‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 141 sur 289 · Tacite, Annales, 1. IV, ch. xxxiv · texte numérisé non relu

Tacite, Annales, 1. IV, ch. xxxiv

leurs descendants. La pensée, au contraire, quand on la proscrit, grandit en puissance. Les rois étrangers, et ceux qui ont usé des mêmes sévices, n'ont recueilli que la honte pour eux-mêmes, la gloire pour ceux qu'ils poursuivaient. »

Les lauriers cueillis en Asie par Pompée et ceux que César était en train de ceindre dans les Gaules, stimulèrent Crassus. Ce ne fut donc pas l'avidité de biens seule qui l'engagea à aller combattre les Parthes. Il y avait seize ans qu'il ne s'était montré dans les camps. La gloire des deux autres triumvirs le rendit inquiet; il sentit combien il était en arrière de la considération et de la faveur populaires. Pour ne pas être oublié tout à fait, il fallait rattraper le temps perdu, car il approchait de la soixantaine. Il tourna donc ses regards vers la province qui lui avait été assignée, et en vrai Romain du temps, en vrai brigand, sans avoir éprouvé offense aucune, il résolut de faire la guerre à Arsaces XIV, roi des Parthes. César lui écrivit des Gaules pour le féliciter et l'encourager dans l'entreprise de cette guerre 1 . Mais cette campagne fut si impopulaire à Home, rencontra une telle opposition que Crassus, craignant pour sa personne, crut nécessaire de prier Pompée de l'escorter hors des portes de la ville. Ce fut en 54 qu'il traversa l'Euphrate, sans avoir d'abord projeté un plan de campagne; conduit en errant, par un chef arabe, Agbar qui n'était qu'un traître, il livra bataille non loin de la forteresse de Carrhes, où il fut défait. Forcé par ses soldats d'accepter une entrevue avec le généralissime en-

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