‹ Le grand pécheur converti, représenté dans les deux états de la vie de M. de Quériolet, prêtre, conseiller au parlement de RennesChapitre 7 sur 56 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

Son enfance et ses premières études.

Nous entrons dans celte vie comme dans un champ de combat, dit l'Ecriture; et une des premières causes de nos malheurs, c'est que nos parens, aiî sentiment du grand saint Chrysostôme, ne nous munissent pas assez de la connaissance des vérite's du salut, qui sont les armes nécessaires pour nous défendre des attaques de nos ennemis. Mais notre jeune enfant reçut cet avantage de ses pieux parens j car ils ne manquèrent pas à son égard de satisfaire à leur devoir principal, sachant bien que, comme Dieu promet des récompenses dès cette vie aux enfans obéissans, il en donne aussi aux pères et aux mères qui ont soin de bien élever leurs enfans.

Aussitôt qu'il fut capable d'instruction , ils lui donnèrent des gardes visibles, comme Dieu lui eu avait donné d'invisibles; je veux dire des précepteui^s pour lui enseigner les premiers nidimens , taat de la doctrine chrétienne que des sciences bumaines. Leur soin ordinaire était de lui faire apprendre et réciter son catéchisme , dire ses prières le matin et le soir, faire les actions de grâces après le repas , l'obliger à adorer Dieu , et lui rendre ses hommages et obéissance, lui faisant entendre que nous tenons de lui l'être, la vie, et tous nos biens, dont nous serons obligés de rendre un compte exact à la fin de nos jours.

Voilà les belles instructions qu'ils lui faisaient don-

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uer continuellement par ses précepteurs : pratiques saintes el clircliennes, qui condamnent l'aveuglement et l'abus de plusieurs pères et mères, qui préfèrent les sciences vaines et profanes à la science du salut , qui applaudissent plus à leurs enfans quand ils les voient faire quelque badinerie, légèreté et malice, qu'ils qualifient de genlillei-se et de traits d'esprit, que quand ils les voient dans des pratiques de piété.

Les parensdePierre leGouëllo étaient bien éloignés de cet esprit du monde ; et l'ayant reçu comme un présent du ciel , ils n'oublièrent aucun soin , et n'épargnèrent aucune dépense pour le faire instruire dans les saintes lettres , et dans les bonnes mœurs.

Mais s'ils eussent eu quelque connaissance ou révélation de l'cminente sainteté à laquelle nous l'avons vu élevé par une conduite toute miraculeuse dans les dernières années de sa viej ô Dieu! quelle nouvelle consolation ils eussent eu en recevant ce beau présent du ciel ! combien eussent-ils été animés pour coopérer à ces grands desseins de Dieu ! Mais tant s'en faut que Dieu leur ait fait cette grâce , qu'il fit autrefois aux pères et mères d'un saint Dominique , patriarcbede son ordre; d'un saint Thomas d'Aquin, la grande lumiire de l'Eglise; d'un saint Albert et de saint André de Corsin , deux grands ornemens de l'ordre des Carmes : au contraire , il est très-probable qu'ils n'ont emporté en l'autre monde que le regret de l'avoir laissé au plus profond de ses débaucbes, et comme dans un état d'abandon de Dieu (tant il est vrai que ses jugemens sont adorables et cachés à l'esprit de l'homme "i : ne voyant dans leur enfant qu'un présage d'une vie libertine et licencieuse , n'y

( 16 ) remarquant ni obéissance ni retemiP, au contraire des saillies continuelles d'une nature corrompue , et encline au mal, ainsi que nous allons le voir dans la suite de ses études.

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