‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 101 sur 289 · Pline, I. XXXIV, ch. xlviii · texte numérisé non relu

Pline, I. XXXIV, ch. xlviii

connaître à son entrée dans la Gaule : une ancienne aristocratie a ruiné la primitive forme politique pour s'y substituer et la Gaule, comme nous la connaissons dans ses âges les plus reculés, n'a plus qu'un gouvernement fédéral avec une aristocratie en tête qui, pour se maintenir, est obligée de se soumettre quelquefois au caprice populaire. La Gaule du temps de César est en dissolution, en décadence d'idées religieuses et politiques, et les différentes races qui la formaient se jalousent les unes et les autres.

La population de la Germante n'avait point été mêlée avec aucun autre peuple par les migrations ou les établissements fixes 1 ; les Germains étaient d'une race dont la pureté ne s'était point altérée par le croisement, race tout à fait à part, sans mélange, dit Tacite* . Ils croyaient blesser la majesté des dieux en les enfermant dans les murs d'un temple, ou en les représentant sous une forme humaine. Ils consacraient des bois et des forêts, donnaient à ces solitudes des noms de divinités et, en les voyant, les révéraient seulement par la pensée 3 . César dit que les Germains n'avaient pas de druides qui présidassent aux choses divines et qu'ils ne faisaient point de sacrifices 4 . Ils ne mettaient au nombre des dieux que ce qu'ils voyaient et dont ils recevaient manifestement les bienfaits, le soleil, le feu, la lune, et ils ne connaissaient pas même de nom

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