CHAPITRE IV
// étudie en philosophie et aux lois.
La considéiation de ses parens qui s'affligèrent au dernier pouit d'apprendre qu'il menait une vie si licencieuse , ne le touchait aucunement et ne lui donnait aucun désir de venir leur rendre les respects d'un enfant bon et obéissant 5 au contraire, il s'éloignait d'eux I9 plus qu'il pouvait; ne souhaitant rien plus , sinon qu'il n'apprissent aucune de ses nouvelles, pour vivre mieux à discj'étion, et hors de réprimande.
Il commença sa philosophie, de quoi étant bientôt content, il alla étudier aux lois pour donner bientôt la loi aux autres : et si n'étant encore que petit écolier il n'y avait pas moyen de l'arrêter, quelles saillies et escapades, quels tours et détours .ne fera-t-il point lorsque ses passions seront accrues jusqu'au dernier degré ? Il n'y aura ni remords, ni crainte , ni respect de Dieu ou des hommes qui le puisse retenir ni le faire rentrer en lui-même. J'avoue ici franchement que je ne puis découvrir ni raconter toutes ses premières saillies, et ses étranges libertinages : je dirai seulement qu'il se lassa tellement de courir dans ces premières voies d'iniquité , qu'enfin il fut obligé de
( 20 ) revenir dans la maison de son père , pour y prendre quelque repos.
Mais, pendant qu'illaissait reposer son corps, et qu'il donnait quelque relàcKeàsesemportemenSjSonesorit, qui ne pouvait demeurer en paix, pensait et repensait incessamment par quels moyens il pourrait se mettre à l'aise : et comme une de ses plus fortes passions était pour l'argent, sacliant que l'argent fait tout, et que ce qui avait manqué à ses désirs déréglés lui serait bientôt réparé par ce spcretj il trouva l'invention d'ouvrir le cabinet de son père et d'y dérober une somme notable d'argent, qui montait à deux mille livres.
Mais Dieu, qui se joue de nos inventions, permit qu'il fut découvert dans cette action infâme; car, ayant pris son butin et l'ayant cacbé à la lifite dansle jardin de la maison, au pied d'un poirier, il fut découvert, et ne put entièrement achever son dessein ; te qui l'obligea de s'enfair, et de laisser une partie de sa cache; et il demeura si honteux d'une action aussi lâche , se piquant d'honneur et de] générosité , plus que de douleur et de repentir, qu'il se résolut de jouer de son reste, et de faire, pour lors , le dernier coup d'un désespéré, si Dieu, nlein de bonté, ne se fut opposé à sa furie.
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