‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 139 sur 289 · d., 1. VI, ch. xxxit · texte numérisé non relu

d., 1. VI, ch. xxxit

était le chef de la conjuration de ces deux tribus, reçut sa sentence de mort et fut exécuté par des licteurs romains; la domination des faisceaux et de la hache fut formellement inaugurée. L'opposition patriotique des Gaulois fut interdite; partout régnait le silence et la tranquillité, et huit millions quatre cent mille francs d'impôts allèrent annuellement à Rome. Après avoir établi deux légions en quartiers d'hiver chez lesTrévires, deux chez les Lingons et six autres sur les terres des Sénons, à Agendicum (Sens), pourvu aux subsistances de l'armée, il partit pour l'Italie vers la fin de Tan née 53, afin d'observer pendant l'hiver, de sa province cisalpine, les événements de Rome, qui se compliquaient de plus en plus.

H ne faudrait cependant pas croire que les idées et surtout les actes de César ne rencontrèrent pas une opposition, manifestée pendant qu'il ruinait par des menées démagogiques les institutions républicaines de Rome, tandis qu'il préparait à l'étranger une armée destinée à donner le coup de grâce à ces institutions ainsi qu'à Pompée son rival. Cette opposition se faisait déjà jour dans l'élection des fonctionnaires publics et puis dans les jugements rendus par les tribunaux, souvent contraires aux hommes du triumvirat. Mais il y avait une opposition qu'on ne pouvait atteindre ni punir, toute personnelle et violente quelle était. Il s'agit de celle qui se manifestait par la littérature. 11 y avait bien une loi qui punissait les crimes de lèse-majesté, mais elle ne s'appliquait pas aux œuvres de l'intelligence, elle n'atteignait pas les écrits. Elle s'appliquait aux trahisons dans l'armée, aux séditions dans Rome, aux actes d'une

administration coupable, qui portaient atteinte à la majesté du peuple romain. Cette loi poursuivait les faits : elle laissait les paroles impunies 1 . Auguste le premier l'appliqua aux libelles et depuis lui on s'en est servi comme d'un bouclier pour couvrir une suite d'iniquités. Au nombre des poêles opposés aux actes pervers ou répréhensibles des puissants du moment et surtout de César, sont à nommer Licinius Calvus*, M. Furius Bibaculus 3 , et surtout Quintus Valérius Catulle, mort en Tannée 47 avant l'ère vulgaire*. « On lit dans les vers de Bibaculus et de Catulle des outrages aux Césars, dit Crémutius Cordus et dont les paroles sont rapportées

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