‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 123 sur 289 · Plutarque, Vie de César, ch. xxn · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie de César, ch. xxn

du Rhin ne les décourageaient point, ils revenaient constamment à la charge ; les Gaulois comptaient sur eux comme sur des libérateurs. César devait donc frapper un coup, leur montrer qu'on ne devait point le provoquer ni l'irriter. Mais, d'un autre côté, il est aisé de voir que, dans son opinion, il était plus sage de ne point s'engager dans une guerre avec l'alliance des Suèves, ce que César avoue ou cache dans des phrases de rhétorique. César, dit-il lui-même, après un très-court séjour dans ce pays (des Sicambres, peuple qui habitait entre la Sieg et la Ruhr), dont il brûla les bourgs et les habitations et détruisit les récolles, se rendit chez les Unes, et leur promit son secours, s'ils étaient attaqués par les Suèves. Il apprit d'eux que ces derniers, informés par leurs éclaireurs que Ton jetait un pont sur le Rhin, avaient, selon leur coutume, tenu conseil et envoyé partout l'ordre de sortir des villes; de déposer dans les bois les femmes, les enfants et tous les biens, enjoignant à tous les hommes en état de porter les armes de se réunir dans un même lieu ; ce rendez-vous était à peu près au centre des régions occupées par les Suèves. C'était là qu'ils avaient décidé d'attendre l'arrivée des Romains pour les combattre. Instruit de ce dessein, et ayant obtenu tous les résultais qu'il s'était proposés en faisant passer le Rhin à l'armée, c'est-à-dire d'intimider les Germains, et de se venger des Sicambres, César, après dix-huit jours en tout passés au delà du Rhin, crut avoir assez fait pour la gloire et l'intérêt de Rome, * revint dans la Gaule et fit rompre le pont 1 .

Page 1