‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 124 sur 289 · César, Guerre des Gaules, 1. IV, ch. xix · texte numérisé non relu

César, Guerre des Gaules, 1. IV, ch. xix

m HISTOIRE DE CÉSAR.

Les Sicambres avaient répondu à César, lorsqu'il leur eut demandé qu'on lui livrât ceux qui avaient porté le9 armes contre lui et les Gaulois, que la domination du peuple romain finissait au Rhin, que s'il ne trouvait pas juste que les Germains passassent en Gaule malgré lui, pourquoi alors prétendait-il exercer quelque domination et quelque pouvoir au delà du Rhin 1 ? Dans l'exécution de ses plans, César ne devait pas rester inactif, il fallait occuper Rome de sa personne et de ses exploits, exploits qu'il fallait sans cesse renouveler et entretenir. Ensuite il fallait occuper l'armée dans les Gaules, empêcher les révoltes et les mécontentements au moyen de la guerre, au moyen d'une activité incessante, de nouvelles perspectives de gloire, et, chose surtout essentielle pour les soldats romains comme pour leur général, de nouvelles perspectives de pillage et de butin. Pour étonner les Romains, pour captiver l'admiration de la vile multitude du théâtre et des jeux, César passa le Rhin non dans des bateaux que les Ubes lui offrirent, mais bien sur un pont que les habiles ingénieurs de l'armée du proconsul avaient jeté sur le fleuve, probablement entre Bonn et Cpblentz. Voici comment ce pont était construit : « On joignit ensemble, à deux pieds d'intervalle, deux pieux ou poutres d'un pied six pouces d'équarrissage, un peu aiguisés par le bas, d'une hauteur proportionnée à celle du fleuve. Introduits dans l'eau à l'aide des machines, ils y étaient fichés et enfoncés à coup de masse (ou de mouton?), non dans une direction verticale, mais en suivant une ligne oblique et inclinée selon le fil de l'eau.

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