prophétique, qui sont arrivées à ces bonnes dames de la même façon qu'il les leur avait spécifiées.
Une personne de grande probité lui ayant parlé d'une congrégation nouvellement érigée pour l'assistance et le service des pauvies malades, dans laquelle îl y avait quelqu'une de ses parentes ; après lui avoir déclaré l'ordre qui s'y gardait et quelques particularitos assez extraordinaires, mais toutes fondées sur des
( 204 ) priacipes de piété, et pratiquées avec une grande innocence et beaucoup de simplicité, il les approuva assez, et avoua que tout cela était bon ; mais il dit qu'il pourrait s'en suivre de mauvais bruits, que telles et telles médisances et calomnies pourraient bien colore au sujet de ces bonnes fdles dont on lui parlait; ce que l'on remarqua en effet quelques années après de la même façon qu'il l'avait prédit ; (juoique ce fût contre toute sorte de justice et de piété j ces bonnes filles ayant toujours persércré dans leur innocence et leur simplicité.
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