‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 138 sur 289 · Céwtr, Guerre des Gaules, 1. V, ch. xlix · texte numérisé non relu

Céwtr, Guerre des Gaules, 1. V, ch. xlix

à sa destination. Aussitôt César envoie un courrier à M. Crassus, son questeur, qui était chez les Bellovaques à vingt-cinq raille pas de distance. Il lui ordonne de venir le joindre; un courrier est envoyé à C. Fabius pour qu'il conduise sa légion chez les Atrébates, sur les terres desquels il savait devoir traverser lui-même. Labiénus reçoit aussi l'ordre de se rendre dans le pays des Nerviens avec sa légion. César laissa Crassus à Samarobrive (Amiens), et avec sept mille hommes fantassins et quatre cents cavaliers, il se rend à marches forcées sur le territoire des Nerviens (partie du département du Nord et partie de la Belgique). A la nouvelle de rapproche de César, les insurgés lèvent le siège et César joint Cicéron. Le proconsul ne vit pas sans étonnement les tours, les tortues et les retranchements qu'avaient élevés les ennemis. Ayant passé en revue la légion de Cicéron, il trouva à peine un dixième des soldats sans blessure,

César, contre lequel s'était tournée l'armée gauloise, trompa Pennemi sur le nombre de ses forces ainsi qu'il avait déjà fait plusieurs fois; les Gaulois attaquent son camp dans les circonstances les plus défavorables et ils sont malheureusement défaits. Le découragement les saisit; les Nerviens, les Ménapiens, les Aduatiques, les Éburons s'en retournent chez eux. Les Armoricains, après avoir voulu attaquer la légion qui était chez eux, en firent autant. César resta une partie de l'hiver de 54 à 53 à Samarobrive et comptait ne reprendre l'offensive qu'au printemps, lorsqu'il aurait remplacé les quinze cohortes détruites par trente nouvelles qui allaient être formées. César ne pouvait compter que sur les Édues et

les Rèmes qui étaient traîtres à leur patrie. Les Sénons, au sud de la Seine avec leur capitale Agendicum (Sens), dont les ancêtres avaient détruit Rome en 390 avant 1ère vulgaire (il y avait alors 336 ans), chassèrent leur roi Cavarinus, qui devait sa couronne à César 1 ; ils avaient député vers lui pour justifier leur conduile, et en avaient reçu l'ordre de lui envoyer tous leur sénateurs, ordre auquel ils n'obéirent pas. César réussit à faire rentrer soi-disant dans le devoir tous les peuples qui avaient pris part à l'insurrection, à l'exception des Éburons. César voulait détruire jusque dans sa race et son nom une nation si criminelle 2 . Et que faisait cette nation autre chose que de combattre pour sa liberté, son indépendance! Elle n'était criminelle aux yeux du proconsul des Gaules que parce qu'elle faisait obstacle à l'issue d'une guerre et d'une conquête, entreprises par de véritables barbares, sans motifs légitimes et dans le seul but d'enrichir le commandant et ses officiers. La guerre des Gaules était en tous points injuste, impie. Elle ne devait servir qu'à assouvir les désirs méprisables d'un ambitieux, d'un pervers habile, qui jusqu'à présent n'a pas été jugé selon la morale la plus rudimentaire, la plus vulgaire. C'est assez dire que toute appréciation favorable de la vie de cet homme ne peut être le fait que de l'ignorance ou d'une partialité aveugle.

Après l'extermination odieuse des Éburons, le tour vint aux Sénons et aux Carnules. César tint une assemblée à Durocortorum, capitale des Rèmes. Accon, qui

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