‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 145 sur 289 · Pline, Histoire naturelle, 1. VIII, ch. vil · texte numérisé non relu

Pline, Histoire naturelle, 1. VIII, ch. vil

tués par des Gétules. On voit, dans tout ce que nous venons de rapporter, la preuve que le peuple était éduqué et formé par lui-même et par le gouvernement qu'il s'était donné, pour subir les guerres sanglantes et civiles qui allaient suivre, ainsi que les atrocités de l'empire qui allait naître.

La popularité que Pompée s'était acquise s'évanouit en partie quand il s'occupa, avec Crassus, de la formation des légions qui devaient accompagner celui-ci en Asie. Il souleva encore un plus grand scandale, lorsque, après l'expiration de son consulat, il demeura dans l'Italie et laissa les armées et les provinces à la discrétion de ses lieutenants 1 . En restant dans le voisinage de Rome, sous le prétexte de pourvoir aux arrivages des subsistances, il espérait dominer les assemblées sénatoriales et populaires et conduire ainsi les affaires à son avantage 2 . Pompée avait tout pouvoir en main pour rétablir l'ordre et le fonctionnement légal des lois dans la ville, et comme Clodius s'était rapproché, par pur égoïsme, des consuls, on devait d'aulant plus espérer dans la paix. Mais les désordres continuaient dans les tribunaux et dans les élections, et l'on ne fut pas longtemps à découvrir que Pompée avait en vue de protéger contre le droit ses partisans, de les pousser à briguer des places, et que son plan était de viser droit à la confusion de tout ordre. La position de consul et de proconsul ne servait à Pompée que parce qu'elle lui donnait l'occasion de s'élever contre

1. Dion Cassius, 1. XXXIX, ch. xxxviu, xxxix. — Plularque, Vie de Vimifièr, ch. i.iv.

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